Licenciements, dénonciations d’accords collectifs pour baisser les salaires, ou des augmentations ridicules et inexistantes, le progrès social s’évapore. Réformes à grandes vitesses. Boulimie du changement. Cadeaux aux uns, restrictions pour les autres.

C’est dans ce contexte que la CGT et Solidaires ont appelé les travailleurs tous secteurs confondus, comme ceux privés d’emploi, comme les retraités et les jeunes à une journée nationale de mobilisation interprofessionnelle ce jeudi 19 avril avec une envie assumée : installer une convergence des luttes.

Ils étaient pratiquement 2 300 selon la CGT à défiler aujourd’hui, dans les rues de Montpellier. SNCF, fonctionnaires, Ehpad, universités… avec des slogans scandés comme « Macron, patron des patrons » ou encore « Macron, pantin des patrons« . Le défilé avançait en nombre et en musique pour dire « ça suffit, stop à l’austérité, au chômage et à la précarité. »

Face à un usage des mots étrangement manipulatoire comme le renforcement du dialogue social qui pour la majorité des manifestants ressemble dans les faits à un renforcement de l’autorité de l’entreprise. Face aux réformes en cascades et aux ordonnances, la convergence des luttes avec un front syndical fort pourrait sembler une évidence. C’est pourtant sensiblement le contraire. Pour ce jeudi, les représentants de la CFDT et Force ouvrière avaient décidé de ne pas se joindre à cette journée de manifestation. À l’heure où l’action politique et l’action syndicale pourraient fusionner, la CFDT confirme sa non-présence à la manifestation unitaire du 1er mai. Idem pour l’idée d’une grande manifestation nationale commune, lancée par François Ruffin et prévue pour le 5 mai, c’est niet.

Même si l’on peut entrevoir quelques mobilisations « perso » décidées en dépit des consignes de certains états-majors. Cette disparité à venir des actions peut sembler étonnante, devant un gouvernement qui souhaite transformer complètement le modèle social français, tous secteurs confondus. L’ombre du projet de loi sur la formation professionnelle et l’assurance chômage qui prétend promouvoir « la liberté de choisir son avenir professionnel » et qui prend le risque de commercialiser l’accès à la formation arrive à grands pas. Muriel Pénicaud l’a annoncé pour le 27 avril prochain :  » je présenterai des mesures concrètes au conseil des ministres avec une ambition, permettre à chacun de se former tout au long de sa vie. » Autre combat, La CGT souhaite pouvoir s’opposer au plan Action Publique 2022 qui entre dans sa phase d’élaboration et de mise en oeuvre. L’organisation syndicale décrit ce plan ainsi : « il vise à saccager les services publics.« 

Aujourd’hui, dans le cortège, on pouvait noter le soutien des formations politiques : le NPA, le PCF et La France insoumise. À noter, la présence de Muriel Ressiguier, députée LFI de l’Hérault dans une ambiance bien différente de samedi dernier. Une manifestation qui n’a pas été squattée cette fois, par des groupuscules dissonants ou des individus non identifiés.

Reste à savoir si la volonté d’unir les mécontents et de faire converger les luttes est une chose encore possible ?