La schizophrénie est une affection d’expression très variée. Elle touche à peu près 1 % de la population mondiale, soit en France environ 600 000 personnes. Les troubles débutent entre 15 et 30 ans et évoluent sur la vie entière.

Au CHU de Montpellier, le Centre de Rétablissement et de Réhabilitation Jean Minvielle (C2R) qui se situe à l’hôpital de la Colombière propose une prise en charge innovante, inspirée du « Consumer/Survivor Movement » qui consiste à faire sortir les patients de l’hôpital afin de les accompagner dans leurs projets et de faciliter leur intégration dans la société.

La schizophrénie

La schizophrénie est une maladie psychiatrique caractérisée par un ensemble de symptômes très variables : les plus impressionnants sont les délires et les hallucinations, mais les plus invalidants sont le retrait social et les difficultés cognitives.

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A ces symptômes se rajoute un obstacle tout aussi grand, la stigmatisation de cette maladie. En effet, la schizophrénie est associée à tort par le grand public aux stéréotypes les plus négatifs. Dangerosité, imprévisibilité, incompétence ; autant d’étiquettes erronées qui collent à la peau des usagers. La réalité est tout autre et il est important de souligner que les personnes atteintes de schizophrénie sont des personnes avant tout vulnérables, qui sont davantage victimes de violence et de non-respect de leurs droits que d’autres personnes. C’est au jour le jour que cette stigmatisation, véritable deuxième maladie, se dresse tel un mur infranchissable face aux projets, aux envies et aux rêves d’hommes et de femmes qui n’aspirent qu’à avancer malgré la maladie. A avancer avec la maladie.

Dans l’état actuel des recherches, la schizophrénie paraît résulter de la combinaison d’une vulnérabilité génétique et de facteurs liés à l’environnement de la personne. Elle peut avoir un impact important sur l’adaptation sociale et entrainer une grande souffrance chez la personne et ses proches.

Les difficultés

L’entrée dans cette maladie est généralement synonyme de rupture avec les projets de vie. Autonomie, études, vie sociale et amoureuse, tout ce qui fait la vie d’une jeune personne se voit brutalement interrompu.

Il s’agit alors pour ces personnes de se reconstruire, de reprendre espoir, de croire qu’un avenir est possible malgré la maladie, avec la maladie. Mais face à des symptômes parfois très handicapant et une stigmatisation omniprésente responsable d’une mise à l’écart constante, le parcours est semé d’embuches.

Le Consumer/Survivor Movement

Le projet de vie, c’est évidemment celui des usagers.

« Rien à propos de nous, sans nous » était la devise des militants du Consumer/Survivor Movement. Ce mouvement d’usagers né dans les années 80 illustre parfaitement cette volonté des usagers de reprendre le contrôle sur leurs propres vies et pose les bases du rétablissement. Le rétablissement est un processus propre à chacun en lien avec l’articulation personnelle entre handicap psychique (ou maladie) et projet de vie. La réhabilitation est l’ensemble des outils mis à disposition pour ces personnes. C’est en s’appuyant sur cette philosophie que le C2R a vu le jour.

Le Centre de Rétablissement et de Réhabilitation Jean Minvielle (C2R)

Ce centre est dédié à la réhabilitation psychosociale de jeunes femmes et de jeunes hommes présentant des troubles psychiques débutants, et plus particulièrement une schizophrénie. Un seul mot d’ordre : accompagner ces personnes dans leurs projets : recherche d’un appartement, orientation professionnelle, passage du permis, inscription à une activité de loisirs, travail sur les habiletés sociales ou sur les troubles cognitifs, information sur la maladie, etc.

Les collaborations peuvent prendre absolument toutes les formes à condition d’être au service de l’usager. Parce que la « vraie » vie est au-delà des murs de l’hôpital et qu’on ne s’y prépare jamais mieux qu’en la vivant directement, le C2R propose un accompagnement sous la forme de soutien aux démarches et de rencontres à l’extérieur de l’hôpital, dans n’importe quel lieu choisit par l’usager.

La démarche est d’accompagner les usagers dans leur expérience du rétablissement afin qu’ils puissent vivre, travailler, s’épanouir et prendre une place pleine et entière au sein de la communauté.

Loin des stéréotypes associés à la schizophrénie, le C2R travaille en collaboration avec de  jeunes personnes qui aspirent à une vie pleine et épanouissante malgré les obstacles de la maladie.

CHU Montpellier

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