Cet ouvrage, non publié, mais que l’auteur a souhaité mettre en ligne sur internet, est un objet bien étrange, dont le fond, intéressant, est quelque peu obscurci par sa forme, qui peut rebuter le lecteur.

À noter, les remarques faites ici tiennent sur une version téléchargée vers mi-janvier 2019, Juan Branco a depuis travaillé sur de nouvelles versions. C’est donc un travail en cours.
La première partie est très mal rédigée, comme écrite dans une urgence (la situation du début du mouvement des gilets jaunes). Elle aurait bien besoin d’un travail de réécriture de la part de l’auteur et de l’intervention d’un éditeur et d’un correcteur professionnel pour rendre le tout agréable à lire. La seconde partie donne l’impression que l’auteur a pris plus de temps pour la rédiger et le passage d’un correcteur, pour enlever les fautes de frappe, d’orthographe ou de grammaire, suffirait probablement à la rendre publiable.

Pour résumer , il manque surtout à cet ouvrage un éditeur. Il faut espérer que Juan Branco en trouvera un à son goût. En effet, le fond est intéressant et pourrait toucher un public. Il a l’avantage de donner à voir l’ascension politique de deux hommes : Emmanuel Macron et Gabriel Attal.

Sur Emmanuel Macron, les lecteurs des pages politiques des journaux depuis plusieurs années en apprendront peu, mais c’est un bon rappel que notre Président doit son ascension si rapide au soutien de longue date des oligarques Xavier Niel, Bernard Arnaud ou encore Arnaud Lagardère. Cela aurait été par contre utile d’en savoir plus sur le rôle, pivot, joué dans cette affaire par Jean-Pierre Jouyet. Mais le propos de l’ouvrage est d’ores et déjà assez clair : Macron n’est pas issu de nulle part, comme la fable des médias mainstream l’a laissé entendre.

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La jeunesse du Président de la République et le fait qu’il n’avait aucun mandat d’élu avant de devenir ministre, tranche malgré tout avec ses prédécesseurs. En particulier, ceux-ci avaient déjà une réputation sulfureuse avant même leur élection, faite de bilans ministériels discutables et de liens au milieu d’affaires. Mais Macron paraissait plus neuf. Rien de comparable, dans son CV, au passif de ministre des colonies au moment du massacre à Madagascar en 1947, aux affaires des HLM de la Mairie de Paris ou encore à la gestion sans souffle politique d’un PS en pleine déliquescence pendant 10 ans (la diminution du nombre d’adhérents était déjà colossale avant même que Hollande ne devienne Président), sans parler de Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing et bien sûr De Gaulle.

Pour Nicolas Sarkozy de nombreux livres et même une BD ont été écrits avant, et après son élection détaillant son ascension parmi les réseaux de Neuilly-sur-Seine dont il était devenu maire en trahissant de façon rocambolesque Charles Pasqua ou en se faisant connaître par son courage dans la prise d’otages dans une école de sa ville. Tous ces points et les articles de presse de gauche  très critiques n’ont pas empêché son élection, car il avait le soutien indéfectible de son camp politique et de la presse de droite.

Le régime présidentiel de la Véme République crée une logique de polarisation autour d’une seule personne et comme aux États-Unis, autre pays à régime présidentiel, attire des personnalités à l’ego surdimensionné et à l’entourage de flatteurs. Et dans ce jeu, la presse mainstream dont la presse people joue un rôle très important.

Et c’est là que la deuxième partie prend son intérêt : Juan Branco a côtoyé de près de par son lycée à l’école alsacienne de Paris puis ses études  à Sciences Po Paris un jeune de cette trempe : Gabriel Attal.

La description de la prestigieuse école alsacienne rappelle la série Gossip Girl, qui faisait le portrait des élèves d’une école préparatoire d’élite aux grandes universités américaines, c’est une très bonne série pour qui s’intéresse au mode de vie des élites. Un personnage comme Gabriel Attal semble sorti de ce genre de fiction : un jeune homme ambitieux, arrogant et à la vie familiale chargée qui sait choisir les bons entourages pour se retrouver le plus jeune ministre de la Vème République.

On aurait aimé en savoir plus du parcours d’autres jeunes ambitieux autour d’Emmanuel Macron, ces noms que l’on croise dans les articles ou dans cet ouvrage : Ismaël Emelien ou encore Stéphane Séjourné. Il y eut une polémique autour de ce dernier, car à la nomination de Gabriel Attal, Juan Branco a « outé » que ces deux hommes étaient compagnons et pacsés. Se pose bien évidemment la question de la protection de la vie privée et de savoir quelle valeur publique a un Pacs ; certes moindre qu’un mariage, mais qui reste un engagement officiel tout de même.

Un conseil : attendre que cet ouvrage ait fait l’objet de corrections avant de l’entamer, car le style de la première partie est pour l’instant trop rebutant et nuit au propos de l’auteur. Mais dès qu’il sera de meilleure forme, ce sera une lecture qui permettra de mieux comprendre les rouages du « pouvoir macronien ».

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