Pour la Journée Internationale contre les violences faites aux femmes du 25 novembre, les insoumis·es du 20ème arrondissement de Paris organisent une action à 10h30 au départ de la place Édith Piaf. Parallèlement, La France insoumise tient sa convention les 25 et 26 novembre à Clermont-Ferrand.

Alors même que des milliers de femmes ont pris la parole pour témoigner des violences qu’elles subissent et que le Premier ministre Édouard Philippe semble bannir l’usage de l’écriture épicène, dite écriture inclusive, le collectif « Féministes Insoumis·es » de lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes, au sein de La France insoumise, a été initié par l’ancienne candidate aux législatives sur la 6ème circonscription du Nord, Amandine FOUILLARD. Âgée d’à peine 23 ans, elle est une figure du renouvellement politique et l’une des animatrices du livret « Égalité femmes-hommes » : entretien.

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En préalable, que prévoit La France insoumise pour la Journée Internationale contre les violences faites aux femmes du 25 novembre ?

Il y aura des manifestations un petit peu partout en France. À Paris, les insoumis·es du 20ème arrondissement de Paris prévoient une marche action au départ de la place Édith Piaf, avant de rejoindre la manifestation unitaire contre les violences faites aux femmes, place de la République.

Comment peut-on définir le collectif « Féministes Insoumis·es » ?

« Féministes Insoumis·es » est pensé pour avoir un travail collectif sur les questions d’égalité femmes-hommes et une visibilité en interne et en externe. Nous sommes aussi là pour faire des veilles d’actualités politiques. Ce n’est pas une organisation interne, c’est un outil. On est là pour impulser des choses. On est aussi là pour que La France insoumise soit une organisation « safe » [NDLR : « sûr » en français] et qu’il n’y ait pas d’agresseurs en interne.

Amandine Fouillard – 24.09.17

La question de l’égalité femmes-hommes est aussi importante en interne, dans La France insoumise, qu’au niveau de la communication externe. C’est une question qui est très forte pour moi, personnellement, j’en ai fait une priorité dans ma vie et dans mon engagement politique. Mais aussi parce que le sexisme est une oppression systémique. Le sexisme nous touche toutes et tous.

Le collectif est totalement paritaire et mixte. Les hommes sont féministes aussi ! Les groupes de travail sont ouverts à toutes et tous, avec la création de groupes d’action par ville. Mais, il peut y avoir en interne des réunions non-mixtes, on peut notamment avoir besoin de se parler entre personnes de genre féminin, puisqu’on subit des choses que ne comprennent pas forcément les personnes non concernées.

L’objectif, c’est que ce soit quelque chose de présent sur le long terme. Construire une société plus égalitaire c’est quelque chose qui va mettre du temps, qui demande beaucoup de formation, d’éducation et de prise de conscience.

Vous avez effectué un « Tour de France » pour parler égalité entre les femmes et les hommes, notamment à Lyon, Paris ou encore Montpellier, quel en était le but ?

Le but était surtout de pouvoir montrer ce qui se met en place au sein de La France insoumise sur l’égalité femmes-hommes, voir ce qu’attendent les insoumis et insoumises un peu partout en France sur ces questions : plutôt des formations, plutôt des actions, mais aussi créer localement des groupes Féministes insoumis·es.

On n’a jamais eu autant de femmes à l’Assemblée nationale que depuis la vague En Marche, et Emmanuel Macron semble laisser une grande place à la lutte contre le sexisme dans sa politique, avec notamment une loi prévue à ce sujet en 2018.

C’est de la communication qu’a mis en place Macron. Il a dit que l’égalité femmes-hommes serait sa priorité, il a dit qu’il mettrait une femme première ministre. Je ne pense pas qu’Édouard Philippe a changé de sexe. Au lieu de mettre un ministère aux droits des femmes, il a mis un secrétariat d’État chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, a baissé le budget de ce secrétariat et également le budget aux associations, notamment aux associations d’aide aux victimes.

Oui, on est passé de 26 à 39% de femmes à l’Assemblée nationale. Pour autant, les interventions des femmes c’est 3% à l’Assemblée nationale. Là encore, c’est de la communication. On a mis des femmes, mais on n’a pas cherché à ce que les femmes aient un poids politique.

Sur la question de la pénalisation du harcèlement de rue par exemple, Marlène Schiappa [secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes] s’attaque à quelque chose que toutes les femmes vivent et qui est médiatisé. Le gouvernement s’y attaque car ça va lui apporter médiatiquement, alors qu’en parallèle, il enlève de l’argent aux associations qui viennent en aide aux victimes de harcèlement et de violence en général, ce qui est assez contradictoire. De même, Marlène Schiappa a parlé de main aux fesses pour définir le harcèlement de rue, or ça c’est une agression sexuelle. Le Président de la République a expliqué que cela se passait surtout dans les quartiers populaires, ce n’est pas vrai. Les femmes se font harceler dans la rue dans les quartiers populaires mais aussi dans les quartiers bourgeois, dans les centres-villes et par des personnes qui viennent de tous les horizons sociaux. C’est une question de communication. Si on voulait vraiment faire quelque chose contre le harcèlement de rue, c’est par l’éducation qu’il faudrait passer et par la formation des professionnels du Droit, des professionnels de santé, etc…

En somme, des éléments concrets qui étaient présents dans le livret « Égalité femmes-hommes » de La France insoumise et qui seront proposés par les député·e·s La France insoumise lors de la discussion de la loi en 2018.

Propos recueillis le lundi 20 novembre 2017

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