Montpellier, point presse en visio-conférence décembre 2020
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Montpellier, débat d’orientation budgétaire, Michaël Delafosse confirme ses ambitions pour construire la ville de demain, et lutter contre la précarité sociale.

C’est maintenant le traditionnel point presse, avant chaque assemblée délibérante qui veut « examiner l’ordre du jour, dans les affaires importantes, » et qui n’empêche en rien bien évidemment de « suivre ensuite les travaux du conseil. » Vendredi 11 décembre, Michaël Delafosse annonçait donc, la séance du conseil municipal du lundi 14 décembre, à voir en direct sur le site de la ville.

En préambule le maire de Montpellier se réjouit de l’obtention du label touristique Grand site Occitanie pour Montpellier. Un vote de la Région pour le dynamisme du patrimoine montpelliérain, et un vote symbole aussi de « l’esprit d’une gouvernance apaisée. »

Michaël Delafosse prend acte des déclarations de Jean Castex hier, sur la situation face à la crise sanitaire, mais souligne sa « vive inquiétude en direction des acteurs culturels. » D’autant que la municipalité était dans les starting-blocks pour relancer l’activité culturelle, avec toutes les précautions qu’exige cette période sous Covid-19.  « La situation prive de la culture, donc je voudrais exprimer ma solidarité, et une part d’une certaine incompréhension quand même » tient à préciser le maire tout en rappelant « tout le monde à la vigilance. »

Michaël Delafosse, priorité aux « forces de la fraternité »

Autre point en introduction, « la fermeture sans tension » d’une salle municipale détournée en lieu cultuel, pour un culte évangélique, « comme vous le savez, c’était donc une entrave à la loi […] Et donc cette salle a été fermée. Elle sera remise prochainement à la disposition d’associations, » explique Michaël Delafosse qui affirmera ensuite : « je le dis très clairement, aucune salle publique ne peut devenir une salle exclusivement réservée au culte. Aujourd’hui, nous avons un immense tissu associatif à Montpellier, j’appelle cela les forces de la fraternité. » Dans le respect de la loi de 1905, dans laquelle il est dit qu’il appartient aux fidèles, de financer leur propre culte, le maire insiste : « ne comptez pas sur moi pour transiger sur le moindre principe. La loi, elle est la même pour tous. »

Le Débat d’Orientation Budgétaire

C’est lui, le Débat d’Orientation Budgétaire qui donne tous les fondements de la gestion financière d’une cité. Dans une temporalité marquée par la crise sanitaire, sociale et économique, situation inédite et complexe : le D.O.B posera lundi 14 décembre toute l’ambition du mandat de Michaël Delafosse.

Le vote du budget se fera en février prochain, pour l’heure la question est de savoir : « comment, on engage les finances de la collectivité. » Objectif central du programme : lutter durablement contre la précarité sociale, sans oublier de préparer l’avenir et la ville de demain. « Pour la commune de Montpellier, le coût de la Covid sur les finances a été de 13,9 millions d’euros » rappelle le maire avec à ses côtés Michel Aslanian, Président du Groupe « solidaire, écologiste et républicain. »

« Nous connaissons la plus grave crise économique de notre Histoire d’après guerre », mais comme rappelé en juillet dernier « nous ne touchons pas à la fiscalité des ménages conformément à nos engagements de campagne, » note Michaël Delafosse. L’orientation stratégique sera de maintenir la capacité à investir. Conserver l’autofinancement, c’est-à-dire l’épargne brute, pour pouvoir emprunter. Le maire de Montpellier insiste aussi sur « une dette que nous devons savoir maîtriser » comprendre : « savoir la renégocier d’une part et d’autre, d’être capable d’emprunter dans un contexte où les taux sont extrêmement favorables. »

Autre axe stratégique : « investir massivement pour être au rendez-vous, du soutien de l’activité économique du territoire. » En chiffres ce niveau d’investissement se porte à hauteur de 100 millions d’euros pour l’exercice budgétaire 2021. Sur l’ensemble du mandat, il est prévu jusqu’à 600 millions d’euros : « plus nous soutiendrons l’économie locale, plus nous serons au rendez-vous de la reprise, chaque euro public investi, ce sont des euros privés qui s’engagent, et donc de l’emploi, » explique Michaël Delafosse. Un choix économique très keynésien, que confirmera le maire de Montpellier et président de la métropole, faisant référence au courant économique créé par John Maynard Keynes qui estimait que l’économie doit être soutenue par le monde politique, notamment pour la création d’emplois. Ces grandes orientations budgétaires seront présentées au mois de février 2021.

« Comme maire, je dois être cohérent par rapport à ce que je disais comme opposant »

« Comme maire, je dois être cohérent par rapport à ce que je disais comme opposant. » Incohérences du passé soulignées : « il y avait un vrai sujet dans le mandat précédent, sur ce qui était affiché au budget et ce qui était réalisé. » Précis, Michaël Delafosse annonce : « mon but avec Michel Aslanian, c’est clairement d’être sur un taux d’exécution qui ne peut pas être inférieur à 90%. » Et un écosystème politique non négligeable a été mis en avant : « la gouvernance apaisée que nous mettons en oeuvre, doit nous permettre de travailler pour mobiliser des fonds de la Région, du Département, de l’État à travers le Plan de Relance, mais aussi de l’Union européenne, pour que nous puissions co-produire des politiques publiques. »

« En l’espace de 6 ans, un certain nombre de squats se sont développés »

La ville de demain, son renouvellement et les réponses à l’urgence sociale : « en l’espace de 6 ans, un certain nombre de squats se sont développés avec des situations d’impasse, » constate le nouveau maire de Montpellier. Premier chantier : le squat des archives départementales des Beaux-Arts, c’est l’un des dossiers de Michel Calvo, adjoint au maire, délégué à la Ville fraternelle et solidaire. Dans un travail mené avec l’État, la Fondation Abbé Pierre, le Secours catholique et le collectif Luttopia, la restitution du bâtiment qui héberge jusqu’à 200 personnes, se fera en mars prochain, avec des solutions adéquates à l’urgence sociale, pour créer des accès au logement, ou à des hébergements dignes. C’est l’affaire numéro 8 du conseil de lundi, où sera votée une délibération qui fixe « une méthode pour que ce squat s’achève au 31 mars. »

« Je mesure bien l’immensité de la tâche, tant les gens ont été fracassés par la vie. »

Dès sa prise de fonction, la majorité s’efforce d’apporter des réponses concrètes, en mettant en place une méthode identifiée. Michaël Delafosse sera direct  : « sur ces sujets là, le squat, ça a été la splendide ignorance. Les situations humaines se sont dégradées. La vie des riverains s’est dégradée. Aujourd’hui avec Michel Calvo nous parlons, nous travaillons. Avec Clara Gimenez, nous développons  sept pensions de famille, c’est à petite échelle que nous arriverons à accompagner ces situations-là […] Plus nous multiplions les petites formes d’interventions, plus nous pouvons essayer de faire reculer l’exclusion. Je mesure bien l’immensité de la tâche, tant les gens ont été fracassés par la vie. »

Réveiller « une ville à la dérive »

Un accord parfait avec les acteurs associatifs et institutionnels selon l’équipe municipale, « on laisse de côté les y a qu’à, faut qu’on […] on va pouvoir avoir une approche pour chacune de ces familles […] c’est une action qui s’inscrit dans le Plan Pauvreté que nous avons signé avec l’État à hauteur de 1 million d’euros, pour agir contre la pauvreté. » Michaël Delafosse reste fidèle à sa campagne des Municipales 2020, qui était de vouloir réveiller « une ville à la dérive, » avec des actions « pour tous nos concitoyens, mais vraiment tous. »

Sécurité, urbanisme durable et maîtrise foncière

Autres projets, le renouvellement urbain, des quartiers Mosson et Cévennes dans le cadre du Nouveau programme National de Renouvellement Urbain, avec une signature qui interviendrait au 1er trimestre 2021. Sécurité aussi, mais surtout proximité avec « un grand commissariat de police qui serait mixte avec la police municipale, point de départ de notre îlotage, de notre police de proximité dans les quartiers nord-nord-ouest de la Paillade » explique Michaël Delafosse avec toute l’attention de Sébastien Cote, pour cette mise en place d’une PM territorialisée : élément essentiel à une volonté affichée de rééquilibrer la Ville.

Maire depuis le 4 juillet, Michaël Delafosse aura mené à grand rythme les 180 jours restants de cette année 2020, en phase avec son mantra : « je ne me résoudrai jamais à l’immobilisme , je n’accepte pas l’idée de l’impuissance en politique. »

Opposition, Alenka Doulain et « Nous Sommes Montpellier » félicitent le Maire d’appliquer son programme, et proposent d’aller plus loin

C’est la Cheffe de file pour les dernières municipales « d’une liste citoyenne parmi les plus abouties en France » confiait Adrien Quatennens député de la France insoumise. Alenka Doulain, aujourd’hui conseillère municipale et métropolitaine d’opposition reste déterminée « à offrir à notre ville, la nouvelle gouvernance citoyenne qu’elle mérite » pour faire référence à sa déclaration quelques jours avant le premier tour des Municipales.

« C’est très important de regarder le détail »

Incisive, Alenka Doulain souvent rabrouée, par le maire ou ses adjoints, laisse le sentiment d’être la seule véritable opposition. Une opposition attentive, qui travaille avec minutie tous les dossiers, faisant fi de certaines considérations parfois méprisantes. Qu’importe, pour l’heure, ce qui est important, c’est le Débat d’Orientation Budgétaire, « c’est le moment où l’on va savoir comment ils vont traduire leur politique, en budget, en actes […] Et donc c’est très important de regarder le détail, parce que c’est comme cela que l’on va savoir, si les ambitions affichées vont pouvoir ou pas, se traduire en 2021. »

Interview et explications avec Alenka Doulain, avant le prochain conseil municipal :

Citant l’Abbé Pierre : « Gouverner, c’est d’abord loger son peuple »

Pour Alenka Doulain : « la crise humanitaire qui se joue devant nos yeux appelle une réponse politique d’une ampleur inédite […] C’est pourquoi nous souhaitons porter au Conseil municipal une proposition visant à massifier l’utilisation du dispositif de réquisition des logements vacants institutionnels inoccupés. » L’objectif étant d’éviter « les scènes absurdes et insupportables d’individus dormant dehors dans le froid, et sous la pluie aux portes d’un bâtiment administratif vide. »

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