[Communiqué de presse] Racheter une entreprise promise à la fermeture, y injecter plus de 8 millions d’euros en investissement et la redresser en quelques années, ne me semble en rien irrationnel

L’article publié dimanche 23 février par le site Objectif Gard appelle de ma part la mise au point suivante.

Nous avons racheté, mon fils Stéphane et moi, sur nos fonds propres, l’entreprise Souleiado en 2009 à Louis Nicollin, alors que ce dernier avait décidé de cesser son activité et venait de licencier 70 salariés. Souleiado était alors virtuellement en faillite et ne comptait plus qu’une douzaine d’employés. Nous avions alors l’ambition de remettre à flots cette marque emblématique de la culture provençale, que je souhaitais transmettre à mes enfants. J’avais nommé Stéphane président, en prévision de ce passage de témoin. Mon fils étant pharmacien de formation, il n’avait aucune compétence dans le secteur du prêt à porter et du tissu. J’ai donc dû prendre toutes les responsabilités commerciales et de création, de la conception, au management en passant par le merchandising des magasins, le design des collections, les catalogues, la publicité et l’ensemble de la stratégie marketing.

Dans les années qui ont suivi, j’y ai investi seul plus de 8 millions d’euros, toujours sur mes fonds propres, afin de développer Souléiado, recruter de nouveaux salariés (ils sont aujourd’hui une petite centaine) et acquérir 19 nouveaux magasins en France et à l’étranger. Grâce à ces efforts et ces investissements qui ont absorbé les économies de toute une vie d’entrepreneur, Souleiado a renoué avec les bénéfices en 2016 et ses perspectives étaient excellentes.

En 2018, après avoir constaté des irrégularités comptables commises par mon fils, mon fils Stéphane a cherché à m’évincer, refusant toutes les solutions que je lui proposais pour préserver l’emploi et l’avenir de l’entreprise. Il a pris seul la décision de placer Souleiado en procédure de sauvegarde, ce que ne justifiait pas la situation financière de l’entreprise, alors que je venais de prendre la décision la plus pénible de mon existence : déposer une plainte au pénal contre mon fils pour abus de biens sociaux, seule façon de préserver les intérêts de l’entreprise.

Contrairement à ce que suggère l’article d’Objectif Gard, je n’ai jamais cherché à me « faire payer des factures » indûment. Toutes les décisions que j’ai prises, tous les actes que j’ai posés n’avaient qu’un seul but : préserver Souleiado, ses salariés et son image, afin de poursuivre son développement.

L’attitude de mon fils depuis l’origine de ce conflit m’a profondément blessé. En tant que père, je me suis senti trahi. En tant que chef d’entreprise, j’ai été choqué qu’un dirigeant prenne le risque de compromettre l’avenir de son entreprise pour des raisons strictement privées qu’aujourd’hui encore,  je ne m’explique pas.

Sur le soi-disant « harcèlement moral » que j’aurais infligé à certains salariés de Souleiado, je tiens à préciser que tous les témoignages cités dans l’article sont le fait de salariés toujours en poste dont la situation professionnelle dépend exclusivement de mon fils. Si harcèlement il y a, c’est plutôt le fait de Stéphane, qui a licencié l’ensemble des personnes qui travaillaient à mes côtés et avaient produit des témoignages qui m’étaient favorables.  Une partie de ces personnes ont d’ailleurs introduit une action contre Souléiado et mon fils devant le tribunal des prud’hommes, action en cours.

Quant au « comportement irrationnel » évoqué dans l’arrêt de la cour d’appel, je précise d’une part que ledit arrêt fait l’objet d’une procédure (toujours pendante) devant la cour de cassation et qu’il ne correspond à rien de concret. Racheter une entreprise promise à la fermeture, y injecter plus de 8 millions d’euros en investissement et la redresser en quelques années, ne me semble en rien  irrationnel. La seule chose irrationnelle à laquelle je ne m’attendais pas en rachetant Souleiado, c’est l’attitude de mon propre fils.

Pour finir, je tiens à souligner qu’il n’y a rien de fortuit dans la sortie de cet article, trois mois après la publication de l’arrêt sur lequel il se fonde et à trois semaines d’une élection municipale où je suis  candidat. Je n’ai jamais dissimulé le conflit qui m’opposait à mon fils depuis 2018, mais je me suis toujours imposé une grande discrétion à son propos, soucieux que j’étais de préserver l’image de l’entreprise auprès du public et les emplois que j’avais contribué à créer. Ce n’est manifestement pas la préoccupation des personnes qui ont permis à ce dossier de justice commerciale d’être rendu public au moment opportun pour essayer de me nuire.

Daniel Richard