Si les oreilles de Rémi Gaillard n’ont pas sifflé ce mardi matin, elles ne siffleront probablement jamais ! Trois citoyens montpelliérains, proches de « Yes We Clown » avaient convié la presse pour dire leur déception, et leur rejet de l’Alliance dite des 4 Fantastiques, entre Mohed Altrad, Alenka Doulain, Clotilde Ollier et Rémi Gaillard, en vue du second tour des Municipales de Montpellier.

« On garde un seul côté positif de cette campagne. C’est qu’on peut faire naître un truc très beau, très chouette pour l’avenir de Montpellier. Nous sommes sûrs d’une chose : notre aventure ne se finira pas ce dimanche soir. C’est déjà ça ». Ces mots sont de Baptiste Sanjuan, ex numéro 7 de la liste « Yes We Clown », conduite par Rémi Gaillard, pour le premier tour des municipales. 

Pour le côté positif, joyeux, optimiste, c’est tout. Pour le reste, l’ex-colistier est amer. Et c’est peu de l’écrire. « Le scénario que joue Rémi Gaillard dans la campagne actuelle, c’est évolutif, illisible, illogique, incompréhensible », se désole le bavard jeune homme devant la presse locale.

Accompagné de Camille Bouquillon (n°26 de la liste « Yes We Clown ») et Laurent Mengual, tous deux ex-colistiers de Rémi Gaillard, Baptiste Sanjuan poursuit « Entre ces 4-là, on est loin d’un braquage, très loin de « La Casa de Papel ». C’est une association de base où chacun y joue surtout pour ses propres petits intérêts personnels ».

Un entre tours vite vu… sans les colistiers.

Pragmatique, l’ex-colistier reprend le fil de l’histoire. « On a fait un premier tour où, en réalité, on a en fait très peu parlé de fond. Rémi a fait sa COM. Nous n’avons que très rarement défendu le programme, en réalité. Rémi n’avait de cesse de s’appuyer sur sa propre popularité et de faire parler de lui, avant d’aller dans le fond des choses ». 

Au soir du premier tour, l’humoriste héraultais rate de peu, la qualification pour le deuxième tour. Il obtient 9.61%. Dès lors, s’annoncent les négociations d’entre deux tours. Habituellement réputées pour être « chaudes », tendues, celles entre Rémi Gaillard et le reste du monde en somme, ont été vite vues. 

« Le lundi, il a vu Delafosse. Cela n’a pas été concluant. Le lundi soir, il était seul. Le mardi soir, nous, colistiers, on apprend via les articles de presse qu’il rejoint Alenka Doulain, Clotilde Ollier et surtout Mohed Altrad. Pour un candidat anti système, nous, on n’a toujours pas compris », déplore Baptiste Sanjuan, qui lâche : « la soupe que proposent les 4 Fantastiques est absolument indigeste. »

Sommés de s’expliquer devant des colistiers étonnés, Rémi Gaillard et ses trois alliés de circonstance, ne se sont pas perdus dans d’interminables discours, ni de fumantes pensées philosophiques. « Ils sont venus. On a discuté et ils nous ont expliqué qu’en gros Delafosse, il est très très méchant. Mohed Altrad, il est gentil. Alors ils ont tous rallié Altrad ! », se souvient, Baptiste Sanjuan, encore stupéfait par le « très faible niveau d’argumentation » de ceux qui, à l’époque, se faisaient appeler les 4 fantastiques.

« Rémi se mouille, sans trop se mouiller »

Ayant chacun leur tour ajouté que le projet « Yes We Clown » était initialement «vraiment concret », voir « emballant » et permettait même de « mettre un vrai coup de pied dans la fourmilière », les trois anciens de « Yes We Clown » jettent désormais un regard désabusé sur le déroulement de cet entre deux tours inédit à plus d’un tour. « Il ne faut pas oublier que leur accord s’est joué en une journée. Le mardi, après le premier tour. Ils devaient s’entendre. Le mardi soir, il y avait le dépôt des listes en Préfecture », rappelle Laurent Mengual.

Les 3 ex-proches du clown, eux, ont fini de rire. Ils ont bien conscience de la gravité de la situation. Ils ne donnent aucune consigne de vote. Dans le même temps, certains ex Sauréliens (Rémi Assié, Cédric de St Jouan) ainsi que, Brigitte Roussel Galiana (ex Saurélienne et aussi ex colistière de Patrick Vignal au 1er tour des Municipales en mars dernier ), celle-ci bien trop attachée à ses confortables émoluments d’élus à la ville et/ou à la métropole de Montpellier, appelle avec les deux autres à voter pour Michaël Delafosse en vue du deuxième tour. Ces trois anciens Sauréliens ont-ils réellement conscience qu’en réalité, ils ne représentent plus qu’eux-mêmes ? La question se pose.

Depuis lors, chacun « joue pour son propre intérêt et celui qui se mouille le moins dans l’affaire, c’est clairement Rémi Gaillard », surenchérit Baptiste Sanjuan, ajoutant que « pour Rémi, c’est qu’un jeu. Dès qu’on rentre dans le concret, il n’est plus là. Cela ne l’intéresse clairement plus ». Vous avez dit amer ?