Né en 1933 à Newark, à l’Ouest de New York, l’écrivain est mort mardi 22 mai 2018 à 85 ans.

Ce grand écrivain a commencé sa carrière en 1959, à l’âge de 26 ans, avec un premier recueil de nouvelles, Goodbye Columbus, recueil à l’ironie féroce. Il écrira dix ans plus tard en 1969, Portnoy son quatrième roman, peut-être le meilleur pour comprendre la « jeunesse » de l’écrivain américain. C’est le récit des déboires sexuels de ce garçon juif, tyrannisé par sa mère, taxé en son temps à la fois d’obscénité et d’antisémitisme.

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Philippe Roth expliquera plus tard en revenant sur sa jeunesse sur France 5, lors d’un entretien avec François Busnel en 2015 : « Il a fallu que je me cogne la tête, le front, contre les murs, jusqu’à ce que le sang me coule sur le front pour passer à travers, expliquait-il. Personne ne m’a jamais dit qu’il me suffisait de le contourner. ‘Si tu suis le mur suffisamment loin, tu arrives au bout, il n’y a plus qu’à passer de l’autre côté.’ Mais, il fallait que je fasse ce que j’avais besoin de faire à cette époque-là. »

Chez Philip Roth, il y a aussi une idée forte, celle que pour raconter l’Amérique des faits, il faut aller sur le terrain de la littérature et la fiction. On la retrouve dans la seconde partie de son œuvre, celle qui commence dans les années 1990. Avec lui on découvre alors l’autre côté du rêve américain. C’est cette réalité qu’exposent les romans Pastorale américaine (1997), J’ai épousé un communiste (1998), La Tache (2000) et Le Complot contre l’Amérique (2004), celle de ces Etats-unis qui ont dévié de leurs propres valeurs.

En somme pour paraphraser Oscar Wilde : « De nos jours, on peut survivre à tout, sauf à la mort. » On ne peut que vous inviter à lire du Philippe Roth, ce serait le seul hommage sensé.

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