L’homme qui a déclaré la guerre à un virus, et qui est encore le locataire de l’Élysée, pour quelques mois, dessine un « effort de reconstruction », avec trois axes prioritaires. Qui suivra Emmanuel Macron sur son « nouveau chemin » ? Pour l’heure, Édouard Philippe a démissionné.

Dans un entretien donné à la presse quotidienne régionale, Emmanuel Macron dessine donc « un nouveau chemin » et tente de clarifier l’ampleur du virage écologique et social promis, pour ce qui reste de son quinquennat.

Mais convaincu, le chef de l’État veut mener à terme la réforme des retraites, interrompue par l’épisode sanitaire, et se réaffirme favorable à un allongement de la durée des cotisations. Avec apparemment une volonté de reprendre les négociations avec les partenaires sociaux durant l’été. Démonstration d’apaisement : M. Macron peut envisager l’abandon de la mesure très controversée de l’âge pivot, une mesure qu’il sera possible de transformer, précise-t-il dans le même temps.

Santé, 6.000.000.000 €

Premier axe : le « Ségur de la santé. » Objectif : « un investissement massif et durable » dans le système de santé. Emmanuel Macron promet une hausse des rémunérations « de plusieurs centaines d’euros » pour le personnel.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a déjà proposé une enveloppe de six milliards d’euros : « la crise a mis en valeur celles et ceux qui font tourner notre société et qui sont parfois invisibles.« 

Les vieux et les jeunes

Deux autres axes : le grand âge, avec un projet de loi sur la prise en charge de la dépendance prévu dans les mois à venir, et la jeunesse considérée par Emmanuel Macron comme « la première victime de la crise ». Le chef de l’État s’engage à « ne laisser aucun jeune sans solution », précision pour y parvenir, il y aura « des incitations financières à l’embauche. »

Un homme dans le vrai ?

Donner le sentiment de l’apaisement et du lien renoué, pour mieux réformer, c’est ce qui semble se profiler entre la volonté de faire retrouver aux Français « le fil du destin » octobre 2017 et cette promesse présidentielle de se « réinventer, » juin 2020. Emmanuel Macron est clair : « je crois que le cap sur lequel je me suis engagé en 2017 reste vrai. » Et : « j’ai beaucoup d’ambition pour notre pays et j’ai parfois donné le sentiment de vouloir faire les réformes contre les gens.« 

Un tacticien ?

Le cas Édouard Philippe. « Depuis trois ans à mes côtés, il mène avec les gouvernements successifs un travail remarquable et nous avons conduit des réformes importantes, historiques, dans des circonstances souvent très difficiles, » dira Emmanuel Macron. Une fin de quinquennat qui ferait fi des prochaines présidentielles avec « des risques utiles » à prendre pour relancer l’économie. Le président dit ne pas penser à 2022, et préfère afficher son courage politique : « je n’ai pas le droit de faire des calculs pour moi. Cela voudrait dire de renoncer à prendre des risques utiles pour relancer l’économie. Si on veut réconcilier sans agir, en étant un tacticien pour soi-même, c’est une faute grave. » Alors, qui suivra Emmanuel Macron sur son « nouveau chemin » ?

Pour l’heure, Édouard Philippe a démissionné. Il a remis ce vendredi la démission de son gouvernement au président de la République qui l’a acceptée, a annoncé l’Élysée dans un communiqué. Avec cette précision : « un nouveau Premier ministre sera nommé dans les prochaines heures. »