C’était morne plaine, cet après-midi devant l’imposante église, située en plein cœur de la cité héraultaise. Et pourtant celle-ci est la cible d’une querelle cultuo-juridico-politique majeure ! Explications

« Le jugement du 3 novembre dernier, rendu par le Tribunal Administratif de Montpellier ne nous convient absolument pas. Clairement, c’est juste incompréhensible ! ». Les mots sont forts et sont tenus par Edwin Dalino, chercheur héraultais, travaillant au sein de l’Université Paul Valéry.

Près d’une semaine après la divulgation dudit jugement, la pilule ne passe toujours pas pour les proches de « La Libre Pensée ». Edwin Dalino en fait partie et il explique son avis sur la décision de justice.

« On confond un peu tout. Or, clairement, à notre époque, il ne faut pas confondre le culturel et le cultuel. Il ne faut pas confondre des retombées économiques avec un lieu de culte, connu de tous les Montpelliérains ».

Église Saint-Roch de Montpellier
Église Saint-Roch de Montpellier. Photo © Charles Dos Santos

Un petit rappel des faits s’impose : l’association « La Libre Pensée » avait déposé en 2018, un recours juridique en bonne et due forme, concernant précisément les financements prévus et la promotion du culte de Saint-Roch par la municipalité de Montpellier.

En 2018, le dépôt du recours est effectué contre la Ville. Beaucoup auraient de quoi s’étonner sur l’ancienneté de celui-ci. Mais à l’époque, le Maire s’appelle Philippe Saurel et il est de notoriété publique que lui comme plusieurs élus de son équipe, participent fièrement aux festivités estivales de la St-Roch ; véritable pèlerinage, rituel s’il en est, dans la vie théologique de la cité héraultaise. Avant de déposer un tel recours, un dialogue aurait pu s’instaurer entre « La Libre Pensée » et Philippe Saurel (ou des membres de son cabinet par exemple) pour trouver un terrain d’entente sur l’épineux sujet du financement des fêtes du mois d’août.

Un dial… quoi ? À entendre la réponse d’Edwin Dalino, joint ce lundi 9 novembre au téléphone, tout échange a été impossible. « Il n’y a eu aucune discussion possible avec l’ancien Maire de Montpellier. Et même mieux, il participait avec son écharpe tricolore chaque année, aux célébrations » rappelle le chercheur héraultais.

Depuis le 28 juin dernier, l’édile de Montpellier a changé. Michaël Delafosse a très largement remporté les élections municipales, distançant Philippe Saurel loin derrière lui au soir du second tour. Nouvel élu, nouvelle donne, nouveau souffle ? Pas vraiment, à en croire le dynamique chercheur. « Nous n’avons eu, à ce jour, aucun échange constructif, direct avec Michaël Delafosse, aucun. Ni quand il était candidat ni depuis qu’il est maire », affirme, serein, Edwin Dalino. Il reste un peu plus de 1800 jours de mandat pour que cela change.

En attendant, le jeune homme l’assure. « À la Libre Pensée, nous envisageons de déposer un recours dès les prochaines semaines auprès de la Cour Administrative d’Appel, à priori celle de Montpellier, contre le jugement du 3 novembre dernier. Et si nécessaire, nous irons à Paris, jusque devant le Conseil d’État ! ». L’annonce est sérieuse. Seul hic : « On n’a pas encore reçu le jugement en papier, par voie postale et on a appris ce jugement-là, comme tout le monde, par la presse locale», conclut Edwin Dalino.

On dit souvent que les voies du seigneur sont impénétrables, mais pour ce qui des invraisemblables lenteurs de La Poste, ça, les ecclésiastiques n’y peuvent rien !