À l’intention de​ Pierre RICHTER,
directeur du CROUS Montpellier – Occitanie​

Situation des étudiants en cités et résidences du CROUS​

Bonjour,​

Afin d’éviter la propagation de l’épidémie de Covid-19 (appelé Coronavirus), un confinement généralisé de la population a été annoncé et mis en place par le gouvernement.​

Nous vous contactons au sujet des étudiants résidant en cité et résidence universitaire.​

Ces derniers jours, plusieurs informations contradictoires ont été transmises aux étudiants concernés, et certaines d’entre-elles encourageaient les étudiants à quitter leur logement universitaire au plus vite, quand d’autres sous-entendaient une possible expulsion.​

Or les consignes nationales justement invitaient les personnes à rester confinées chez elles afin d’endiguer la propagation exponentielle du virus dans la population. Des consignes simples que le CROUS Montpellier – Occitanie n’a à l’évidence pas respectés.​

En encourageant les étudiants à massivement quitter Montpellier et à rejoindre leurs familles, vous avez contribué à propager de manière dramatique un virus qui touche déjà plusieurs milliers de personnes. De plus, cette inconscience a conduit à la mise en danger directe des étudiants ayant quitté leurs logements en suivant vos consignes, ainsi que leurs familles. Familles dans lesquelles peut-être se trouvent des personnes de plus de 70 ans, des enfants en bas âge ou des profils à risques.​

Après plusieurs jours de communication contradictoire, nous apprenons que les loyers seront “suspendus” pour les étudiants ayant indiqué avoir quitté leur logement avant le 18 mars. Cette nouvelle nous invite à deux interrogations qui nous semblent fondamentales :​

– La “suspension” équivaut-elle à un report du paiement du loyer ? Auquel cas cela reviendrait à faire payer l’intégralité du loyer non versé à la fin de l’épidémie, ce qui est non seulement inacceptable, mais aussi tout simplement impossible pour les étudiants les plus précaires.​

– Notre deuxième interrogation porte sur le périmètre de cette “suspension” annoncée. Suite aux annonces du CROUS, plusieurs centaines voire milliers d’étudiants ont quitté précipitamment leur logement universitaire, sans en informer le CROUS. Comment allez-vous déterminer quels étudiants seront bénéficiaires de cette “suspension” de loyer ?​

Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) ne peut accepter cette mise en danger des étudiants résidant en cité universitaire, population déjà parmi les plus précaires de France et qui voit son droit au logement bafoué et sa santé et celle de ses proches mises en danger. Nous ne pouvons-nous satisfaire de quelques mesures sanitaires prises tardivement.​

Nous demandons au CROUS Montpellier – Occitanie d’assumer ses responsabilités dans cette crise sanitaire et sociale qu’il a contribué à aggraver, dans des proportions qui aujourd’hui ne sont pas mesurables, mais que demain nous subirons toutes et tous.​

Au-delà d’une nébuleuse “suspension” de loyer, nous demandons un dédommagement immédiat s’élevant à la durée totale du confinement pour tous les étudiants résidant en cité universitaire à Montpellier, qu’ils aient indiqué ou non leur départ de leur logement.​

Nous demandons aussi la prise en charge financière des déplacements des étudiants concernés.​

Bien entendu, nous nous réservons la possibilité, avec notre avocat, d’accompagner les étudiants concernés dans une procédure de recours collectif.​

Veuillez agréer, monsieur le directeur du CROUS Montpellier Occitanie l’expression de nos sentiments distingués.

Syndicat de Combat Universitaire
de Montpellier – S.C.U.M