[Communiqué de presse] Lettre ouverte à l’ARS Occitanie concernant situation aide à domicile Gard

Monsieur le Directeur [Général de l’ARS Occitanie],

Nous traversons une situation inédite et exceptionnelle où la pandémie relative au COVID19 a conduit le gouvernement à déclencher le plan d’urgence sanitaire dans notre pays.

Il est indispensable que des mesures visant à la santé des citoyens et des salarié.e.s soient prises en compte et ce serait « un crime de guerre » (pour reprendre l’expression « Etat de Guerre sanitaire » de Monsieur MACRON, Président de la république), que les services de l’Etat ne mettent pas les moyens nécessaires à la protection des personnels de santé.

Il en va de-même pour les salariés du secteur du maintien et de l’aide à domicile qui dépendent aussi de vos compétences, qui nous alertent régulièrement sur l’absence de matériel et de protection leur permettant d’assurer leur mission dans des conditions de sécurité optimales tant pour elles que pour les personnes dont elles s’occupent.

Et donc par la présente, nous tenons à vous interpeller en tant que responsable de cette partie de secteur d’activité relative aux dispositifs d’accompagnement des personnes en perte d’autonomie. 

Nous recevons des appels réguliers de représentants de personnels ou de salariés, inquiets à juste titre, compte tenu de la teneur des annonces du président de la république et de son gouvernement.

Notre pays traverse une crise sanitaire sans précédent qui nécessite une prise en compte à la hauteur de cette dernière. Pourtant, au travers des multiples messages d’alerte qui nous sont adressés, nous ne pouvons que déplorer l’insuffisance des moyens et des mesures prises pour assurer la santé et la sécurité tant des salariés que des personnes.

Vous n’êtes pas sans savoir, tout comme les personnels de santé, les salariés du secteur du maintien et d’aide à domicile doivent se rendre au domicile de personnes pour assurer l’accompagnement indispensable dans les gestes de la vie quotidienne imposant ainsi une proximité avec ces personnes.

Elles et ils sont confronté.e.s à une situation anxiogène supplémentaire au regard du travail qu’elles et ils effectuent sans blouse, ni gants, ni gels hydro alcoolique ; le matériel étant en effet insuffisant, temporaire ou parfois inexistant. 

Dans certains endroits où les représentants du personnel ont pu interpeller leur direction, quelques mesurettes ont pu se mettre en place sans que ces solutions soient efficaces et perdurent. Les quelques dispositions prises jusqu’ici ne suffisent pas et reste aléatoires.

Dans le secteur du particulier employeur, nous avons les plus vives inquiétudes alors que cette activité est la plus lucrative mais en même temps celle où les salarié.e.s sont le plus isolé.e.s.

Nous déplorons le non-respect des obligations de l’employeur devant assurer la santé et la sécurité des salarié.e.s. 

Les directions vont même jusqu’à menacer de licenciement les salarié.e.s qui utilisent leur droit de retrait face à ce sentiment d’insécurité et d’abandon. Sans réponse ni des employeurs, ni des pouvoirs publics, l’inquiétude est grandissante et les salariés tentent de trouver des solutions individuelles qui ont leur légitimité.

Pour la CGT, la continuité du service auprès des personnes doit être assurée tout en garantissant aux salariés leur droit à se protéger.

Nous déplorons que ce secteur pourtant plébiscité par les pouvoirs publics et qui tend à se développer se trouve totalement abandonné alors que les salariés sont en permanence au contact de public extrêmement fragile et vont et viennent à domicile.

Des dispositions immédiates doivent être prises et nous vous demandons d’intervenir afin d’exiger auprès des employeurs « de mettre en place des mesures pour freiner la propagation de ce virus, mais aussi des dispositions pour assurer l’information des salariés ». 

Il ne pourrait pas être concevable de la part de responsable de la santé publique, deux discours et deux attitudes selon le secteur d’activité pour combattre la pandémie. 

Dans cette période de confinement, les salarié.e.s du secteur du maintien et d’aide à domicile sont parfois seuls à être en contact direct avec les personnes âgées coupées de leur famille, qui ont besoin d’être rassurées.

Cela passe par un accompagnement et un soutien pour toutes celles et ceux qui exercent ces missions hautement délicates dans la période.

La situation est alarmante et beaucoup de structures effectuent encore des heures d’interventions non essentielles et sans protections. 

La CGT revendique :

  • L’arrêt des heures de ménage (hors personnes isolées) et de confort, ou à la marge selon les besoins urgents et à la condition de lister ce qui est vraiment nécessaire (lavage du sol par exemple). En aucun cas le nettoyage non essentiel ne doit être effectué (lavage des vitres par exemple).
  • Fournir le matériel de protection (gants, gel hydro alcoolique, surblouses…) en quantité suffisante afin de garantir la protection des salarié(e)s, c’est à dire 4 masques par jour/ salarié.e dont 2 masques FFP2.
  • Des kits complets de protection (surblouse, charlotte, chaussons, masque FFP2, lunettes) pour les salarié.e.s qui seront amené.e.s à intervenir chez des usagers ou patients détectés positifs ou suspectés d’être atteint du COVID 19.
  • L’organisation des tournées doit être revue dans sa globalité, afin de limiter le nombre de personnes différentes chez les usagers. Les tournées se doivent d’être sectorisées afin d’éviter les déplacements éloignés.

Monsieur, nous attendons de vous des actes clairs en direction de ces salariés et de leurs employeurs afin que cette situation de santé publique comme les autres devienne une des priorités de vos services pour combattre cette pandémie et la vaincre.

Veuillez recevoir, Monsieur, l’expression de nos cordiales salutations.

Le bureau de
l’Union Départementale
CGT 30