Saint Nicolas, le message de l’avatar

Dérivé de la mythologie chrétienne, le personnage de Saint Nicolas – Santa Claus en anglais – se confond avec le Père Noël. Mais pourquoi Santa Claus, et non Saint Claus ?

Littéralement, « Claus » signifie « obstrué, fermé », tandis que « Santa » donne en anagramme « Satan ». Spirituellement, la fin de l’année représente une fin de cycle ; l’occasion de rompre avec les habitudes. Célébré le 6 décembre (6/12, en numérologie 6 symbolise le caché, et 12 le connu), Saint Nicolas pourrait être une invitation à la pleine conscience.

Coutumes et traditions ont traversé le temps pour délivrer leur message. Comme ce devrait être le cas pour les religions, il n’est pas question d’y croire ou d’y adhérer, mais de comprendre ce qu’elles nous disent. La légende de Saint Nicolas utilise les codes universels sous-tendant l’ensemble des récits sacrés, partout dans le monde. Livrons-nous à quelques décryptages pour éclairer une aventure qui pourrait être la nôtre. Car en réalité, tout mythe raconte une histoire unique. Celle de l’être conditionné séparé de sa nature, à la recherche de lui-même.

Coiffé d’une phallique mitre, symbole d’éveil spirituel, et portant la crosse ou bâton pastoral, Saint Nicolas représente l’être réalisé. La légende le met en scène visitant un boucher ; le saint patron insiste alors pour goûter son petit salé. Sept ans plus tôt, l’artisan avait découpé en morceaux trois enfants qu’il gardait depuis dans son saloir. Saint Nicolas, joignant trois doigts, ressuscita les trois enfants. Un tel récit est autant poison que remède. Soit on l’accepte en l’état, et l’esprit s’habitue ainsi à la confusion. Soit-on l’écoute avec intelligence.

La figure de l’enfant symbolise l’être humain exempt d’influences. Dans leurs mythes respectifs, Jésus, Krishna, Ganesh ou même le Bouddha, sont d’abord des enfants. Les trois enfants ramenés à la vie par Saint Nicolas expriment la compréhension des trois mondes. Cette image, se retrouvant dans la trinité chrétienne ou la trimurti indienne, décrit les trois niveaux de réflexion de l’esprit. Les enfants ont séjourné dans un saloir, le sel figurant l’élément divin : il est partout dans la mer (eau, élément du mental), mais ne se voit pas. Le sel symbolise l’intégration du savoir. La durée de sept années, autre symbole de Dieu, indique l’entendement des intermédiaires menant à la connaissance.

Saint Nikolaus ou Santa Claus pourrait être traduit par « la compréhension de ce qui obstrue ». Les enfants découpés par le boucher représentent notre vision fragmentée de l’existant. Le dieu égyptien Osiris, ou la déesse indienne Shakti connaissent un sort équivalent. Reconstituer le corps du dieu, de la déesse, ou ressusciter les trois petits enfants salés est une invitation à réunir tous les aspects de la psyché. C’est pourquoi Saint-Nicolas est accompagné du Père Fouettard, équivalent du diable. Car la spiritualité ne peut être comprise sans cet éternel personnage démoniaque. Contrairement aux apparences, l’être sombre, cornu, à la queue fourchue, n’a jamais incarné le mal. Mais le savoir caché.