Alors que les partis « se battent » à grands coups de meetings et d’interventions médiatiques, un groupe de citoyens s’est rassemblé et a commencé à anticiper les prochaines échéances électorales qui selon eux font sens : les Municipales.

Un appel citoyen a été publié via FB en novembre : « pour ouvrir une nouvelle page de l’histoire de Nîmes, pour une ville écologique, solidaire et citoyenne signée par 162 Nîmoises et Nîmois ». Et cela a fonctionné… Quelques jours après, le 1er décembre, la première rencontre entre les signataires de l’appel, et les personnes intéressées a eu lieu. S’en sont suivies de janvier à mai : trois assemblées citoyennes, et autant d’Agoras qui se sont terminées le 18 juin par la désignation du nom définitif du collectif né de l’appel, la désignation des porte-paroles (provisoires et tournants) et les points clés d’un projet pour Nîmes. « Nîmes nouvelle page » est née, et l’appel aujourd’hui a été signé par plus de 600 personnes.

Qui sont ces citoyens ?

Ce regroupement de citoyens est un regroupement de la gauche de quelque « obédience » quelle soit ; le regroupement se veut être apartisan, mais surtout humaniste, et souhaitant se détacher des appareils des partis. Les signataires sont des acteurs de la vie politique, des associatifs, des syndicalistes ou des citoyens encartés ou pas, dans des partis traditionnels.

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Ce qui fait leur force, c’est cet évitement dogmatique que l’on peut trouver ailleurs. Ici, ce sont les citoyens qui proposent, et préparent le programme en parfaite horizontalité, et non pas sur des bases programmatiques venant de Paris. Et quand on leur parle d’une liste, voire d’une tête de liste, ils balaient d’un revers de la main, en rétorquant qu’ils ont souhaité inverser les choses et établir un programme d’abord, la liste n’est que secondaire et absolument pas d’actualité.

La fonction de porte-parole est une fonction collective et interchangeable. Ainsi vendredi, six personnes venues d’horizons complètement différents étaient venues devant la presse présenter Nîmes nouvelle page et l’ébauche programmatique : Il s’agissait de Vincent Bouget, chef du PCF du Gard, Frédéric Deschamps, militant de Génération.s, de Florence Thiébaud, enseignante,  syndicaliste et membre du PCF, Pierre Garcia, architecte, citoyen non encarté, Meiké Fusat, nîmoise, conseillère du salarié, et enfin Françoise Armand, chargée de communication scientifique . La prochaine fois ce seront de nouveaux porte-paroles, car ce mouvement souhaite désincarner le pouvoir et Vincent Bouget de marteler « qu’il n’y a pas de sauveur suprême, c’est l’ensemble des citoyens qui doit représenter et pas seulement quelques-uns. »

Un projet de vie ambitieux et en parfaite rupture avec les partis traditionnels.

Rappelant en préambule que Nîmes est la sixième ville la plus pauvre de France, les assemblées et agoras ont mis à jour 15 points phares avec quatre focus qui ont été retenus : la citoyenneté, la transition écologique, le développement économique et solidaire, le mode de gouvernance. Un projet de vie ambitieux et en parfaite rupture avec les partis traditionnels. Sur l’écologie, « Nîmes nouvelle page » la conçoit en transversalité de toutes les autres décisions locales à prendre. C’est le squelette du programme, et non pas une des composantes au même titre qu’une autre. Ainsi toute décision sur la ville sera en adéquation avec la transition écologique. Dans ce sens, le collectif veut intégrer dans son programme une véritable politique des transports en commun afin d’éviter le tout-voiture que l’on connaît actuellement.

La culture se doit d’être un service public au même titre que l’eau, dont les Nîmoises et les Nîmois ont entraperçu les problèmes de gestion. Le collectif appelle aussi de ses vœux à une véritable politique culturelle pensée comme un service public qui n’exclurait plus les moins fortunés, avec comme exemple symptomatique l’augmentation pharaonique du prix des cours au conservatoire de Nîmes, ou bien encore la gratuité des musées qui a été arrêtée il y a quelques mois.

La revitalisation des quartiers du centre-ville, mais aussi des quartiers périphériques. Ils appellent enfin à un nouveau mode de gouvernance, qui remettra le citoyen au centre des décisions politiques locales. Et de donner pour exemple emblématique le stade des costières, dont ils ont appris la vente par voie de presse, ce qu’ils trouvent inadmissible et symptomatique de ce qu’ils appellent l’ancienne politique.

Feria de la démocratie

Le travail de consultation continuera et « une feria de la démocratie » sera organisée après la féria des vendanges en septembre. Reste à savoir quelles seront les réactions des partis traditionnels, en invoquant par exemple la multiplication des candidatures au risque de déliter le nombre de listes, et ainsi éparpiller une fois de plus le vote des électeurs de gauche. Éparpillement aussi qui laisserait les votes partir au profit de LaREM ou du Rassemblement National.

La pression des Partis

Les signataires sauront-ils faire taire leurs égos au moment inéluctable de constituer leur liste ; les mêmes signataires vont-ils résister à la pression de leurs partis pour ceux qui sont encartés ? Ces questions vont surgir très prochainement, bien avant la reprise du travail au mois de septembre.

Pour le moment, loin de ses considérations électoralistes, Nîmes nouvelle page continue sa belle avancée !  À suivre.

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