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Manifestation à Montpellier, jeu. 16 jan. 2019 (© Lila Brochier)
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Depuis 6 mois, les personnels de la recherche et leurs organisations syndicales sont mobilisés contre un projet de loi dites de « programmation pluriannuelle de la recherche » (LPPR). 

A peine le déconfinement amorcé, la ministre Frédérique Vidal, a voulu passer en force son projet (votes dans les instances), dans l’irrespect le plus total des personnels, des organisations syndicales et des règles de bienséance, alors que le projet est rejeté partout (les motions de laboratoires, d’instituts, de départements d’enseignement, etc se comptent en centaines. Même le comité d’éthique du CNRS vient d’exprimer ses craintes concernant les risques que fait courir le contenu de la loi !). Aujourd’hui, 8 juillet, le projet de loi aurait du être présenté en conseil des ministres, il le sera au conseil suivant. Nous souhaitons partager notre combat qui est aussi le vôtre.

Si l’on veut acquérir et transmettre de nouvelles connaissances tout en relevant les défis qui se présentent à nous en matière de santé, d’environnement, d’énergie…, il faut investir dans tous les domaines de la recherche publique. Ce qui signifie des moyens, du long terme, de la stabilité et de l’indépendance ; et se traduit par des services publics, des emplois publics et sous statut de fonctionnaire, des financements publics pérennes et une liberté de chercher.

Au contraire de tout cela, et sans régler les problèmes du secteur (entre 30 et 40 % de personnels précaires, plus de 6 milliards d’euros détournés dans le Crédit Impôt Recherche, universités en faillite, etc.), la LPPR va aggraver le gâchis des possibles avancées de la recherche, en prévoyant notamment :

  • une précarité décuplée avec : 1) des recrutements hors statut, qui pourraient aller jusqu’à 25% des recrutements nouveaux, sur une période de 6 ans, sans garantie d’embauche (« tenure track ») ; 2) des CDI de mission, qui pourront être rompus dès la fin de celle-ci après plusieurs années de travail, faisant de ces contractuels de véritables variables d’ajustement et des précaires à vie…
  • une mise en concurrence accrue des établissements, des équipes et du personnel, au travers d’un renforcement du financement par appels à projets, alors que les financements récurrents sont réduits régulièrement ;
  • un renforcement et une extension des contrôles et des évaluations sur des critères « dans l’air du temps », sans rapport avec les progrès de la recherche ;
  • un renforcement du pouvoir des présidents d’université, dans le cadre d’une territorialisation des établissements, en particulier par des régimes de primes décidées au niveau local.
  • de plus en plus de détournement de la recherche publique au profit d’intérêts privés sans aucun contrôle déontologique

Si aujourd’hui, nous pouvons mieux comprendre notre monde, mais aussi être soignés, lutter contre des épidémies, si nous avons pu augmenter notre espérance de vie, c’est grâce aux acquis sociaux (la sécu, les hôpitaux…), mais également à la lente accumulation des savoirs, des techniques, grâce à tout le personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche publique, du technicien de labo ou de l’agent administratif jusqu’au professeur d’université et directeur de recherche.

Il s’agit d’un enjeu majeur pour notre civilisation. 

Nous exigeons donc le retrait de ce projet de loi et une réorientation totale de la politique de recherche : il faut investir massivement dans l’avenir, et pour cela, défendre les statuts, les organismes, les financements et leur pérennité !

Aujourd’hui dans la rue, à la rentrée… on continue ! 

Signataires : CGT UM, SNESUP UM, Sud Recherche EPST, Sud Education, FO ESR, SNTRS CGT

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