Le CHU de Montpellier a décidé d’initier plusieurs enquêtes de séroprévalence pour comprendre la dynamique de l’épidémie de COVID-19 en Occitanie.

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Ces enquêtes visent à connaître la proportion de personnes qui a développé des anticorps contre la maladie, et ainsi d’estimer son taux de diffusion dans certaines populations. Elles doivent permettre prochainement, par des analyses rétrospectives de prélèvements sanguins déjà disponibles, de pouvoir déterminer avec précision depuis quand le virus circule en France.

Des tests sérologiques pour apporter un éclairage sur la propagation de l’épidémie en Occitanie

Lorsque la France a été touchée début mars par l’épidémie de COVID-19 aucun test sérologique n’était disponible et très peu de données scientifiques avaient été publiées sur la réponse immunitaire anti-SARS-CoV-2, explique le CHU de Montpellier

Mais disposer rapidement de tests sérologiques a permis de débuter des enquêtes de séroprévalence, d’apporter un éclairage sur la propagation de l’épidémie en Occitanie, d’améliorer les mesures sanitaires et de renforcer les capacités diagnostiques.

Les performances de six tests rapides et trois tests ELISA ont été analysées par le laboratoire de Virologie (étude coordonnée par le Dr Edouard Tuaillon). L’étude a été rendue possible grâce aux prélèvements sanguins de patients pris en charge au CHU et dont le diagnostic de COVID-19 était prouvé par PCR (cohorte de COVIDOthèque).

Parmi les tests ayant montré les meilleures performances un des tests a été développé par une PME Montpelliéraine : la société IDvet.

Créée en 2004 et dirigée par Philippe Pourquier, IDvet est une PME indépendante basée sur le Parc Euromédecine à Montpellier, spécialisée dans le développement et la production d’outils de diagnostic des maladies infectieuses animales et zoonotiques.

Comme l’explique Philippe Pourquier, « IDvet a mobilisé tout son savoir-faire scientifique et ses ressources pour développer ce test très rapidement », « grâce à une ligne de production et une infrastructure modernes, nous sommes en mesure de produire des millions de tests par mois pour répondre à la demande mondiale ».

La proximité de la société a permis au Centre de Ressources Biologiques du CHU de remplir sa mission, en mettant à la disposition de l’industriel des échantillons biologiques pour finaliser le développement du test, désormais marqué CE-IVD. La production du test à Montpellier a également permis au CHU de disposer rapidement, à titre gracieux, de tests sérologiques pour mener les premières enquêtes de séroprévalence.

Comprendre la gestion de la crise sanitaire

En pratique, les tests sérologiques permettent de savoir rétrospectivement ce qui s’est passé dans une population, en ciblant des groupes de personnes : soignants, résidents d’EHPAD, population générale.

Comme l’explique le CHU de Montpellier, depuis fin avril deux études sont menées : une étude chez les soignants exposés au COVID-19 coordonnée par les Dr Florence Galtier (Centre d’Investigation Clinique) et Alain Makinson (Département des Maladies Infectieuses et Tropicales) et une enquête séroépidémiologique coordonnée par le Pr Hubert Blain (Département de Gérontologie) chez les résidents et soignants de différents EHPAD de la région.