Cyril Meunier : « Avec Philippe Saurel, on arrive à un État Poutinien ! »

« Avec Philippe Saurel, on arrive à un État Poutinien ! » (CR Dos Santos)

Mis à jour, mar. 16 juin 2020 à 20h51

À 10 jours du second tour des Municipales à Montpellier, le timing était délibérément choisi et pleinement assumé.

Aux côtés du maire réélu de Lattes, Cyril Meunier et du dynamique avocat héraultais, Maxime Rosier, plusieurs élus de la Métropole de Montpellier étaient ainsi présents pour déposer « un complément de plainte » devant le Tribunal de Grande Instance de la ville. Une seule personne visée : Philippe Saurel.

« Comme l’a dit Me Rosier, nous avions déposé plainte devant ce même tribunal pour différents faits » Cyril Meunier

« Philippe Saurel dépasse toutes les limites, il ne s’en fixe plus aucune ! ». Il est à peine 14h50, Me Maxime Rosier vient de finir son propos liminaire, Cyril Meunier prend de lui-même, la parole, pour ne plus la lâcher. C’est peu dire que l’édile de Lattes à pléthore de choses à dire et à reprocher à celui qui veut être réélu dans la capitale héraultaise.

« Comme l’a dit Me Rosier, nous avions déposé plainte devant ce même tribunal pour différents faits. C’était comme un avertissement pour l’actuel Président de la Métropole. C’était le 4 avril 2019. J’étais là. Depuis, des enquêtes sont en cours. L’une est finie. M. Saurel est renvoyé devant le tribunal correctionnel. C’est ainsi. Mais depuis, il n’a pas du tout entendu l’avertissement. Il continue. C’est une fuite en avant, sans précédent », détaille l’élu héraultais, véhément.

Juste avant lui et davantage pragmatique, Me Rosier avait tenu à replacer l’affaire de façon chronologique, la plus concise possible. Factuel, il a expliqué que « plusieurs élus métropolitains ont dénoncé en avril 2019, sur deux plaintes distinctes, une confusion démentielle entre les demandes, les souhaits de M. Saurel d’une part, et une possible utilisation des moyens de communication de la Métropole pour cela, d’autre part. Deux procédures qui sont d’ailleurs toujours en cours ».

« C’est fou ce qu’on voit en ce moment. On est dans un État Poutinien. » – Cyril Meunier

Soucieux de donner un exemple précis à son propos, Me Rosier s’est notamment étonné de la présence du nom de Philippe Saurel « sur 500 panneaux et sucettes JC Decaux dans tous les coins de la ville, avec des mots « Merci » marqués en gros ». Le juriste sous-entendant au passage que le « merci » pourrait être davantage adressé au Maire de Montpellier, qu’aux personnes photographiées sur les nombreux panneaux publicitaires. « C’est fou ce qu’on voit en ce moment. On est dans un État Poutinien. Il faut dire les choses. On est dans un État Poutinien ! », a martelé, pour sa part, l’élu lattois.

« Il y a eu cette triste période de la Covid, juste après le premier tour. Il y a eu des milliers de morts, une situation sanitaire dramatique. Et Monsieur Saurel abuse d’un cynisme certain pour utiliser ses fameux panneaux pour faire sa propre campagne en vue du second tour» a asséné Cyril Meunier, particulièrement prolixe. Aisément réélu en mars Maire de Lattes avec 57.87% (et 3500 votes), ce dernier a toute latitude pour s’en prendre à l’édile de Montpellier et il ne s’en est clairement pas privé.

Soucieux d’être le plus précis possible, l’avocat héraultais a tenu à reprendre la parole pour préciser les risques encourus, judiciairement parlant. « Pour la prise illégale d’intérêt, il encourt 15000 euros d’amende et 1 an de prison (art. L.432-12 du code pénal), pour le financement illégal d’une collectivité, c’est 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende (art. L.113-1 du Code électoral). Mais, pour ça, c’est le tribunal de Montpellier qui décidera dans quelque temps. »

Une chose est sûre. On n’a pas fini d’entendre parler certaines personnalités locales du microcosme politique, de la communication mise en place par Philippe Saurel jusqu’aux derniers jours de son mandat.

Philippe Saurel porte plainte, auprès du Procureur de la République de Montpellier.

Dans un communiqué, le maire-candidat de Montpellier répond à ses détracteurs, dénonçant une « ingérence politique porte violemment atteinte au débat démocratique » et une manœuvre qui « n’a pour vocation que de nuire à la liste citoyenne, écologiste, divers gauche que j’ai l’honneur de conduire. Je ne peux accepter que ma probité et celles de l’ensemble de mes colistiers soient bafouées, par des allégations infondées et opportunistes. »

Celui-ci annonce ainsi avoir déposé « plainte auprès du Procureur de la République de Montpellier pour le délit de manœuvres frauduleuses portant atteinte à la sincérité du scrutin prévu par l’article L. 116 du Code électoral ».