8 mai. La Seconde Guerre Mondiale fascine et effraye… C’est normal, elle est celle qui a atteint une forme de paroxysme dans l’horreur avec ses 50 à 60 millions de victimes, celle qui questionne le plus durement la nature humaine. C’est une forme extrême de guerre idéologique, de « guerre juste », une « croisade » dans toute son horreur historique. Oussama Ibn Mounqidh, prince syrien du XIIe siècle, dira bien des croisés : « tous ceux qui se sont renseignés sur les Franj [les croisés] ont vu en eux des bêtes qui ont la supériorité du courage et de l’ardeur au combat, mais aucune autre ». La Première Guerre Mondiale a laissé le goût d’une guerre absurde, anachronique selon les critères de notre temps, où les hommes meurent par millions, pour rien. Dans la Seconde Guerre Mondiale, toutes les morts paraissent justes, nécessaires, dans l’effroyable combat du bien contre le mal, où s’affrontent barbarie contre démocratie. Les victimes de cette guerre méritent à jamais notre respect. Mais cela suffit-il à ce que cette guerre prenne toute la place dans notre mémoire ?

Rien n’arrête la vague mémorielle qui, toute entière, se tourne vers un « devoir de mémoire », dès lors qu’il faut présenter romans,

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