Catalogne – Si les séparatistes ont gagné leur référendum (avec 90% des voix), c’est surtout la monarchie espagnole qui a perdu son pari.

Plus de 5,5 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes dimanche 1er octobre pour se prononcer sur l’indépendance de la Catalogne.

Gérard Onesta, Président du Bureau de l’Assemblée du Conseil Régional d’Occitanie et seul observateur international français du scrutin décrit son déroulé ainsi : « envoyés sur place pour vérifier s’il y a des empêchements à la bonne tenue du scrutin. Et là, on a halluciné ! En plusieurs décennies, je n’ai jamais rien vu de pareil ! On a vu d’horribles scènes se dérouler à quelques mètres, sous nos yeux. Il y a trois ans presque jour pour jour, j’ai suivi la consultation citoyenne en Catalogne et à l’époque, j’ai vu des gens heureux. Aujourd’hui, j’ai vu des Catalans en larmes et en sang. Une dame âgée redoutait que mes collègues observateurs et moi quittions le bureau de vote, de peur que la police ne vienne s’emparer de l’urne pleine de bulletins. C’est inadmissible d’assister à ça en Europe aujourd’hui. »

Ce tour de force a fait plus de 800 blessés, Madrid et Barcelone se renvoyant la responsabilité des violences.

L’intervention violente du pouvoir espagnol, risque de donner des ailes aux indépendantistes catalans, qui ont tout au long de la journée pris à parti la communauté internationale.

Dimanche soir, le président régional catalan Carles Puigdemont a assuré à Barcelone, dans une allocution solennelle entouré du reste de l’exécutif régional : « Les citoyens de Catalogne, nous avons gagné le droit d’avoir un Etat indépendant qui prenne la forme d’une République ».

Au contraire, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy s’est félicité de ce que : « l’Etat de droit restait en vigueur avec toute sa force ».

Aujourd’hui est un nouveau jour pour l’Espagne, la Catalogne et l’Europe, mais qu’en feront-ils ? cela reste un mystère…

En France des rassemblements de soutien à la Catalogne auront lieu un peu partout, et à Montpellier : lundi 2 octobre à 18h devant le consulat d’Espagne.


Quelques dates clés :

  • En novembre 2014, suite à une consultation symbolique de la Catalogne, le « oui » à l’indépendance obtient 80 % des votes, mais le taux de participation plafonne à 33 % des inscrits, malgré l’interdiction de la Cour constitutionnelle.
  • En septembre 2015, à la suite des élections régionales, l’ensemble des partis indépendantistes, obtiennent 47,6 % des voix et deviennent majoritaires en sièges au Parlement catalan. Carles Puigdemont, devenu président de la région début 2016, annonce en juin 2017 la tenue d’un référendum d’autodétermination pour le 1er octobre.
  • Dès l’adoption par le Parlement catalan de la loi organisant le référendum, le gouvernement espagnol a demandé à la Cour constitutionnelle de suspendre cette loi, ce qu’elle a fait en attendant de se prononcer sur le fond.
  • Les 19 et 20 septembre 2017, face au refus de Barcelone de faire marche arrière, les forces de l’ordre ont décidé de saisir les près de 10 millions de bulletins de vote, ainsi que les convocations qui devaient être adressées à environ 45 000 assesseurs. Quatorze hauts responsables du gouvernement régional ont été arrêtés par la police et des amendes ont été infligées aux organisateurs du scrutin.
  • Par la suite, la présence policière a été renforcée et des mesures de rétorsion ont été prises par le gouvernement espagnol.