[Communiqué de presse] « Ils paraissent tellement à l’écoute en période électorale »

« Ils paraissent tellement à l’écoute en période électorale »… les candidats à la présidence de Paul Valéry passés au crible par les Supers Chatons Ultras Mignons

Le mois dernier sont tombés les résultats des élections à l’Université Paul Valéry Montpellier 3. En ce qui concerne les élections étudiantes, notre liste « Supers Chatons Ultras Mignons » a obtenu plus de 20% des suffrages, et à plus que doublé le pourcentage et le nombre de voix obtenus par rapport à notre liste « Fac Off » présentée en 2018 : nous passons de 162 à 383 voix. En termes d’élus, nous avons conservé notre siège en Conseil d’Administration (CA) et nous sommes passés de deux à trois élus en Conseil des Études et de la Vie Universitaire (CEVU).

Du côté des autres listes étudiantes, on note une érosion de la liste de l’ADEM3/AGEM (-5%), une légère progression de Solidaires Etudiant-e-s (+5%) et la disparition du syndicat national UNEF, qui ne présentait pas de liste mais soutenait la liste LAPINOU (Corpo Lettre Epsylone), qui a doublé son nombre de sièges au CEVU. Nouveauté cette année, la présence d’une liste dont le fondement était l’opposition aux mouvements sociaux étudiants. Cette candidature, présentée par l’organisme national de droite conservatrice UNI a remporté près de 14% des suffrages. Une percée électorale non négligeable qui peut s’expliquer par un changement de mentalité induit par l’accentuation de la sélection toujours croissante à l’université. Certaines et certains se pensent « méritant », d’autres ont une réelle crainte d’un blocage dans le contexte d’une sélection accrue. On peut aussi pointer du doigt la stratégie électorale « antifasciste » qui au final à très certainement fait gagner des voix à la liste des anti-bloqueurs.

Du côté des listes d’enseignants et de personnels qui se présentaient aux différentes instances de l’université, les listes de Patrick Gilli, le président actuel de l’université, et d’Anne Fraisse, présidente précédente de l’université, se retrouvent au coude à coude, inaugurant une situation inédite . Le vote se distingue aussi par le « portefeuille » des votants. Le collège A constitué d’enseignants-chercheurs a donné une majorité aux listes de Patrick Gilli, tandis que le collège B qui inclut en grande partie les maîtres de conférences a donné une nette majorité à la liste de Mme Anne Fraisse.. En ayant à l’esprit que ce sont les élus du Conseil d’Administration qui éliront la future présidence de l’université, on peut d’ores et déjà dire que celle-ci dépendra grandement du choix des élus étudiants.

Lors de l’élection étudiante, et pour la première fois à l’université Paul Valéry, un projet et une liste ont été co-construit au terme d’une démarche inédite et ouverte à toutes et tous. Réunions publiquesplateforme web consultative et même votes sur le groupe Facebook de l’université : notre liste « Supers Chatons Ultras Mignons » a sans doute contribué à intéresser un plus grand nombre d’étudiants aux politiques décidées au sein des instances de l’université.

Ce programme participatif, reflétant les priorités et demandes des étudiants de l’université, a pris la forme d’une charte d’engagement adressée aux deux candidat-e-s la présidence de l’université Paul Valéry Montpellier 3, Anne Fraisse (ancienne présidente de 2008 à 2016) et Patrick Gilli (président depuis 2016). Là aussi, il s’agissait encore une fois d’une démarche inédite dans l’histoire de notre université.

Cette charte d’engagement est composée de 24 points, classés en 4 catégories distinctes : scolarité, gouvernance et démocratie, vie étudiante, transition écologique. Elle consistait surtout à asseoir des revendications démocratiques, ne se contentait pas de seulement s’en tenir à la défense des droits étudiants déjà en vigueur à l’université (compensation semestrielle et rattrapages).

Le jeudi 22 octobre, les deux candidats nous ont envoyé des réponses détaillées à chacune des 24 propositions de notre charte d’engagement. Nous précisons que cette charte est une forme de pression adressée aux listes qui prétendent à la présidence tout en étant une stratégie qui vise à « tâter le terrain » pour savoir un tant soit peu à quoi s’attendre. Même s’il ne s’agit jamais d’être dupe vis-à-vis des promesses électorales. Nous avons ensuite rencontré les équipes des deux candidats à la présidence de l’université les 3 et 6 novembre afin d’échanger sur leurs réponses, mais aussi sur les points d’accords et de désaccord concernant nos visions respectives de la scolarité, des examens, de la vie étudiante, de la transition écologique ou encore de la gouvernance de l’université.

1.1 Une réelle application du semi-distanciel : mise en ligne de l’intégralité des supports de cours, et amélioration du système de diffusion vidéo des cours.

Pour les deux candidats, il s’agit d’un sujet qui relèverait de la « liberté pédagogique ». Ils se refusent à obliger les enseignants à fournir en ligne l’intégralité des supports de cours. Ainsi, aucune garantie n’est ici apportée concernant une demande pourtant massive faite par les étudiants. L’équipe de Patrick Gilli indique qu’elle équipe déjà les enseignants avec du matériel informatique et que dans le cadre des cours en 100% distanciel des enseignants pourraient être sanctionnés si aucun cours n’est effectué. Sur ce sujet, et malgré la même invocation à la « liberté pédagogique » pour justifier la non mise en ligne des supports de cours, Anne Fraisse semble davantage ouverte à l’expérimentation.

Nous avons proposé que soit expérimenté un système de cours en TD qui serait simultanément en présentiel et en distanciel : cette proposition permet de rendre l’université davantage adaptée à ses étudiants, en permettant à chacun de choisir la modalité qu’il préfère. L’équipe d’Anne Fraisse est d’accord pour expérimenter cette modalité de cours, ce qui permettrait aux étudiants salariés, ou qui ont un temps de transport élevé, de suivre s’ils le souhaitent le TD en distanciel.

1.2 Davantage de liberté dans le choix des cours, avec des maquettes moins figées et imposées, afin de laisser davantage de liberté de choix.

La présidence actuelle de l’université (Patrick Gilli et son équipe) a comme projet de créer un ECUE « découverte » : « en L1, l’ECUE découverte est conçue pour permettre à l’étudiant de découvrir d’autres spécialités et de faciliter sa réorientation. Les années suivantes, elle est conçue comme une possibilité offerte à l’étudiant de construire une coloration de son cursus conforme à ses attentes et objectifs. » De plus, ils projettent aussi, dans le cadre du projet Nexus, de proposer des « briques d’Humanités Numériques », qui seraient choisies librement par les étudiants.

Anne Fraisse et son équipe proposent plutôt de simplifier les maquettes de cours, et souhaitent associer les élus étudiants à ce travail. Ils proposent de rendre les « briques d’Humanités Numériques », prévues dans le projet Nexus, optionnelles. Cela aurait comme conséquence d’offrir une liberté accrue pour les étudiants.

1.3 Suite à la mise en place de l’arrêté licence en 2018, la compensation et les rattrapages ne sont plus obligatoires. Nous voulons la garantie qu’ils seront conservés, ainsi que le maintien des secondes évaluations (les « rattrapages »).

Et 1.4 Maintien de la « règle du max » dans le calcul des notes (entre les notes des 1ères et 2èmes évaluations, c’est la meilleure qui est sélectionnée).

Si dans sa longue réponse à notre charte d’engagement, puis lors des échanges que nous avons eus avec l’équipe de Patrick Gilli, il nous a été affirmé un attachement à conserver la compensation et la deuxième chance, c’est la pente inverse qui est actuellement suivie par cette équipe. Lors du CEVU du 9 juin 2020, ils ont proposé « l’Evaluation Continue Intégrale » : une nouvelle organisation des examens supprimant le système actuel de seconde évaluation et de la « règle du max ». Nous regrettons ici un manque de sincérité sur cette question, pourtant centrale pour de nombreux étudiants.

Anne Fraisse et son équipe sont favorables au maintien de la seconde évaluation, des compensations et de la « règle du max », et ont indiqué lors des échanges que c’est eux, lorsqu’ils dirigeaient l’université, qui avaient mis en place ce système favorisant la réussite des étudiants.

1.5 Maintien des exonérations automatiques des frais d’inscription pour les étudiants étrangers.

Les deux candidats à la présidence de l’université indiquent leur opposition au plan gouvernemental « Bienvenue en France » qui multiplie par 16 le montant des frais d’inscriptions des étudiants étrangers hors Union Européenne. Ils s’engagent tous deux à maintenir le système d’exonération actuelle, dans les limites fixées par la loi. Bien que positive, cette réponse d’Anne Fraisse et Patrick Gilli ne nous semble pas suffisante dans la mesure ou aucune solution ne nous a été proposée dans l’hypothèse d’un dépassement du plafond légal de 10% d’exonérations.

1.6 Refus de la sélection en première année de Master : acceptation en Master des étudiants de l’université qui ont obtenu la Licence correspondante. Et refus de la sélection entre Master 1 et Master 2.

C’est un des points ou le désaccord est le plus fort avec la présidence actuelle de l’université. Pour rappel, le SCUM se mobilise depuis 2017 contre la généralisation de la sélection à l’entrée du Master à l’université Paul Valéry. En février 2020, nous avons envahi une séance du Conseil des Etudes afin d’empêcher le rétablissement de la sélection dans 53 mentions entre le M1 et le M2. Dans ce contexte, nous avons apprécié la franchise de cette équipe, qui estime que la sélection répond au « nomadisme » des étudiants, tout en permettant de « réguler le marché ». En effet, pour l’équipe de Patrick Gilli, le changement d’université pour un Master serait une véritable richesse dans le cursus de l’étudiant. Mais, nous pensons que le changement de faculté engendre souvent des coûts supplémentaires pour les étudiants précaires qui parfois s’éloignent de leurs foyers familiaux.

Ils pensent que la sélection permet de maintenir un niveau de recherche qui évitera le déclassement de l’université en collège universitaire. Cet argument ne tient pas la route, et nous citons à cet effet le rapport d’évaluation HCERES d’août 2020 qui ne mentionne pas la sélection comme un préalable à l’excellence de la recherche, mais plutôt la diversification des filières. Cependant, ils indiquent être en train de créer de nouveaux Masters afin d’augmenter les capacités d’accueil, comme par exemple à l’UFR avec le nouveau Master « psychologie et économie ».

Pour Anne Fraisse, si elle se déclare opposée à la sélection en Master, elle indique que la pression à l’entrée de certains masters serait trop forte pour en ouvrir l’accès sans limite, et que ça rendrait l’enseignement impossible. De plus elle, si elle souhaite discuter afin de chercher des solutions alternatives à la sélection, elle refuse d’empêcher les enseignants d’exercer leur « liberté de choisir les modes de sélection ». Ceux-ci peuvent dont continuer à faire leur marché. Elle propose, comme l’équipe de Patrick Gilli, l’ouverture de nouveau Masters ainsi qu’un « refinancement » de ceux-ci, sans pour autant détailler quels seraient les leviers financiers activés.

Nous avons proposé aux deux équipes la mise en place d’un critère de « préférence locale », comme ce qui se fait dans d’autres universités : un étudiant qui aurait obtenu sa Licence à l’université Paul Valéry serait prioritaire pour l’accès en Master. Cela permettrait, à défaut de supprimer complètement la sélection, de garantir au moins la possibilité d’une poursuite d’études pour tous, même les étudiants aux parcours les plus sinueux, qui sont souvent aussi les plus précaires. L’équipe d’Anne Fraisse se montre favorable à cette proposition, mais ne souhaite pas l’imposer aux enseignants, de peur que ces derniers durcissent les examens en L3. L’équipe de Patrick Gilli prétend que ce critère de « préférence locale » est déjà utilisé de façon informelle, par de nombreux enseignants. Cependant, ils refusent toute forme de règle écrite à ce sujet.

1.7 Refus de la sélection en première année de Licence : seul le baccalauréat doit être mentionné dans les « attendus locaux ».

Sur la question de la sélection en première année de Licence, si les deux candidats n’y sont officiellement pas favorables, ils ne remettent pas en cause les « attendus locaux », pourtant du ressort des universités. Cet aspect souligne que les deux listes ne sont pas fondamentalement opposées au processus de « sélection sociale » à l’université.

1.8 Mise en place d’un groupe de travail associant les UFR, la présidence de l’université et les représentants étudiants afin d’entamer un travail en commun afin de mettre en place des mesures et processus adaptés aux problématiques rencontrées par les étudiants en matière de stress, de dépression, d’abandon d’étude …etc.

Cette proposition fait suite au témoignage de 71 étudiants en Psychologie auprès du SCUM, faisant état de conditions d’études fortement dégradées et de risques psycho-sociaux importants. Nous avions dévoilé publiquement le résultat de ces témoignages le 11 octobre 2019, après avoir proposé un groupe de travail, sans aucune réponse de la part de la direction de l’UFR 5. C’est donc avec une réaction sceptique et étonnée que nous avons écouté l’équipe de Patrick Gilli (qui dirige aussi l’UFR 5) nous indiquer qu’ils sont « ouverts à un groupe de travail afin, du point de vue des étudiants, de mieux aider à l’accueil et à la gestion du stress des étudiants ». Du côté d’Anne Fraisse, notre proposition est considérée comme une « bonne idée », sans plus de développements.

2.1 Méthode de gouvernance : association des étudiants au travail préparatoire en amont des instances, que l’équipe présidentielle accepte de présenter les initiatives des élus étudiants dans les conseils, même si elle ne les soutient pas.

Il s’agit ici d’un point central de de notre programme. Un groupe de travail en amont des conseils permettrait de réinsérer de la collégialité, de la co-construction. Cela permet de déconnecter le moment où l’on vote et débat (le conseil) du moment où on élabore les solutions et propositions techniques (le groupe de travail). Evidemment, d’un premier abord, les deux candidats se disent favorables à ça. Mais ce travail en amont des conseils avec les élus étudiants n’a jamais été accepté lors des années précédentes. Nous notons cependant une récente inflexion de l’équipe de Patrick Gilli, suite aux résultats des élections universitaires. Le 03 novembre, nous avons travaillé plus de deux heures avec la présidence de l’université afin de préparer le CEVU fixant les modalités de scolarité et d’examen pendant ce reconfinement. Nous avons été agréablement surpris par la qualité de l’écoute lors de cette réunion, et avons obtenu de nombreuses avancées en faveur des étudiants (levée de l’obligation d’assiduité, mise à disposition de l’amphi 4..etc). Si cette première expérience de co-construction a été très fructueuse, rien ne nous garantit qu’elle sera poursuivie à la suite de l’élection de la présidence.

Du côté de l’équipe d’Anne Fraisse, l’accord de principe est le même, assorti de la proposition supplémentaire de laisser aux élus étudiants le soin de définir le périmètre de ces groupes de travail préparatoire. Si cette proposition est réellement appliquée, cela donnerait effectivement un poids accru des représentants étudiants sur les décisions prises dans les différentes instances.

2.2 Notre université s’est engagée dans une nouvelle politique de site, avec la dissolution de la Communauté d’universités et un nouveau rapprochement avec l’Université de Montpellier. Nous demandons comme garanties : le maintien des services aux étudiants (Centre de Soins Universitaires, Service d’Accueil International des Etudiants et Chercheurs), l’association des représentants étudiants et des personnels à toutes les décisions qui les concernent ainsi qu’un engagement clair et net sur le refus d’une fusion des universités : nous voulons conserver des campus à taille humaine.

Sur cette question, les deux listes s’engagent à refuser toute fusion d’université et à maintenir l’accès inter-universitaire aux services au étudiants qui dépendaient de l’ancienne Communauté d’universités. Toutefois, là ou Patrick Gilli a été un acteur de premier plan de la liquidation de cette structure de mutualisation des moyens, Anne Fraisse s’était affirmée, dans une position similaire au SCUM, en soutien au maintien de cette structure.

2.3 Le Conseil d’administration doit, en application de l’article L712-3 du code de l’éducation et de l’article 16 de ses statuts, désigner deux représentant(e)s des organisations représentatives des salariés pour siéger en son sein. Nous proposons que cette désignation soit faite par les personnels de l’université, par l’intermédiaire de leurs représentants au CA.

Les deux équipes ne souhaitent aucun changement vis-à-vis de la pratique actuelle qui consiste à ce que ces représentants soient désignés majoritairement par des enseignants, alors que notre proposition revenait à donner ce pouvoir aux personnels techniques et administratifs.

2.4 Nous avons constaté que les rappels à la loi faits par les élus étudiants, voire parfois même par le Tribunal Administratif restent souvent sans réponse, notamment en ce qui concerne le respect des droits des associations étudiantes représentatives. Pour que les associations étudiantes représentatives puissent mener leurs missions à bien, leurs droits, garantis par la loi, doivent être respectés par la présidence de l’université : droit de réunion, mise à disposition d’un local, droit d’informer les étudiants.

Sur ce point nous pouvons voir une différence notable entre les deux équipes. La présidence actuelle de l’université a perdu un procès contre le SCUM, le tribunal statuant que l’université s’était rendue coupable d’atteinte à la liberté d’expression et de discrimination syndicale en expulsant brutalement le local du SCUM en janvier 2018. L’équipe d’Anne Fraisse s’engage à respecter scrupuleusement la loi en la matière.

2.5 Mettre en place une « boite à attentes » pour les étudiants, dont les propositions seraient abordées dans les instances.

Les deux candidats sont favorables à cette proposition, mais il faudra être attentifs aux modalités concrètes de mise en place de cette « boite à attentes ».

3.1 Mise à disposition d’un espace de dépistage de COVID-19 gratuit.

Les deux candidats sont favorables à l’installation d’un centre de dépistage COVID. La présidence sortante de l’université avait proposé la constitution d’un centre de dépistage inter-universitaire pour les étudiants ouverts aux deux universités et à l’Ecole de chimie. Les tests auraient été assurés par des étudiants de la Faculté de Médecine sous supervision de médecin. Pour les étudiants de Paul-Valéry, le centre de test se trouvera à la MDE de Triolet. Les tests proposés seront évidemment gratuits. Pour l’équipe d’Anne Fraisse, il s’agit d’un dossier qu’ils souhaitent prioritairement porter en cas d’élection. Cependant, l’Agence Régionale de Santé (ARS) a refusé pour le moment l’installation d’un tel centre de dépistage sur le campus.

3.2 Mise en place d’un budget participatif étudiant, qui permet aux étudiants de participer de manière directe à une petite partie de la gestion de l’université.

Le budget participatif étudiant est déjà prévu dans le prochain budget de l’université par la présidence actuelle. Il sera financé par les fonds issus de la taxe CVEC (Contribution Vie Etudiante et Campus). Anne Fraisse propose que le pilotage du budget participatif soit directement effectué par les étudiants, au travers de leurs élus.

3.3 Baisse du prix du café. L’université doit renégocier le contrat avec l’entreprise qui gère les distributeurs sur le campus. A la Faculté des Sciences, les petits cafés coûtent 0,40€ et les grands cafés 0.70€.

Les deux candidats à la présidence de l’université s’engagent à renégocier le contrat avec l’entreprise prestataire afin de réévaluer à la baisse l’offre tarifaire en matière de boissons chaudes (cafés, thés chocolats).

3.4 Contre les discriminations (sexisme, racisme, homophobie, transphobie), l’université doit s’engager à travailler avec les associations spécialisées (Planning Familial, SOS Racisme …etc) et former les personnels de l’université à ces problématiques.

Les deux candidats ont répondu favorablement à ce point. L’équipe de Patrick Gilli a déjà engagé un processus de formation des personnels, une demande a été faite par des responsables de l’UFR2. Une réunion doit être programmée pour préciser les besoins afin de fournir une réponse adaptée et transposable à d’autres publics (qu’ils soient administratifs ou enseignants).

3.5 Quelle approche des mobilisations étudiantes ? L’intervention de la police, de vigiles privés ou la convocation de sections disciplinaires n’est pas la solution pour régler un conflit social.

Dans sa réponse à notre charte d’engagement, la liste de Patrick Gilli souscrit au fait « qu’un conflit se règle par le dialogue et non par la force ». Cependant, cette affirmation se retrouve conditionnée, dans leur réponse comme lors des échanges que nous avons eus, par la « définition de modes d’action en commun », ce qui va à l’encontre de ce que nous défendons comme modes de mobilisations. Pour le SCUM, un mouvement social doit être indépendant à 100% des institutions, comme des partis politiques. De plus, nous gardons en mémoire l’embauche de vigiles privés anti-grève et sans procédure de marché public en 2018 pour 260 000 € ainsi que l’intervention de la Brigade Anti Criminalité (BAC) sur le campus le 26 février 2020 contre le Comité d’Action Etudiante.

Anne Fraisse préfère aussi la négociation, tout en assumant qu’elle pourrait appeler la police en cas d’occupation nocturne du campus. Toutefois elle souligne qu’elle ne fera pas appel à des vigiles privés ni aux appariteurs de l’université pour réprimer un mouvement étudiant.

Concernant l’amendement à la Loi de Programmation de la Recherche introduit au parlement en novembre 2020, et qui évoque la possibilité d’une peine de prison pour les étudiants mobilisés, les deux candidats se sont engagés à n’entreprendre aucune action pouvant mener à l’application de telles poursuites pénales.

3.6 Installation de mobilier adapté pour faire la sieste, dans la Bibliothèque Universitaire.

Il est déjà prévu l’installation de ce type de mobilier dans la nouvelle bibliothèque Atrium, actuellement en construction. Anne Fraisse (présidente de 2008 à 2016) et Patrick Gilli (président depuis 2016), s’attribuent chacun la paternité de l’idée.

4.1 Isolation thermique des bâtiments ;

4.2 Règle verte : prise en compte de critères environnementaux dans les marchés publics lancés par l’université pour tous les achats de fournitures, rénovations et constructions. ;

4.3 Plantations d’arbres fruitiers dans l’université ;

4.4 Création d’un potager partagé. ;

4.5 Des espaces verts plus accueillants : installation de hamacs.

L’équipe de Patrick Gilli nous a expliqué de façon détaillée les travaux effectués, ceux en cours, et ceux programmés afin de réhabiliter du point de vue énergétique la totalité des bâtiments du campus. Près de 3 millions d’euros ont déjà été alloués et une nouvelle demande de financement a été faite dans le cadre du plan de relance afin d’entamer les travaux sur les bâtiments restants. Concernant notre proposition de règle verte, malgré l’obtention du label « Imprim’Vert » et d’important efforts déjà entamés par l’équipe présidentielle actuelle, c’est l’équipe d’Anne Fraisse qui semble la plus avancée en matière de réduction de l’impact environnemental de l’université. En effet, non seulement ils sont d’accord pour intégrer notre « règle verte » dans tous les marchés publics, après en avoir défini les différents critères techniques, mais ils s’engagent aussi à l’étendre à l’ensemble des achats de l’université (fournitures, consommables, matériel).

Concernant la plantation d’arbres fruitiers, les deux équipes s’y déclarent favorables. L’équipe de Patrick Gilli va jusqu’à détailler de façon précise, proposition de rétro planning à l’appui, la mise en œuvre de ce projet, tout en prenant en compte certaines contraintes comme l’entretien des arbres. Sur la question de la mise en place d’un potager partagé, là aussi l’accord est unanime. Sur ce sujet aussi, la présidence sortante nous propose un plan d’action en 3 phases qui aboutirait à moyen terme à la mise en place d’un jardin autogéré. L’installation de hamacs fait aussi consensus.

Une différence d’appréciation entre les deux équipes candidates à la direction de l’université est apparue concernant les aménagements au nord du campus (autour de l’ITIC). Alors que l’équipe d’Anne Fraisse parle d’un « bétonnage insensé », l’équipe de Patrick Gilli indique avoir désinperméabilisé les sols grâce à du béton adapté.

Les Supers Chatons Ultras Mignons à l’heure du choix.

Incontestablement, l’équipe présidentielle actuelle, dirigée par Patrick Gilli, connait son sujet. Les échanges furent riches et détaillés, notamment sur les aspects techniques de chaque point. Ainsi, sur chacun des axes de notre charte d’engagement, les réponses écrites de cette équipe puis l’échange de plusieurs heures que nous avons eu ont permis d’entrer rapidement dans le vif du sujet, discutant d’éléments précis, chiffrés et quantifiés. Toutefois, au-delà des réponses argumentées et techniques, de réelles divergences apparaissent sur des éléments clés de notre charte d’engagement, tant dans la pratique que dans les projets développés.

L’équipe d’Anne Fraisse nous a tout d’abord répondu de façon plus générale, privilégiant un argumentaire politique plutôt que des réponses techniques. Sur certains points cruciaux comme la sélection en Master, si la réponse nous semble satisfaisante sur la forme, elle ne peut pas nous convenir sur le fond, faute d’éléments tangibles. Des divergences apparaissent aussi sur plusieurs éléments de la charte d’engagement, mais la méthodologie de gouvernance proposée par cette équipe nous semble donner un peu plus de poids aux étudiants pour certaines prises de décision. C’est donc en toute transparence, mais sans illusion que nous choisirons cette équipe lors du vote concernant la présidence.

En définitive, nous avons été « surpris » de la qualité d’écoute des deux équipes. Malheureusement, nous regrettons que l’écoute et le travail avec les élus étudiants ne semblent possibles que lorsque les enseignants qui dirigent l’université se trouvent acculés au dialogue : le vote des élus étudiants étant décisif pour l’élection de celui ou celle qui dirigera l’université.

En tout état de cause, la démarche participative de notre liste « Supers Chatons Ultras Mignons » aura permis d’impliquer davantage d’étudiants sur des sujets qui les concernent en premier lieu. Quelle-que soit l’équipe dirigeant finalement l’université, nos élus se battront avec détermination pour non seulement être associés au travail préparatoire dans les instances, mais plus largement pour défendre les intérêts des étudiants, en particulier les plus précaires. Si le « moindre mal » relève du domaine des élections, le « meilleur mieux » relève de toutes les mobilisations collectives concrètes, qui ont très souvent pour don de mettre des bâtons dans les roues aux projets délétères des présidences quelques soient leurs étiquettes.

L’action du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier ne se réduit pas au travail institutionnel, et nous continuerons tout autant à initier des luttes par l’action directe qu’à accompagner collectivement et individuellement les étudiants dans leurs diverses démarches.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM