Accordé par la municipalité, le projet de construction sur la friche du Guesclin a fait naître le mécontentement chez de nombreux riverains.

Avec ce nouveau permis de construire, le promoteur immobilier Pragma, envisage de construire une résidence étudiante de 170 logements T1 et 31 logements sociaux. Il envisage aussi de rajouter des commerces et des stationnements sur cet espace. Que reprochent les habitants ? L’absence de concertation entre eux, l’organisation Pragma et l’équipe municipale. Les riverains dénoncent la non-prise en considération de leurs opinions quant à ce projet discrètement lancé début juillet 2019, au début des vacances scolaires.

La construction d’une énième logement étudiant est-elle nécessaire ? 

« Il y a un manque de logements étudiants en centre-ville. » a affirmé le président de Pragma en 2018. Pourtant, le plan de sauvegarde et de mise en valeur de 2016 démontre que les étudiants parviendraient aisément à s’y loger puisqu’ils y représentent 30% de la population. Ce même rapport évoquait la nécessité de redynamiser le centre-ville pour y garder ses résidents et en attirer de nouveau. Or, les jeunes n’auraient pas projet de s’y installer sur le long terme. Jérôme Rilhac, riverain représentant de la nouvelle Association Du Guesclin, se demande l’intérêt de construire un logement à destination des étudiants alors qu’il ne correspondrait pas au concept espéré de « Montpellier Grand-Coeur »:  soit, un centre ville dynamique et attractive.

Un building de 21m : dégradation visuelle et dégradation de l’espace vert

La construction de ces nouveaux bâtiments entraînerait la disparation de cet espace de verdure dans le centre-ville, ce qui irait à l’encontre des préconisations évoquées dans le dossier de l’AVAP Sud Gare (Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine) :  « tous ces espaces végétalisés doivent être préservés dans la mesure où ils aèrent le tissu bâti et en sont le complément indispensable ».

Selon un sondage récoltant les votes des riverains, 40 ont été en faveur de la mise en place d’un jardin à raison d’aucun pour ce projet immobilier. Projet qui dégraderait le patrimoine architectural du centre-ville avec la construction d’un bâtiment à hauteur considérable (21m). « Les extensions doivent mettre en valeur l’architecture du bâti existant. Les constructions neuves doivent s’intégrer harmonieusement dans le paysage urbain » souligne encore Jérôme Rilhac.

La construction de commerces dans un espace où de nombreuses boutiques ferment leurs portes.

Pourquoi créer davantage de commerces dans cet emplacement, alors que les commerces à proximité, sur le passage de l’Horloge et du Triangle, semblent moribonds ? C’est la question que se posent les riverains après avoir constaté la fermeture du café restaurant Nostrum, d’Enfin Bio ou encore, de P’tit Lord.

Afin de mettre fin à ce projet, ils ont déposé un recours contentieux auprès du tribunal administratif. Avec la création de l’Association du Guesclin Montpellier, les riverains mobilisés envisagent d’inscrire leur action dans la durée. « On a créé ce collectif suite à la découverte du permis de construire. On s’est regroupés entre riverains pour prendre le problème en main et on a engagé une avocate. On aimerait, au-delà de ce problème, contribuer à la co-création de cet espace » explique Jérôme Rilhac.

Une concertation entre les différentes parties prenantes permettrait-elle ainsi d’apaiser les tensions ?