Les sans-abris et demandeurs d’asile qui occupaient les anciens locaux de l’institut Bouisson Bertrand dans le quartier Euromédecine à Montpellier ont été évacués ce lundi par la police.

Si tout est parfaitement légal, moralement la question peut se poser : était-il judicieux de faire cela en pleine pandémie ? Selon toute logique, la préfecture va adopter un plan d’hospitalisation et d’hébergement pour les familles de malades. Quid des autres ?

Une centaine de personnes occupaient illégalement les locaux de l’ancien centre de vaccination de l’institut Bouisson Bertrand, depuis 2019. Ce lundi de nombreux CRS avaient été mobilisés pour cette opération d’évacuation. Depuis le mois de février 2019 courait une ordonnance qui octroyait un délai de six mois aux occupants avant une expulsion qui n’avait pas été mise en application.

Risque sanitaire important, Hérault en zone rouge

Le risque sanitaire est important, l’Hérault est en zone rouge. C’est l’argument avancé par les autorités, avec le fait que plusieurs cas de Covid-19 s’étaient déjà déclarés dans le squat. Il avait été classé comme un cluster. Des tests ont été réalisés au moment de l’expulsion, mais pas pour tous les occupants, car certains étaient déjà partis.

C’est donc en pratique des individus rejetés à la rue en pleine pandémie de la Covid-19, et ce matin ils étaient sans aucune solution de relogement. Un rassemblement de soutien a été organisé devant la préfecture en fin d’après-midi.

Samuel Forest, président de l’association « Solidarité Partagée, » et Muriel Ressiguier, députée de l’Hérault, ont été reçus par Richard Smith, le directeur du cabinet du préfet. Pour eux : « aucune solution pérenne n’est envisagée pour les personnes qui se retrouvent à la rue. » Il a été proposé d’appeler le 115 qui n’a pas de place disponible, et tout au plus 4 à 8 places d’hôtel auraient été proposées.

Le respect du droit à l’hébergement

« Nous dénonçons cette expulsion sans aucune solution de relogement. Nous demandons la réquisition des logements vacants et le respect du droit à l’hébergement inconditionnel. Nous appelons le préfet et le maire de Montpellier à se réunir rapidement avec les associations afin de trouver une solution d’hébergement pour tous, » déclarent conjointement Samuel Forest, solidarité partagée, Muriel Ressiguier, députée de l’Hérault, Thierry Lerch, CIMADE, Alain Jabouin, LDH Montpellier, Marie-Paule, MRAP Montpellier, David, NPA 34, CNT ESS, PG 34, DAL Montpellier, Cécile Duportal CMB 34, et Ensemble 34.

Bilan de l’opération

Au 778 rue de la Croix verte, le squat n’est plus, selon un communiqué de la préfecture, lors de l’évacuation réalisée, il y avait majoritairement des hommes seuls. Les deux familles recensées se sont vu proposer une solution d’hébergement et une évaluation de leur situation administrative et sociale. Le SIAO a par ailleurs été mobilisé pour des relogements prioritaires. Le Bilan de l’opération est : 90 personnes occupaient les lieux, en grande majorité de sexe masculin. Et 10 personnes en situation irrégulière ont été prises en charge par la police aux frontières. L’opération s’est déroulée dans le respect du droit. Le préfet de l’Hérault, Jacques Witkowski, réaffirme sa volonté de poursuivre son action, en lien étroit avec les collectivités locales, pour permettre la réalisation de projets structurants. Il rappelle que ces occupations illicites placent les personnes qui s’y sont installées dans des conditions sanitaires et sociales indignes. Cette démarche s’inscrit également dans un engagement fort des services de l’État dans la lutte contre toute source d’insécurité et de délinquance.