12 juin 2019. C’est la deuxième fois depuis le début du quinquennat que le Premier ministre, Édouard Philippe, prononce un discours de politique générale à l’Assemblée nationale.

Un discours qui veut porter l’acte II du quinquennat d’Emmanuel Macron avec la présentation d’un calendrier, d’une méthode. Un timing de compétition qui oscille entre les mesures dites « gilets jaunes » et les réformes structurelles.

Trois urgences

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Trois urgences pointées : climatique, sociale et politique. Urgence politique en cause le 26 mai au soir des élections européennes : « l’extrême droite est arrivée en tête des suffrages en France. » Cap à bâbord, dans les mots pour le moins, et dans l’idée d’une reconquête de l’électorat de gauche. Un exercice nouveau pour Édouard Philippe qui veut renforcer le crédit politique des Européennes. Il sera salué par les siens avec plusieurs standing ovations.

Constance et cohérence…

Urgence sociale avec les territoires isolés et une « colère qui vient de loin ». Le Premier ministre parle de la crise des Gilets Jaunes, débutée en novembre 2018 : « nous avons rencontré la colère. Certains diront que nous l’avons créée. Je ne le crois pas. Cette colère vient de loin. » Edouard Philippe évoque alors des mesures « puissantes » pour l’apaisement, et explique entendre : « tirer la force d’un nouvel élan, c’est l’acte II du quinquennat. Une nouvelle étape qui marque une césure avec un profond changement de méthode, et deux impératifs : la constance et la cohérence dans l’action. »

Le monopole du vert

Urgence climatique affirmée comme « aussi importantes que l’emploi et la sécurité ». Édouard Philippe explique que « l’ambition écologique » sera au coeur de l’acte II et enchaîne sur la notion de monopole à la Valéry Giscard d’Estaing : « plus personne n’a aujourd’hui le monopole du vert ».

[Mémo] et aperçu de la longue liste de l’agenda acte II :

Fermeture de la centrale de Fessenheim avant la fin 2020. Changement de véhicules, 1 million de familles seront concernées par la prime à la conversion. Stop déchets et gaspillage avec le projet de loi de lutte contre le gaspillage, qui passera devant l’Assemblée en septembre. Consommation : les garanties qualité, le gouvernement apportera aux Français « davantage de garanties sur ce qu’ils consomment ».

Inédit : une démocratie participative avec une convention citoyenne pour la transition écologique.

La réforme de l’assurance chômage sera présentée le 18 juin. Précarité : « nous instaurerons un principe de bonus-malus sur les cotisations d’assurance chômage » Édouard Philippe veut lutter ainsi « pour décourager le recours aux CDD d’usage. » Assurance chômage, objectif : « que le travail paye toujours plus que l’inactivité » et introduction d’une dégressivité de l’indemnisation.

Pour tous : « La taxe d’habitation sur les résidences principales sera supprimée pour l’ensemble des Français. »

Une baisse d’impôt ciblée sur « les classes moyennes qui travaillent. » Baisse d’impôts de 5 milliards d’euros, et donc coups de ciseaux annoncés sur les niches fiscales.

Égalité des chances : le Premier ministre annonce qu’il étendra « l’effort de réduction du nombre d’élèves à la grande section de maternelle dans les zones les moins favorisées », et aussi une limite « à 24 élèves par classe sur tout le territoire pour les CP et CE1. »

La PMA pour toutes sera examinée fin septembre à l’Assemblée.

Les retraites un départ « possible » à 62 ans est maintenu. Mais définition d’un nouveau concept : « un âge d’équilibre » ; « nous définirons un âge d’équilibre et des incitations à travailler plus longtemps. »

Réforme des institutions : vers un nouveau report avec un examen de cette réforme des institutions qui aura lieu après les sénatoriales de septembre 2020. Edouard Philippe a également insinué qu’il s’agissait d’un « désir de changement exprimé par les Français » et que le Président pourrait les consulter à ce sujet (notamment sur la réduction du nombre des parlementaires) par référendum.

Élément de langage : « coeur » le mot clé de ce discours pour tourner une nouvelle page : « nous souhaitons réconcilier la France avec elle-même […] en remettant l’humain au coeur de nos préoccupations. »

Bienvenue dans la fabrique des décisions

À noter : une invitation de la part du Premier ministre : « le gouvernement aussi doit changer de méthode. Nous devons davantage associer les Français à la fabrique de nos décisions. »

Tout revoir : 12 juin 2019 – 1ère séance : Déclaration de politique générale du Gouvernement, Édouard Philippe, Premier ministre.

 

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