Francis Vallat, le président de SOS Méditerranée promet des poursuites en diffamation, à ceux qui « criminalisent » l’action de l’association. « Oui, le temps de l’impunité est terminé, » dit-il pour répondre à ses détracteurs en usant de leur expression, et il ajoute : « nous ne céderons pas. »

Les faits : le 5 octobre, c’est 22 militants du groupuscule d’extrême droite « Génération Identitaire » qui font irruption au siège de l’ONG. Ils installent une banderole qui accuse SOS Méditerranée d’être “complice du trafic d’êtres humains”. Ces 22 militants ont été interpellés par la police, et mis en examen pour : enregistrement et diffusion d’images violentes, violences en réunion et séquestration.

ITW de maître François de Cambiaire, avocats au barreau de Paris

Conférence de presse du 17 octobre, SOS Méditerranée et les victimes vont se porter partie civile contre les responsables de l’attaque de son siège. Maître Sébastien Mabile et maître François de Cambiaire, avocats au barreau de Paris, et aussi maître Vincent Schneegans, avocat au barreau de Marseille, sont chargés de représenter l’association devant la justice. Sophie Beau, la directrice générale qui était présente le jour de l’agression, explique : « vers 14h00 une jeune femme se présente, prétendant vouloir être bénévole. Derrière elle se dissimulent les 21 individus qui ont forcé l’entrée, et ils ont fait irruption dans nos bureaux. Les personnels ont été brutalisés, certains ont été saisis, voire plaqués et éjectés par la force du bureau, l’un après l’autre […] Trois s’étaient réfugiés dans un autre bureau au bout du local, et ont été retenus contre leur gré par les agresseurs. »

L’information judiciaire devrait permettre d’établir les responsabilités individuelles, et collectives durant l’agression du 5 octobre. Dans ce cas, selon François de Cambiaire, avocat de l’association : « on souhaite aussi dénoncer l’implication, aujourd’hui supposée d’organisations derrière ces 22 militants qui sont aujourd’hui mis en examen. » Pour les avocats, il n’est pas imaginable que le commanditaire de cette action menée par « Génération Identitaire », puisse rester impuni.

Reprendre la mission malgré les attaques subies

Malmené l’Aquarius… Le navire de SOS Méditerranée s’est vu retirer son pavillon par le Panama. Il lui faut une nouvelle immatriculation pour poursuivre sa mission de sauvetage en mer. Aujourd’hui, ses équipes sont devenues expertes du sauvetage de masse. Pour Francis Vallat, il y a là une absurdité, l’Aquarius est « le seul navire à perdre son pavillon, alors qu’il respecte toutes les règles […]  et tout ça, pour des convenances politiques. » Depuis que l’Aquarius a pris la mer en 2016, il est financé presque exclusivement par les dons privés, et il a sauvé plus de 30.000 vies.