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Illustration La Libre Pensée – Fédération de l’Hérault (CR)
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Ni bleu blanc rouge, ni croix occitane : la laïcité ne connait pas de frontière !

À l’heure où tout le monde parle de laïcité, pour dire à peu près n’importe quoi et surtout le contraire de ses principes, la Libre Pensée rappelle que la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Églises et de l’État, qui organise la laïcité dans notre pays, indique clairement :

Article Premier : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes. »

Article 2 : « La République, ne reconnait, ne subventionne, ni ne salarie aucun culte. »

En conséquence, toute ingérence dans le fonctionnement des cultes est une violation de la laïcité.

La Libre Pensée n’a pas à commenter toutes les actions de l’actuelle Mairie, mais étant donné qu’une fois de plus, l’actualité place notre ville sous les projecteurs d’une nouvelle affaire au sujet de la laïcité et des musulmans, nous avons été sollicités. Il nous faut donc nous expliquer.

En effet, il est apparu que la Mairie de Montpellier s’opposerait à la cession pour un euro symbolique de la mosquée Averroès de La Paillade à l’UMF, association proche du royaume du Maroc, en échange d’abondance pour rétablir l’équilibre financier et permettre des travaux.

Au nom de la laïcité, Michael Delafosse voudrait ici faire valoir son droit de préemption. L’argument est le suivant : « Ce qui se passe à Montpellier se passe ailleurs. En France, on demande la neutralité de l’État et là, un état étranger viendrait s’ingérer dans les affaires cultuelles de notre pays ? C’est une ingérence, il faut dire stop »

Ces propos appellent quelques remarques :

  • Toutes les religions ont des mouvements de fonds avec des états étrangers, à commencer par le Vatican qui est un pseudo-état réduit à une enclave dans la ville de Rome, découlant des accords du Latran entre le Pape et Mussolini en 1929, et qui possède des réseaux financiers que l’on pourrait qualifier d’étendus, sans être accusé d’exagération ;
  • Il y a des pays qui financent des associations religieuses. C’est le cas notamment des États-Unis, d’où des fonds se déversent en masse en France à destination des Évangéliques. Donc, si on doit interdire les mouvements de fonds, c’est pour tout le monde. Mais dans ce cas-là, c’est l’État qui régule, qui contrôle et qui vérifie. Si c’est cela qui est prôné par certains, alors il faut être logique : ce n’est plus la séparation imposée par la loi de 1905.
  • Michael Delafosse indique vouloir dire « stop à l’ingérence extérieure dans les affaires cultuelles de notre pays ». Bien, mais dans ce cas, il va falloir expliquer aux Catholiques que plus aucun lien ne doit les rattacher au Saint-Siège (et idem pour les Évangéliques et les USA) qui, pour le moins, s’immisce dans les affaires d’à peu près tout ce qui a un rapport avec l’Église.

Alors se pose une question : s’il n’y a pas de différence de traitement selon les religions, et qu’il faut mettre fin aux ingérences – toutes les ingérences –, alors il faut que l’État renonce à la séparation, et contrôle toutes les ingérences extérieures, dont celle de l’État qui possède le plus d’influence : le Vatican. Lire à ce propos le livre La croisade anti-genre ; du Vatican aux Manifs pour tous de Massimo Prearo et Sara Garbagnoli pour comprendre le rôle du Saint-Siège dans le combat contre le mariage pour tous (indépendamment de ce que l’on peut penser des théories du genre).

Mais manifestement, cela n’est pas à l’ordre du jour, et le refus de l’ingérence se concentre en toute occasion sur un seul culte : le culte musulman. Pour le Vatican ou les USA, cette question ne se pose jamais. Tout cela s’inscrit, comme la charte « de la laïcité » pour les associations, dans le cadre d’une anticipation de la loi sur le séparatisme.

Pour prévenir les fantasmes, rappelons que le sénateur Hervé Maurey (centriste) avait en 2015 rendu un rapport et conclu que l’essentiel des financements des lieux de culte musulmans venait des fidèles. 

Relevons également que le Maire fait remarquer que cela « se passe aussi ailleurs ». Oui, car c’est légal. Montpellier voudrait donc faire localement différemment de ce qui se fait ailleurs ?

Conclusion : après l’Islam de France, va-t-on avoir l’Islam de Montpellier ?

Pour la LP, la séparation s’applique à tous, ce qui signifie que l’État ne saurait s’immiscer dans aucun culte, ni d’en promouvoir aucun. Là, nous retombons sur un autre problème, qui est le financement du culte municipal de saint Roch.

Il serait donc souhaitable que la Mairie de Montpellier renonce à essayer de déformer la laïcité pour créer des buzz et contre-feux, tout en finançant un culte catholique avec de l’argent public, par définition.

Libre Pensée
Fédération Unie de l’Hérault

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