Depuis le lundi 16 mars les établissements scolaires sont fermés.

Cette fermeture aura donné lieu à une importante bataille entre les organisations syndicales et l’administration qui entendait dans un premier temps imposer à tous les personnels de se rendre sur leurs lieux de travail sans protection et sans raison valable, les mettant ainsi inutilement en danger.

Durant la semaine écoulée plusieurs chefs de service ont demandé à leurs subordonné-es de se rendre dans les établissements afin de distribuer du « matériel pédagogique » à des parents d’élèves. Ce motif de déplacement n’étant pas prévu par l’attestation du ministère de l’intérieur (peut être parce que jugé non essentiel au regard de la gravité de la situation?), certains chefs ont rivalisé d’inventivité pour contourner cet écueil.

Par exemple un IEN a écrit le 19 mars aux personnels de sa circonscription : « Pour justifier vos déplacements domicile / école, il convient donc de compléter l’attestation papier (la seule reconnue à cette heure) du ministère de l’intérieur en indiquant : votre profession et votre lieu d’exercice (l’école), l’heure du rendez-vous avec les parents, l’objet : continuité pédagogique ».  Puis après avoir « bidouillé » leur attestation, les personnels devraient inciter les parents à faire de même ! « Pour les parents, je suggère de leur demander de compléter l’attestation du ministère de l’intérieur par : « Mon enfant (nom, prénom) est scolarisé à l’école (nom de l’école). J’ai rendez-vous le (jour et heure) avec l’école pour aller chercher les supports d’activités élaborés par le maître (maîtresse) de mon enfant. » » Ce genre d’instructions, manifestement illégales, sont inacceptables !

Malheureusement il ne s’agit pas ici d’un cas isolé puisque la rectrice de l’académie de Montpellier a émis des injonctions similaires par e-mail le dimanche 22 mars à destination de l’ensemble des personnels.

D’après la rectrice, ces remises de documents entreraient dans la catégorie des « déplacements pour effectuer des achats de fournitures nécessaires à l’activité professionnelle et des achats de première nécessité » prévus par le décret du 16 mars !
Dans un premier temps nous souhaitons pointer l’aspect guignolesque de la mesure : les déplacements pour chercher du matériel pédagogique à l’école sont réservés aux parents n’ayant pas de moyens numériques, néanmoins les directeurs ou chefs d’établissement sont censés fournir une attestation signée aux parents préalablement à ce déplacement. La question est donc comment, puisque ces derniers n’ont pas d’ordinateur et que La Poste a interrompu ses services. La rectrice a t-elle prévu de doter l’ensemble des enseignants de pigeons voyageurs ?

Dans un second temps SUD éducation 34 ne partage pas la lecture de la rectrice du décret du 16 mars. Nous considérons que récupérer des photocopies de cours ou d’activités scolaires n’est ni un achat de fournitures nécessaires à l’activité professionnelle ni un achat de première nécessité.

Nous dénonçons les ordres irresponsables de la hiérarchie qui mettent en danger les personnels et les usagers.

Nous considérons que ce type d’injonctions constituent des ordres manifestement illégaux et de nature à compromettre gravement un intérêt public. Ainsi en application des dispositions de l’article 28 de la loi n°83-634 portant droits et obligations des fonctionnaires SUD éducation 34 appelle les personnels à ne pas s’y conformer. Nous invitons tous ceux et toutes celles qui pourraient être victimes de pressions à nous contacter.

SUD éducation 34