[Communiqué de presse] Ouverture du Polygone, injuste et irresponsable !

Illustration (CR AM)

L’Union Départementale vient de découvrir avec stupeur que le préfet de  l’Hérault vient d’autoriser l’ouverture du Polygone le dimanche 18 octobre. 

Comment comprendre cette décision en pleine alerte COVID et la semaine  même de la mise en place du couvre-feu ?

Nous tenons à faire état de notre profonde colère.  

Nous rappelons notre opposition aux ouvertures dominicales des magasins. Le  dimanche doit être consacré à la vie familiale, à la vie culturelle, à la pratique sportive,  aux repas en famille et entre amis, mais il est vrai que ces activités-là doivent être  mises entre parenthèse et sont jugées dangereuses par le pouvoir. Les employeurs et  les pouvoirs publics viennent de prendre une décision qui expose les salariés et les  clients éventuels.

Nous appelons la population à faire preuve de civisme et de responsabilité, en  ne se rendant pas dimanche au Polygone !

Nous rappelons en outre que :

Rien n’a été dit dans l’allocution présidentielle quant à la prise de mesures  sanitaires répondant, d’une part, aux revendications des professionnels de la santé, du  médico-social et de l’action sociale, en lutte partout en France ;

  • création de 100 000 emplois au niveau national pour les hôpitaux, 200 000  pour les Ehpad et 100 000 pour le secteur du médico-social et de l’action sociale,  augmentation de salaire, ouverture de lits de réanimation dans les hôpitaux ;
  • et, d’autre part, à l’urgence de la situation avec une campagne de tests massive gratuits et des mesures protégeant le monde du travail prioritairement ; – masques gratuits fournis par les employeurs, réduction du temps d’exposition  avec réduction du temps de travail.

En effet, sur les 357 nouveaux foyers de contamination recensés la semaine  dernière, en France, plus du quart d’entre eux se trouvent sur les lieux de travail, dans  les entreprises ! Viennent, ensuite, le milieu scolaire et surtout les universités dont on  sait les conditions d’accueil des étudiants dans des amphithéâtres bondés et, en  troisième position, les établissements de santé, hôpitaux et cliniques qui représentent une contamination sur dix. Ce qui montre à quel point il est urgent de supprimer le jour de carence des fonctionnaires qui, malades, se rendent au travail malgré tout, pour ne pas être pénalisés.

Aucune des mesures prises ne répond à cet état de fait. Alors que le Code de  Santé Publique autorise déjà le ministre de la Santé à prendre des mesures d’urgence  en cas d’épidémie, le Président fait de nouveau le choix de l’état d’urgence sanitaire  généralisé à partir de vendredi à minuit, pour masquer les carences des pouvoirs  publics, en matière de politique de santé.

L’état d’urgence, arrivé à son terme le 11 juillet dernier, est réactivé, en lieu et  place d’une période transitoire qui devait courir jusqu’au 1er avril 2021.

Alors que le  défenseur des droits qualifiait déjà cette mesure de disproportionnée, l’état d’urgence  sanitaire va donner des pouvoirs exorbitants à l’exécutif et permettre la mise en place  de mesures liberticides.

Dans ce contexte, la mise en œuvre d’un « couvre-feu » imposé aux résidents de huit grandes métropoles, en plus d’être une atteinte aux libertés individuelles et  collectives, ne correspond pas aux mesures à prendre au préalable, concernant travail,  milieux scolaire et médical.

Au lieu de faire planer la responsabilité des nombreuses contaminations sur les  populations qui feraient prétendument passer leur liberté individuelle avant leur devoir  de citoyen, le Gouvernement serait mieux avisé de répondre au besoin de  renforcement de notre système de protection sociale solidaire.

CGT Hérault