Quelques jours après l’allocution présidentielle télévisée, Thomas Le Ludec, Directeur général du Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier (CHU) réunissait, l’état-major de la santé sur Montpellier et sa métropole, devant la presse régionale . Ce qu’il faut en retenir.

L’Institut du Cancer de Montpellier(ICM), Oc’ Santé, Cap Santé et son charismatique Président, Lamine Gharbi… Ils sont venus, ils sont tous là. Établissements publics comme privés s’étaient donnés dans la grande salle du Conseil de Surveillance de C.H.U de Montpellier. Pourquoi ? Pour faire le point sur la Covid, pardi. Et, en sortant du dit point presse, la situation semble sérieusement se tendre, mais rien n’indique que le site hospitalier ni les dirigeants d’établissements de santé privés ne soient particulièrement inquiets.

Parmi les premiers à prendre la parole, Patrice Taourel, Président de la Commission Médicale d’Établissement, aux côtés de Thomas Le Ludec, ne tergiverse pas. La situation se tend sérieusement depuis le début du mois d’octobre, selon lui.

« Sincèrement, le Centre Hospitalier commence à être un peu dépassé et on avance pas à pas, semaine après semaine en ce moment », complète le dirigeant héraultais.

L’inquiétude semble donc de mise. Pourtant, à ses côtés, Guillaume Ponseillé, Directeur général de Oc Santé et Lamine Gharbi, Président de Cap Santé tiennent, eux des discours plutôt différents. « On gère au mieux. Nous avons prévu des lits dans chacun de nos établissements et notamment 2 sur le site de Clémentville. Mais par exemple, là-bas, aucun des lits n’est pour l’heure utilisé. Mais si la crise s’aggrave, on peut accueillir deux malades voire plus. On ne refuse jamais un accueil d’un patient Covid Positif, comme on dit ».

Imposant, souriant, Lamine Gharbi, aujourd’hui à la tête de 8 établissements privés de santé, se veut plus pragmatique : « je me refuse à parler de déprogrammation, car ça peut faire peur aux gens », rassure le dirigeant avant de compléter sa pensée avec finesse, « On parle volontairement de modulation de l’activité, car on se doit de moduler les entrées, les séjours des patients. On ne refuse et on ne doit refuser aucun patient et encore moins dans une telle période. »

Il tient à souligner qu’une telle organisation n’est « possible qu’avec une parfaite collaboration entre les établissements privés de santé dans leur ensemble et le CHU de Montpellier. Cela est rendu possible par l’excellent travail de Thomas Le Ludec et de ses équipes depuis le début de cette crise. »

Interrogé par la presse locale, l’éminent professeur Jacques Reynes, du service Infectiologie du CHU de Montpellier s’est montré aussi concis que possible dans ses explications parfois très scientifiques. « Nous sommes dans un contexte compliqué, dans une crise aiguë. Pourtant, il faut se dire aujourd’hui que nous sommes dans une crise au long terme. Nous n’aurons pas de vaccin de sitôt. Alors, on apprend sur ce virus et on avance semaine après semaine, mois après mois ».

Soucieux de ne pas inquiéter outre mesure ses concitoyens, il conclut, sérieux, qu’ « aujourd’hui, nous maitrisons la maladie. Nous savons comment la soigner. Cela n’a pas toujours été le cas au début de la première vague. Preuve en est, clairement, le nombre de décès est en baisse. ». Espérons, sans faire d’excès d’optimisme, que les semaines à venir confirmeront cette tendance !