[Communiqué de presse] 2ème tour des municipales 2020 : 60% d’abstention nationalement ! 65 % d’abstention à Montpellier + 4% blanc/nuls ! Un rejet sans précédent des institutions et de son personnel politique !

Montpellier (© Lila Brochier)

Historique : jamais une élection n’aura connu un tel taux d’abstention sous la Cinquième République.

Tant nationalement, avec 60% d’abstention, qu’à Montpellier, où ce chiffre monte jusqu’à 65% (9 points de plus qu’en 2014). Dans certains bureaux de vote, la participation ne dépasse pas les 7% ! Plus faible qu’au premier tour, alors qu’il y avait la menace du COVID.

C’est un désaveu sans précédent de toutes les forces politiques qui se sont inscrites dans cette campagne. La masse de la population, en particulier les quartiers populaires, ont rejeté ces élections et les candidats.

Ramenés aux inscrits (153 000, sur une population totale de 281 000), les trois candidats n’obtiennent finalement que 13, 11 et 5,4%. Malgré le soutien de Jean Pierre Grand (maire LR de Castelnau), d’Alex Larue (candidat LR de Montpellier – ça ne s’invente pas), du Modem34, et de tous les autres, le candidat du système PS est à peine parvenu à convaincre 24 000 personnes de se déplacer en sa faveur*. Malgré une campagne commencée depuis plus d’un an… sans parler de l’enthousiasme des électeurs, disons très relatif !

Ainsi, ce conseil municipal n’a aucune légitimité pour aider à continuer à fermer les lits d’hôpitaux. Aucune légitimité pour soutenir les ARS dans leur plan de dislocation du service public et de casse des services ! Aucune légitimité pour faire appliquer la territorialisation de l’école, les rythmes scolaires, la casse des statuts, la loi sur l’emploi fonctionnel de directeur d’école ! Aucune légitimité pour aider à restructurer les universités et de la recherche dans le cadre des PIA et des appels à projet comme MUSE, pour appliquer la future loi LPPR ! Aucune légitimité pour détruire la sécurité sociale, détruire le code du travail (loi El Khomri, ordonnance Macron), et aider à les patrons à continuer à s’enrichir. Aucune légitimé pour aider le Préfet à continuer sa répression et l’interdiction des manifestations (Gilets Jaunes ou en faveur de la Palestine, entre autre) !

De grands combats s’annoncent pour les militants ouvriers ! 

Maintenant, les choses sérieuses vont commencer, loin de ce nouvel épisode de décomposition du système politique. Dès demain, nous serons avec les personnels hospitaliers, avec les gilets jaunes, avec les milliers de jeunes qui se sont dressés ces dernières semaines. C’est avec eux, et uniquement avec eux, que les grandes conquêtes sociales seront défendues, que celles que nous avons perdues seront reprises, et que l’on en finira avec la Cinquième République, l’Union européenne, avec le capitalisme !

Le POI est un parti différent, qui n’a rien en commun avec ceux qui portent une responsabilité dans la destruction sociale à l’oeuvre depuis des décennies, il est bien à part et tient à le rester. Certes, il n’est ni vu à la télé, ni entendu à la radio, mais il rassemble des militants qui cherchent à aider à surmonter les obstacles qui se dressent dans le combat pour défendre les conquêtes ouvrières, pour en finir avec le capitalisme.

Le POI se félicite que dans le cadre de cette grande cuisine nauséabonde de négociations de strapontins, représentant l’essence même des partis traditionnels en crise, la France Insoumise, dans son communiqué national du 3 juin, ait indiqué : « la France insoumise n’est pas engagée dans le second tour des élections municipales à Montpellier. Elle ne donne aucune consigne de vote ». Il reste à construire une force s’adressant à la majorité et restant fidèle à ses intérêts.

Notre journal Informations Ouvrières continuera à donner la parole les syndicalistes qui cherchent à rester sur le terrain de l’indépendance de classe, aux Gilets Jaunes, à la jeunesse, aux combattants de la démocratie, aux travailleurs.

Un monde bascule, le capitalisme international menace toutes nos conquêtes sociales, nos emplois, menace d’étendre encore les guerres dans le monde : il faut lui barrer la route, il faut nous organiser pour cela !

POI – comité de Montpellier

* Pour rappel, en 2014, le candidat PS Moure, pourtant perdant, avait réuni 21 841 voix ; le PS perd donc des voix entre 2014 et 2020 ! Philippe Saurel, quant à lui, passe de 29 928 voix en 2014 à 17 644 : il perd donc plus de 12 000 voix. Rejet sur toute la ligne…