Scooter (© Illustration)
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Une pétition a été lancée, à la suite de la verbalisation, par la municipalité de Montpellier de 17 livreurs de repas stationnant au cœur de l’Écusson dans la soirée du samedi 2 janvier 2021, entre 21h et 22h. Chacun est reparti avec une amende de 135 euros.

Lancée sur le site change.org, la pétition vise le Maire de Montpellier. À l’heure actuelle, presque 200 personnes exigent l’annulation de ces contraventions.

Pour justifier ces contraventions, c’est principalement le bruit des scooters qui est en cause. Comme le confirme le maire Michaël Delafosse, sur les réseaux sociaux : « Les scooters dans l’Ecusson, qui est une zone piétonne, sont interdits. Ils génèrent des nuisances sonores pour les habitants, sont dangereux pour les piétons. La police municipale est engagée, ici aussi, pour lutter contre ces infractions. »

Pour certains militants ces sanctions sont incompréhensibles : « C’est inacceptable, pour une Mairie qui se prétend de gauche, de s’en prendre à des jeunes en situation précaire. C’est inadmissible, surtout en ces temps actuels, de leur rendre la vie encore plus difficile », témoigne Annie Salsé, militante syndicale (CGT).

« Les livreurs qui sont des travailleurs précaires, et surtout des jeunes, dépendent des plateformes qui font des profits énormes sur leurs dos. Ils ont été arrêtés parce qu’ils faisaient trop de bruit dans le centre ville » explique Annie Salsé, à l’origine de cette pétition. « Les gens qui habitent en centre-ville se sont plaints du bruit des deux roues. Or, on ne peut pas leur reprocher de prendre des moyens qui sont plus pratiques que les vélos, qui vont un peu plus vite et qui leur permettraient de gagner un peu plus. »

« On larmoie sur le confinement des jeunes, l’impact psychologique et les conditions de la jeunesse et paradoxalement, on tape sur des personnes les plus vulnérables, qui travaillent dans le froid. » poursuit-elle.

La faute d’Uber Eats et Deliveroo ?

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« On en parle messieurs les managers ? » affirme Sébastien Cote, adjoint au maire de Montpellier et adjoint à la sécurité, dans l’un de ses tweets. Les livreurs arrêtés travaillaient pour Uber Eats et Delivroo.

Un utilisateur a retweeté la publication de Sébastien Cote. Il tague Uber Eats en demandant « mais ils ne sont pas censés être à vélo au départ ? ». La plateforme s’explique, dans la foulée : « les coursiers partenaires utilisant l’application Uber Eats, peuvent choisir d’effectuer leurs livraisons à vélo et à scooter. Il relève de leur responsabilité de se conformer à la réglementation en fonction du véhicule qu’ils utilisent. »

À la suite de ces explications, Annie Salsé poursuit : « On ne peut pas faire pression sur les plateformes, en tapant sur les salariés. Cela ne peut pas être aux salariés de payer les pots cassés. Les plateformes pour lesquelles travaillent ces jeunes sont des exploiteurs. Mais les jeunes doivent bien manger. Le problème est que la mairie ne s’attaque pas vraiment à ces plateformes qui font des profits, mais à ces jeunes. » 

Le respect du règlement cacherait-il une forme d’autoritarisme ?

À première vue, si le règlement impose un stationnement interdit dans l’Ecusson, il semble difficilement contestable de se positionner contre. Pourtant, à l’heure d’aujourd’hui la crise sanitaire a rendu la situation plus délicate.

Pour Robert Kissous, membre de l’association Rencontres Marx, la position est intenable : « Sur la place de la comédie oui, ça fait un mauvais effet de voir des travailleurs, car sinon la place est moins jolie, surtout à 19h 20h quand tout le monde est confiné chez soi et qu’il n’y a personne dans les rues. », ironise-t-il.  « C’est d’un ridicule. On a honte des travailleurs ? Il faut les cacher ? Ceci-dit, ça me choque qu’on dise que ce n’est pas la place des travailleurs d’être sur la place de la Comédie. »

« Il y a une forme d’autoritarisme qui veut s’exprimer au prétexte de « Il faut respecter le règlement ! » » Robert Kissous préconise la concertation et la discussion. « Il faut un peu d’empathie, un peu de compréhension face à ces jeunes qui cherchent à gagner leur vie, payer leurs études et leurs loyers.« 

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