Pedro Sanchez, Premier ministre est arrivé en tête du scrutin sans pour autant disposer d’une majorité avec son seul parti. Et l’extrême droite entre au Parlement. Ce scrutin a connu une participation élevée avec presque 76 % de suffrages exprimés, contre 66 % en 2016.

PSOE, Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol du chef du gouvernement arrive confortablement en tête des élections législatives qui se sont tenues ce dimanche 28 avril 2019. Les résultats publiés par le ministère de l’Intérieur, montrent qu’il réunit pratiquement 29 % des voix. Un score qui laisse au PSOE 123 députés, mais un nombre de sièges insuffisant pour gouverner seul, car la Chambre espagnole compte 350 sièges, ce qui impose pour obtenir la majorité absolue la présence de 176 élus.

« Le futur a gagné et le passé a perdu »

Pedro Sanchez est arrivé au pouvoir en juin 2018 face au conservateur Mariano Rajoy. Aujourd’hui, il va être dans l’obligation de mettre en place une coalition pour continuer à gouverner. Ce qui supposerait un possible accord avec Podemos, cela reste à suivre ? « Le futur a gagné et le passé a perdu », a lancé le Premier ministre Pedro Sanchez en annonçant la victoire de son parti devant les militants à Madrid. « Nous allons former un gouvernement pro-européen qui va renforcer et non pas affaiblir l’Europe », a ajouté le président du gouvernement sortant.

Le parti radical de gauche Podemos a récolté 42 sièges avec 14 % des voix. Pablo Iglesias, chef de file du parti d’extrême gauche s’est dit prêt à discuter d’une coalition gouvernementale de gauche avec le PSOE de Pedro Sanchez. La gauche composée des socialistes et de Podemos totaliserait 165 députés, contre 147 pour l’ensemble de la droite qui compte les libéraux de Ciudadanos, le PP Parti Populaire, et Vox, la formation d’extrême droite.

Après Franco, le retour de l’extrême droite ?

Vox, est l’inconnu qui fait renaître l’extrême droite dans ce pays où elle était négligeable depuis 1975, année de la mort de Franco. Dirigé par Santiago Abascal, avec 10%, Vox obtiendra 24 sièges. Un parti qui a essentiellement fait une campagne sur les réseaux sociaux à la mode Donald Trump, ou à la façon du brésilien Jair Bolsonaro. En France le Rassemblement national soutient le parti de Santiago Abascal, comme la Ligue du Nord de Matteo Salvini, au pouvoir en Italie.

Le PSOE devra rassembler au-delà de Podemos pour atteindre la barre des 176 élus. Établir un pont par exemple avec les indépendantistes catalans. Sachant que cinq séparatistes catalans, détenus et jugés actuellement à Madrid pour tentative de sécession de la Catalogne en 2017, ont donc été élus députés ce dimanche. Dont Oriol Junqueras, ancien vice-président de la région du Nord-Est et principal accusé d’un procès qui a débuté le 12 février dernier et contre lequel vingt-cinq ans de prison sont requis.