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Covid-19 oblige, désormais les ministres et secrétaires d’État rencontrent à distance, les commerçants et les Présidents de collectivités.

En tout cas, c’est ainsi que se tenait ce jeudi midi la rencontre, d’un côté, entre une douzaine de commerçants et représentants de commerçants  présents dans l’Hérault et de l’autre côté, Alain Griset et Nicolas Démoulin, député de la 8e circonscription de l’Hérault, dans les locaux de Bercy, à Paris. C’est d’ailleurs le parlementaire qui était à l’initiative de la rencontre 2.0 ! Compte-rendu.

Le point presse à distance avait été mis en place en début de semaine par les collaborateurs du député. « L’idée était de permettre un échange clair et spontané entre le ministre de tutelle et certains patrons d’entreprises de la circonscription du Député Démoulin, » avait fait savoir l’entourage du parlementaire. L’annonce a été respectée.

Bien conscient que « la période est très longue depuis les Gilets Jaunes, les manifestations contre la réforme des retraites et maintenant ce Covid depuis plus d’un an, » l’actuel locataire avait prévu une grosse heure de son agenda pour répondre à une poignée de commerçants héraultais triés sur le volet et tous installés physiquement sur le territoire de la circonscription du Député Nicolas Démoulin.

[VIDEO] Interview d’André Deljarry, Président de la Chambre de Commerce et de l’Industrie de l’Hérault :

Après les propos introductifs du parlementaire puis successivement d’André Deljarry, Président de la Chambre de Commerce et de l’Industrie de l’Hérault (CCi), de Grégory Blanvillain, Président de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) de l’Hérault et de Christian Poujol, patron des artisans de l’Hérault, les commerçants ont enfin pu prendre la parole.

« Les commerçants sont à terre. »

Le constat est unanime : « les commerçants sont à terre, » comme l’a reconnu d’elle-même Odette Daudé . « La majeure partie de mes adhérents sont à plat, sont au bout du bout, » a affirmé la Présidente de l’association des commerçants du cœur de ville de Montpellier.  Celle dont la boutique se situe pile en face de la Chambre de Commerce de l’Hérault n’a pas oublié d’entamer son propos en remerciant « pour son soutien constant et au quotidien d’André Deljarry, » Président de ladite Chambre.

Pour y répondre, l’actuel « co-locataire » de Bercy avec Bruno Le Maire a multiplié les arguments pour tenter de rassurer les commerçants héraultais. « Le Président Emmanuel Macron a fait le choix de soutenir l’économie. Je crois même que la France est un des pays qui aide le plus l’économie depuis le début de la crise, c’est-à-dire 13, 14 mois. Il ne faut pas l’oublier, » a affirmé Alain Griset avant de poursuivre en insistant sur le fait que « pour cela, de multiples aides et solutions ont pu être mises en place. »

Lesquelles ? « Les PGE sont en place. Depuis le début 660 000 ont été faits pour 135 milliards d’euros engagés. Le recours à l’activité partielle a été facilité, sauf erreur de ma part. Idem pour les reports de cotisations sociales qui, eux, sont toujours en place et sont faisables durant 3 années civiles. Enfin, le fonds de solidarité existe aussi, » a de lui même énuméré le ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises. Celui-ci a conclu son premier propos en assurant qu’il a donné consigne aux services de Bercy « pour aider au maximum ceux qui ont lancé leurs projets à la fin de l’année 2019, voire début 2020. Les entreprises créées jusqu’au 31/12/2020 seront prises en compte. » Les entrepreneurs concernés seront sûrement soulagés de l’apprendre.

Après ce propos introductif, les commerçants ont pu prendre la parole pour dire ce qu’ils avaient au fond du cœur.

« Nous sommes inquiets, sans avenir. Depuis les Gilets Jaunes, personne ne nous écoute. Depuis près de 30 mois (des Gilets Jaunes au troisième confinement dû à la Covid, NDLR), les aides ne sont pas à la hauteur. Nous ne sommes pas écoutés. Il faudrait que lors des fermetures sanitaires soient mis en place notamment des échéanciers pour planifier les paiements des factures des entreprises, ça soulagerait quelques entrepreneurs. Il faudrait aussi que les banques cessent de pomper des frais importants sur des sociétés qui sont déjà à terre, » supplie, à bout de nerfs, Marie Fabre, qui tient une boutique de prêt-à-porter dans le centre de Montpellier. Pas la première à prendre la parole, la commerçante ne cache pas qu’elle a « hâte de retrouver son travail au quotidien, comme bon nombre d’autres chefs de magasins, » dans l’Hérault.

Dans la même veine et encore un peu plus inquiète pour l’avenir, Annabelle Caruso, jeune entrepreneuse, a pu aussi échanger directement avec son ministre de tutelle. Et son constat est clair comme de l’eau de roche : rien n’est simple pour les très jeunes entrepreneurs. « J’ai ouvert mon institut de beauté à Frontignan au début de l’année 2020, le 14 janvier précisément. C’était peu de temps avant le premier confinement décidé par Emmanuel Macron. Moi, j’ai eu bien des difficultés suite à ça. J’ai pu obtenir des aides de l’intercommunalité, de la Région Occitanie. Cela a été bien difficile aussi. Rien n’est simple. J’ai finalement pu avoir accès au Fonds de Solidarité. J’ai eu aussi des difficultés lors du confinement juste avant Noël. Là, on me demandait les mêmes chiffres que lors du premier confinement. Or, entre temps, j’avais eu 6 à 8 mois d’activités. Il faudrait que les chiffres que l’on nous demande de fournir soient plus en lien avec la réalité du terrain. Cela peut paraître évident, mais cela n’est vraiment pas le cas en ce moment. »

Un constat de manque de réactivité par rapport à la réalité du terrain, qui est partagé par quelques autres commerçants. Un constat que ne partage pas l’actuel ministre délégué, originaire du nord de la France. « J’ai demandé aux services d’être bien plus réactifs sur ce sujet. Et clairement, comme je l’ai déjà dit, il faut aider ceux qui ont lancé leurs projets fin 2019, voir début 2020. Les entreprises créées jusqu’au 31/12/2020 seront prises en compte. »

Interrogé aussi sur la suite de l’année 2021, Alain Griset a affirmé que « dans les prochaines semaines, le Président Macron s’exprimera publiquement sur les perspectives de la poursuite de l’activité économique et ainsi fournir à vous tous [les commerçants comme les Présidents de Collectivités professionnelles], une lueur d’espoir pour la reprise économique dans l’Hérault comme dans le reste du pays. Je peux vous confirmer qu’une importante réunion a lieu ce jeudi soir sur ce sujet en présence d’Emmanuel Macron ». Pas sûr que ladite lueur d’espoir remonte le moral de commerçants qui, eux, vivent des heures et des semaines très compliquées.

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