Insécurité : sentiment de peur et d’anxiété, face à ce qui pourrait advenir. On parle aussi de climat d’insécurité. Les faits divers, et leur traitement alimentent ce sentiment. À Montpellier l’accent est mis sur la réussite des actions de police municipale. Une méthode pour renouer le contact avec les citoyens ?

C’est devenu une habitude, entre ce qui est faux, trompeur ou invérifiable, certains responsables politiques jouent avec les mots à coup de petits phrases injonctives capables de rendre l’atmosphère électrique. De « l’été Orange Mécanique » de Xavier Bertrand en référence au film de Stanley Kubrick, à un Nicolas Dupont-Aignan en statisticien douteux qui affirmait : « il y une agression gratuite toutes les 44 secondes dans notre pays, » en passant par un ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui semble s’inventer une mission « ya qu’à, faut qu’on » : « il faut stopper l’ensauvagement d’une certaine partie de la société. » Et en mixant le tout, avec la théâtralisation des faits divers, la lobotomie des électeurs et consommateurs peut réussir : à vérifier dans les urnes, prochainement.

Dans ce fatras de déclarations, à Montpellier, qu’en est-il ?

Insécurité, sécurité : à Montpellier, qu’en est-il ? Sébastien Cote, adjoint au maire, délégué à la protection de la population et François Villette collaborateur et chargé de mission au Cabinet du maire sont les deux hommes forts de la sécurité à Montpellier. Ils ont pris en charge la communication de la police municipale, une com’ qui n’existait pas pour montrer que : « oui ! il se passe des choses positives. »

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Police de proximité, de dialogue et de rencontre

En France, beaucoup se sont exprimés durant l’été sur le thème de l’insécurité. À Montpellier, c’est l’action sur le terrain qui a été privilégiée. “La police municipale, c’est avant tout une police de proximité, de dialogue et de rencontre,” explique Sébastien Cote.

Une politique de lien et de connexion avec la population a été mise en place en centre-ville dans un premier temps. Le PC mobile qui en témoigne a déjà fait ses preuves, et a été capable d’agir et de se synchroniser avec les différentes forces de police. À moyen terme, la police municipale sera réorganisée avec “une territorialisation plus fine par quartier” pour avoir rapidement une force opérationnelle, c’est-à-dire “une véritable police de terrain, de proximité,” précise Sébastien Cote. En parallèle, la Ville promet une police des transports associée à la mise en place de gratuité pour les résidents de la métropole, de leurs transports en commun.

ITW Sébastien Cote, adjoint au maire de Montpellier, délégué à la protection de la population, la tranquillité publique, les affaires militaires : 

Outils numériques et interaction avec la population

À terme, la police municipale va bénéficier d’outils numériques adaptés en lien avec les réseaux sociaux pour communiquer certes, mais aussi pour établir une véritable interaction avec les Montpelliéraines et les Montpelliérains.

Pour Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS invité par Michaël Delafosse, alors en campagne en mars 2019, avoir une police où existe « une recherche systématique du dialogue, de l’interaction et du renseignement, » c’est avoir une police de proximité capable d’agir vite. C’est l’objectif de Sébastien Cote, délégué à la protection de la population.

Effectifs de police nationale insuffisants

21 août, Michaël Delafosse a écrit à Gérald Darmanin pour lui demander plus de moyens. Le maire de Montpellier pense que les effectifs de la police nationale sont « insuffisants au regard de l’accroissement de la population sans précédent et sans équivalent. » Si Montpellier a su en quelques semaines installer une nouvelle dynamique en matière de sécurité restent les chiffres en augmentation : la petite délinquance a progressé d’un peu plus de 7% en 2019. Et, « aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin de sentir que l’État est à nos côtés avec des moyens supplémentaires pour assurer la police de la sécurité du quotidien » affirme le maire et président de la métropole, dans son courrier cosigné par les parlementaires de l’Hérault : Marie-Thérèse Bruguière, Henri Cabanel, Agnès Constant, Nicolas Démoulin, Coralie Dubost, Jean-Pierre Grand, Muriel Ressiguier, Patrick Vignal.

Sébastien Cote tient à rappeler avec sa délégation : « nous serons toujours présents pour lutter contre tous ceux qui enfreignent le droit, qui enfreignent la règle. Ça c’est du court terme et du moyen terme. Pour le long terme, je crois effectivement aux vertus de l’éducation pour lutter contre l’insécurité.« 

Montpellier sécurité : autre axe de développement, le Conseil des droits et des devoirs des familles obligatoires dans les villes de plus de 50.000 habitants, et qui pour l’heure n’existe pas, va bientôt voir le jour. Travail sur l’objectivité aussi, avec la recherche et les universités pour « des enquêtes de victimation […] savoir exactement, quels sont les problèmes réels des Montpelliérains. Et quand on aura ce diagnostic, on pourra agir sur les bons leviers, » explique Sébatien Cote.