Gare de Sète, même si quelques palettes de bois brûlent sur le macadam, elles sont plutôt là pour signaler le lieu du rassemblement, et l’endroit où se tient le bureau de vote.

Début de la « vot’action » #VotAction

Le 18e jour de grève, c’est avant tout le début de la consultation lancée par les syndicats CGT, UNSA, SUD et CFDT auprès des 147 000 salariés de la SNCF. Son nom : « vot’action », tous les agents en activité sont invités à voter « pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement ». Un «pacte» avec trois niveaux troublants et inquiétants : l’ouverture à la concurrence, la fin de l’embauche au statut, et la transformation de la SNCF en société anonyme (SA) à capitaux publics.

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Ce matin, c’est Arnaud Jean secrétaire CGT-Cheminots de Sète qui s’occupe de l’accueil des participants. Et ici personne ne boude vraiment cette consultation. Ils sont plus d’une vingtaine à avoir voté, dès l’ouverture à 10h00. Pour Guillaume Pepy le patron de la SNCF, cette consultation n’a « aucune légitimité », mais pour les syndicats c’est une nouvelle « modalité d’action » qui sera accompagnée à Sète, d’une macaronade pour le déjeuner.

Même si ce referendum est critiqué, on peut supposer que son résultat sera aussi pertinent, voire tout aussi judicieux qu’un sondage commandé auprès d’un millier de personnes et réalisé par Elabe et son « équipe hybride, ouverte et décloisonnée » pour des chaines d’information. Les résultats seront connus dans huit jours. Ils permettront certainement de jouer favorablement, lors de la prochaine rencontre avec Édouard Philippe qui s’est engagé à recevoir l’ensemble des acteurs, comme le 7 mai dernier à Matignon. Sachant que le projet de réforme ferroviaire, déjà adopté en première lecture par l’Assemblée nationale, est maintenant à l’ordre du jour du Sénat : le 23 mai en commission et le 29 mai en séance.

Exactions et blocages, la Com’ de la direction ?

La direction de la SNCF a évoqué dimanche « des menaces d’exactions et blocages de gares » et promis « une grande fermeté » pour ce lundi. Annonce qui ressemblerait à une volonté de brouillage du « vot’action » avec un effet de Com’ que confirme Arnaud Jean, secrétaire CGT-Cheminots de Sète : « ça, c’est que de la Com’… Déjà, en ce qui concerne les cheminots, il est hors de question de saccager notre outil de travail. Ce n’est pas dans notre culture, là-dessus on peut rassurer la direction de la SNCF et comme vous le voyez aujourd’hui, il y a du monde, il n’y a personne sur les voies, il n’y a personne dans la gare. De toute façon vu le nombre de cheminots et vu le nombre de trains qui circulent, je ne vois pas ce que l’on aurait à faire sur les voies et dans la gare […] ce matin on avait les forces de l’ordre, les renseignements généraux devant la gare, mais ils sont repartis parce qu’ils se rendent bien compte qu’on n’est pas là pour tout casser, pour tout bruler contrairement à ce qu’on peut annoncer dans les médias… » Mais, semble-t-il, quelques incidents et actes de malveillance auraient été constatés dans la matinée, à Marseille et en Normandie notamment. La direction de la SNCF a indiqué qu’elle allait porter plainte.

Discussions avec E. Macron, quand il sortira du bois

Quant à Élisabeth Borne, la ministre des Transports, Arnaud Jean est clair :  » … nous la  CGT, on ne veut plus négocier avec elle. Il faut savoir que c’est tout de même l’ancienne directrice de la stratégie SNCF et c’est elle qui nous a mis dans cette situation depuis quelques années […] Aujourd’hui ! Nous, les discussions, c’est avec Édouard Philippe, et avec Emmanuel Macron parce qu’on pense qu’il sortira du bois à un moment donné ou un autre… « 

Explications de #VotAction, de la mobilisation qui se renforce et qui devient festive avec une macaronade, et d’une lutte à mener jusqu’au bout par les « derniers remparts » que sont les cheminots. ITW d’Arnaud Jean, secrétaire CGT-Cheminots de Sète :

À Montpellier, les cheminots étaient aussi mobilisés en début d’après-midi :

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