Les enseignants avaient prévenu. Face à la réforme Blanquer, ils iraient jusqu’à la grève de la surveillance du baccalauréat, s’il le fallait. Lundi matin, pour le début des épreuves, près de 150 enseignants surveillants  étaient en grève dans les rues de Nîmes.   

Les enseignants du public n’ont pas manifesté seuls. Ainsi à l’institut Emmanuel d’Alzon, les professeurs ont trouvé un moyen original de montrer leur mécontentement et leur refus de la réforme.

Après une votation au sein de l’établissement privé, où 91,5 % des membres du personnel étaient venus s’exprimer contre la réforme, les enseignants ont décidé, vêtus de noir ou flanqués d’un brassard blanc où était inscrit un grand « Non » de protester à leur manière contre la réforme.

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Toutefois, ils l’assurent « ce mouvement de protestation et de grève pour certains d’entre nous n’est absolument pas une fronde contre l’établissement », qu’ils jugent « plutôt bien loti en ce qui concerne les spécialités proposées pour affronter le nouveau bac, mais vraiment contre cette loi que nous jugeons incohérente et inégalitaire ».

Après être restés près d’une heure sur le parvis, à répondre aux questions de certains de leurs élèves, les enseignants se sont dispersés.

Focus : Comprendre le Bac-21

Adieu Bac L, S, SES, demain chaque élève va pouvoir choisir, trois matières, en complément d’un tronc commun, qu’il étudiera durant les deux années précédant le baccalauréat.

Si de prime abord, cela peut paraître assez moderne, deux problèmes sont soulevés déjà soulevés par ce choix anticipé.

Le premier réside dans l’avancement de deux années du choix des vœux (avec une maturité beaucoup moins grande à 15 ans qu’à dix-sept). Ainsi, dès le second trimestre les « secondes » devront se positionner sur trois options. Et au troisième trimestre, le choix deviendra définitif, sans retour possible. En parallèle, dès le mois de novembre, en Première, les élèves vont devoir « abandonner » une option (et cette option abandonnée sera passée en fin de première, moitié en contrôle continu, moitié en épreuve finale).

Le deuxième problème découle du premier. Si une ou un jeune qui veut faire médecine, prend, Maths, SVT, et Physique-Chimie, il devra sacrifier une de ces trois matières en fin de première.

Dans ce cadre, l’élève risque de ne plus pouvoir faire face à l’imprévu

Ainsi, si l’élève souhaite changer d’orientation, il risque de ne plus rentrer dans les cases de ParcoursSup. Il en résulte que des élèves risquent de se retrouver sans possibilité de rentrer dans l’enseignement supérieur.

En outre, seuls les élèves (mais surtout les parents bien informés) vont trouver les options qui correspondront à la filière de l’enseignement qu’ils souhaitent intégrer (de nombreuses entreprises se sont déjà positionnées sur ce créneau porteur), quid des autres élèves qui ne peuvent pas recourir à ces services très coûteux ?

Un dernier risque existe, celui de la « rupture d’égalité », entre deux bac d’établissement, les établissements les moins dotés, ne pouvant rivaliser avec ceux proposant de multiples spécialités.

Le combat semble loin d’être terminé.

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