Illustration Gilets Jaunes - Béziers (© AM)
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Au rassemblement de Béziers à l’appel du comité de soutien à Max et d’organisations de Béziers,  pour  le retrait des lois liberticides, pour le droit de manifestation, pour la solidarité avec Max et pour sa libération immédiate.

Chers amis, chers camarades

La Libre Pensée est bien entendu présente aujourd’hui, tout d’abord pour l’inquiétude que suscitent des textes de plus en plus dangereux pour nos libertés, qui poussent à l’affrontement communautaire et font peser un climat de répression généralisée.

Ces textes ne sont pas dissociables, ils constituent un bloc. La loi séparatisme vise à faire peser un soupçon sur un million et demi d’associations, qui devraient maintenant signer un contrat d’engagement républicain les forçant à garantir, entre autres, l’ordre public. Elle vise également à s’introduire dans la gestion des cultes via l’inspection préalable des préfets.

On passe d’un régime de liberté pour tous à régime de suspicion et de contrôle pour tous.

Indissociables sont le combat contre la loi séparatisme  et le combat contre la loi sécurité globale. Celle-ci renforce les pouvoirs des compagnies privées de sécurité qui pourront embaucher des fonctionnaires de police, mais également,  organise le glissement des missions vers la police municipale.

Quant à l’article 24, on le retrouve maintenant dans l’article 18 de la loi séparatisme, lui qui permettrait de poursuivre une personne qui aurait diffusé les images de violence d’Etat.

Il faut rajouter à cela le fichage généralisé de toute personne ayant une activité, en particulier syndicale.

Ce sont ces lois, cette campagne de suspicion généralisée, cette volonté de cadenasser le pays pour tenir encore quelques mois, pour étouffer toutes les revendications sociales et démocratiques, dont nous avons été victimes le 30 janvier.

Alors que la manifestation s’était bien passée, des jeunes ont été contrôlés dans le but de saisir leur matériel. La question est simple : qui a donné cet ordre ?

Les policiers n’agissent pas seuls, il y a des ordres qui sont donnés.

Cet ordre est d’ailleurs appuyé par un arrêté préfectoral qui est pour le moins ambigu. En effet, en vertu de l’article 3 du décret national du 29 octobre 2020, les préfets peuvent restreindre les activités mettant en présence plus de 6 personnes. C’est au nom de ce décret que l’arrêté préfectoral de l’Hérault du 16 janvier 2021 interdit « l’Usage et détention de matériel de sons dans les rassemblements festifs non autorisés ».

Mais le rassemblement auquel nous participions n’était pas un rassemblement festif non autorisé, mais une manifestation sonore autorisée. Le préfet était au courant. Pourquoi n’a-t-il rien dit ? Il aurait pu rappeler à l’occasion du dépôt de la déclaration que l’autorisation était conditionnée à la non diffusion de musique. Il ne l’a pas fait. Il aurait pu  ordonner en début de manifestation que la sono soit coupée. Il ne l’a pas fait. Il aurait même pu annoncer aux organisateurs que la sono allait être saisie : il ne l’a pas fait.

Alors pourquoi donc la saisie a été faite après, sur le parking d’un super marché, après que tout se soit bien passé ? En ce cas, où est la base légale de la tentative de saisie du matériel du 30 janvier ?

Car s’il s’agit d’interdire en général toute diffusion musicale, alors il faudra interdire toute les manifestations revendicatives, vu qu’elles sont toutes amplifiées. Mais les manifestations du 4 février appelées par certains syndicats n’ont pas été interdites dans l’Hérault. Le matériel n’a pas été saisi lors de ces manifestations.

Donc ce n’était pas en général la diffusion de la musique qui était visé, c’était les jeunes.

C’est donc du fait de cet ordre exécuté le 30 janvier, et de lui seul, un ordre nécessairement provocateur pour ceux qui l’ont subi, qu’ un jeune est actuellement derrière les barreaux. Il n’en ressortira que dans 9 mois en octobre 2021. Perdre 9 mois de sa vie pour un ordre dont on peut douter de la légalité, suite à une manifestation déclarée et s’étant bien déroulée, qui peut se dire que justice est rendue ? Qui peut rester insensible ?

La presse, du moins ceux qui en donnent la ligne éditoriale, s’est un peu emballée à cette occasion. Sans nuances, préférant donner la parole à des responsables politiques absents qu’à des jeunes présents. Une dose d’objectivité et de recherche du problème aurait été la bienvenue, et il n’est pas trop tard.

Maintenant, la question est simple : devons-nous accepter ?

Après discussion, les organisations de Béziers et les collectifs de sound system ont décidé ensemble que non, il n’était pas possible d’accepter, et qu’en conséquence, nous allions non seulement soutenir Max, mais en demander la libération et de manière immédiate.

La solidarité avec les inculpés et les mutilés, ce n’est pas leur conseiller de ne pas faire de vagues, ce n’est pas  leur conseiller de faire profil bas, ce n’est pas  les plaindre, c’est exiger leur libération, leur amnistie, pour toutes les victimes de la répression qui s’abat depuis maintenant presque 3 ans de manière débridée et qui est une honte pour la démocratie.

Nous, nous aimons les citoyens libres et les jeunes libres, pas quand ils sont des victimes.

La Libre Pensée s’est permis de répondre à un média, qui tentait, de manière assez peu honnête, de nous décrire comme des « anti flics ». C’est faux, une tentative de plus de tordre la réalité. Nous avons répondu que la police obéit à des ordres, et que ce qui s’est passé le 30 janvier s’est passé dans d’autres endroits en France, que la répression est maintenant généralisée.

La jeunesse doit pouvoir danser. Les citoyens doivent pouvoir manifester. Les syndicalistes doivent pouvoir revendiquer.

Pour toutes ces raisons, nous serons là quand il le faudra, nous redescendrons dans la rue encore et encore, nous ne lâcherons pas, et tôt ou tard, nous gagnerons.

Libération immédiate de Max ;
Retrait des lois séparatisme et sécurité globale, qui sont des lois jumelles.
Non au fichage ; défense de toutes nos libertés.

Merci à tous.

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