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Le projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a été rendu public. Il fixe les orientations nationales pour la transition énergétique jusqu’à 2028.

L’État semble décidé à ne pas respecter ses propres objectifs, fixés notamment dans la loi de transition énergétique sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation énergétique, le déploiement des énergies renouvelables et la baisse de la part du nucléaire. Les consultations à venir seront l’occasion d’apporter les améliorations nécessaires pour la version définitive.

En matière de nucléaire, la PPE en reste aux mêmes échéances que les annonces faites le 27 novembre. 

  • Elle confirme le report de l’objectif de réduction de la part du nucléaire à 50 % du mix électrique à 2035, au lieu de 2025 comme le prévoyait la LTE.
  • 14 réacteurs seront mis hors service d’ici 2035, incluant ceux de Fessenheim (Haut-Rhin, deux réacteurs de 900 mégawatts [MW]).
  • La fermeture des deux réacteurs de Fessenheim, prévue pour l’été 2020, est confirmée.
  • La PPE prévoit aussi la mise à l’arrêt de deux réacteurs en 2027-2028 et de deux autres réacteurs en 2025-2026.

Elle ne donne ainsi aucune perspective pour les 44 réacteurs restant en activité après 2035.

Nouveauté, le projet de décret prévoit le maintien de la filière de retraitement des combustibles au moins jusqu’en 2040 et le moxage des réacteurs 1300 MW. Autrement dit, les usines de retraitement des combustibles nucléaires usés Orano de La Hague (Manche) et de fabrication de combustible Mox Orano Melox (Gard) resteront en service pendant encore au moins vingt-deux ans.

Enfin, le projet de PPE repousse à mi-2021 la décision de construire de nouveaux réacteurs de type EPR.

Réaction de Michèle Rivasi, députée européenne et co-fondatrice de la CRIIRAD :

« La trajectoire proposée n’est pas une trajectoire de fermeture, mais une trajectoire de prolongation massive. Le gouvernement a totalement renoncé à atteindre l’objectif de 50% dans les meilleurs délais possibles.  Cela aboutira à avoir des réacteurs qui atteindront 50 ans de fonctionnement en moyenne en 2035, et suppose la prolongation de réacteurs allant jusqu’à 60 ans de vie.

Le maintien de la filière de retraitement des combustibles au-delà de 2040 est irréaliste. Les piscines d’entreposage de combustible contiennent environ 10 000 tonnes de combustible usé et arriveront à saturation avant 2030. L’usine de La Hague est vieillissante et à bout de souffle, elle ne sera pas en mesure de retraiter les combustibles jusqu’en 2040. Quant au moxage des réacteurs 1300 MW, leur référentiel de sûreté n’a pas été étudié pour ça et les études et modifications techniques nécessaires rendent cette option très difficilement réalisable.

Ce projet de PPE montre le refus d’affronter la réalité.  Le gouvernement préfère céder au lobby nucléaire d’EDF et leurs intérêts industriels dangereux. Cette PPE apporte peu de nouvelles mesures et reporte les actions clés à plus tard, ce qui freine toute l’action climatique européenne.  Il s’agit du climat, on ne peut pas se satisfaire de petit pas. Écoutons les 2 millions de signataires de l’Affaire du Siècle, Ce recours en carence fautive contre l’État. »

* Les principaux objectifs de la loi de transition énergétique de 2015 sont les suivants :

  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030 et division par quatre entre 1990 et 2050 ;
  • Réduction de la consommation énergétique finale de 20 % en 2030 par rapport à 2012 puis de 50 % en 2050 par rapport à 2012 ;
  • Réduction de la consommation énergétique primaire d’énergies fossiles de 30 % en 2030 par rapport à 2012 ;
  • Augmentation de la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32 % de la consommation finale brute d’énergie en 2030 ;
  • Réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % en 2025.

Michèle RIVASI (députée européenne EELV, co-fondatrice de la CRIIRAD)