À quelques jours de la marche républicaine des libertés, nous avons rencontré, Brigitte Migliore, marcheuse de la première heure et animatrice d’un des comités de Nîmes. Entretien

Brigitte Migliore, vous êtes « En Marche », pouvez-vous nous expliquer comment devient-on une marcheuse ?

Je suis devenue une marcheuse peu avant les élections présidentielles, en janvier 2017.
Je suis rentrée dans le mouvement parce que je partageais les idées d’Emmanuel Macron, et, car je trouvais que les candidats qui étaient en face de lui ne représentaient pas ce dont j’avais envie d’avoir comme Président.
Par la suite j’ai découvert l’homme, en lisant son livre Révolution, que j’ai lu avec attention. J’ai trouvé son projet de société très intéressant, et en même temps j’ai pris connaissance de sa vie, de sa relation avec sa grand-mère avec qui il était très proche, son épouse Brigitte, etc.
Ensuite, je me suis investie dans la campagne, j’ai tracté sur les marchés, au centre-ville, pour porter ce projet qui me paraissait le plus adapté pour la France.

Emmanuel Macron a été élu, j’ai continué pour les législatives, pour soutenir le député modem apparenté.
Après le référent en Marche Nîmes m’a appelée et m’a demandé si j’acceptais de devenir animatrice du comité. J’ai accepté avec plaisir et de là, donc tout en demandant à mon référent, j’ai fait venir un marcheur qui est au Parlement européen, qui est venu nous parler de l’Europe. Nous avons passé un week-end avec lui et c’est quelqu’un de très intéressant, il passe d’ailleurs le 19 à Montpellier.

Je reste convaincue que c’est Emmanuel Macron qui a raison.

Il existe des comités à Nîmes, combien ? Comment fonctionnent-ils ?

À Nîmes, nous avons cinq comités, un qui est particulièrement actif, c’est celui de Nîmes centre en gros, et quatre peut-être un peu moins actifs, mais qui fonctionnent comme nous.

Dans notre comité nous sommes à peu près 300 en sachant qu’en membres actifs, nous sommes une vingtaine. Chacun a des compétences différentes, donc fait telle ou telle action. Si la personne connaît la sécurité, il va faire des actions dans ce sens, moi ce n’est pas mon domaine ; une personne qui a enseigné va parler éducation, etc. Ce que je tiens à mentionner c’est que nous sommes très libres de faire de ce que l’on a envie. Nous avons une parfaite autonomie. Nous faisons ce qui nous attire, et nous avons une totale liberté d’expression et d’initiative.

Nous nous réunissons tous les quinze jours en général. Nous n’avons pas de permanence, mais c’est prévu, pour le moment nous nous retrouvons dans des cafés.
On aborde différents sujets, cela peut être des sujets d’actualités, ou des sujets que des référents d’en Marche du QG de Paris nous transmettent.

Lors de ces réunions, nous recevons beaucoup de documentations, des éléments sur lesquels on peut s’appuyer, des arguments si nous sommes contrés sur un marché par exemple, des repères.

Après moi j’organise, des conférences, je suis en contact avec Jean Viard qui est sociologue pour parler mixité des quartiers, politique de la ville.
Car à Nîmes la mixité sociale, c’est important, car nous avons un centre-ville qui est plutôt de classe moyenne et plus, et les quartiers qui sont des classes plus populaires et la mixité se fait difficilement, pratiquement pas.
Mon projet est justement d’aller dans ces quartiers et nous avons des marcheurs qui sont issus de ces endroits et qui peuvent nous aider à aller à la rencontre de cette population, et leur expliquer l’Europe, avec des mots simples / qu’est-ce l’Europe, qu’est-ce que la République française, les institutions ; savoir qu’il y a l’Assemblée nationale, le Sénat, où les lois sont votées.
Je pense que les gens le savent, mais je voudrais que cela soit clair pour tout le monde, car on ne peut pas expliquer la politique si on ne connaît pas au moins le minimum des institutions, le minimum du fonctionnement de la République. Je parle des quartiers, mais il n’y a pas que dans les quartiers où les gens ne connaissent pas les institutions.

J’aimerais que tout Français soit « éduqué » sur nos institutions. Je pense que sans cela, on ne peut pas comprendre la politique, quitte à faire des cafés citoyens, un jour on fera une thématique sur l’Europe, qu’est-ce que l’Europe pour vous, ce que cela représente, et aussi des éléments factuels, savez-vous combien il y a d’États, sans rentrer dans des considérations philosophiques.
Je commence le 26 janvier dans un comité de quartier à Pissevin.

On sent que l’Europe est un point d’achoppement entre les « pros » et les « antis » pour les prochaines élections européennes. C’est votre sentiment ?

Nous sommes marcheurs donc profondément européens par essence, c’est vraiment dans l’ADN d’En Marche. Ce n’est pas une croyance, c’est une conviction ;  car d’un côté nous avons Monsieur Poutine, qui lorgne un peu sur Madame Le Pen et de l’autre côté, Monsieur Trump. Nous sommes au milieu géographiquement, et donc nous avons intérêt à rester unis pour nous protéger.

À l’intérieur de l’Europe même, Messieurs Salvini et Orban, le chancelier d’Autriche, le Brexit, il faut s’organiser et que ceux qui restent véhiculent l’utilité de s’harmoniser, à presque se défendre.

Je pense à Monsieur Poutine, il a fait envahir l’Ukraine. Si l’on est seuls, c’est plus difficile que quand plusieurs États sont unis.

Vous ne parlez pas d’économie, mais de protection contre des puissances étrangères, c’est votre vision de l’Union européenne ?

Oui, c’est vraiment une Europe de la défense. Emmanuel Macron en a parlé récemment.
Il a parlé des années trente, la montée du populisme, la montée des extrêmes. Certains, ont dit qu’il exagérait, moi c’est que je vis, ce que je ressens.

Après on m’a parlé de dumping social, de l’agriculture, il y a des choses à revoir c’est clair. Il faudrait remettre à plat et vraiment s’harmoniser tous ensemble et que les pays abandonnent un peu de souveraineté pour être un peu plus européen.

Je ne dis pas tout abandonner, attention ; de toute manière on est Français, on a une culture française, de toute façon l’histoire de France n’appartient qu’à la France, mais il y a de petites choses que l’on peut lâcher, où l’on ne perdra pas notre identité, on ne perd pas notre souveraineté vraiment, car on reste français. C’est mon opinion.

Les municipales de 2020 approchent également, quels sont vos axes de réflexions ?

Les municipales sont une échéance un peu plus lointaine, mais bien sûr nous commençons à nous en occuper. Il y a plusieurs comités de pilotages, on va essayer de s’ancrer dans la vie nîmoise par les comités de quartiers ; en amont voir les Présidents des comités et plus tard peut être des habitants ; recueillir leurs ressentis, leurs envies… écouter déjà.

Vous êtes nîmois, qu’est-ce que vous voulez, comment voyez-vous votre ville dans dix, 20 ans ? Qu’est-ce qui vous paraît nécessaire ou bien a contrario inutile ;

Nous allons aller à l’écoute du citoyen tout simplement. On va aussi bien entendu aller voir les associations, et à partir de là, un peu comme a fait Emmanuel Macron, nous allons élaborer un projet pour la ville de Nîmes.

Parallèlement, nous allons continuer à faire de la pédagogie et nous allons continuer à expliquer, cette fois sur le fonctionnement d’une ville.

Pour conclure, pouvez-vous nous expliquer la marche républicaine du 27 janvier prochain à Paris ?

La marche du 27 janvier, à Paris place de la République, est une marche que l’on a appelée marche républicaine des libertés, en sachant qu’En Marche n’est pas associée à ce mouvement, ce n’est pas un mouvement pro Macron.
C’est une marche pour le respect des institutions, respect du vote démocratique, et respect de la République. D’ailleurs, le gouvernement, mis à part Jean-Michel Blanquer, ne nous a pas encouragés parce qu’il risque d’y avoir des problèmes de sécurité.

Je le répète et assez fort ce n’est pas une marche pour soutenir le gouvernement et Monsieur Macron, c’est une marche pour le respect de la république, le droit de circuler librement qui est dans la constitution, et pas vraiment anti gilets jaunes. Elle est ouverte à tous.

Il y a des moyens de transport qui ont été mis à disposition pour acheminer les personnes  de province jusqu’à Paris. À l’heure actuelle, 24000 personnes sont intéressées ou sont sûres de participer.