[VIDEO & ITW] Avec ses cafés débats, et son engagement, Michaël Delafosse Président du groupe d’opposition « la Gauche pour Montpellier », souhaite motiver une ambition collective en mettant le cap sur l’apaisement.

Michaël Delafosse a le sens du détail et du symbole. Son mouvement citoyen, Destins Montpelliérains a été lancé le 26 mai 2018, jour de la grande marée populaire. Aussi, question sécurité, il aura choisi le 14 février dernier, jour de la Saint-Valentin, clin d’oeil possible pour renforcer une histoire d’amour avec les habitants de la ville. Pour échanger sur l’avenir de la mobilité de Montpellier et de la métropole, il aura choisi le 15 mars, jour de grève mondiale des élèves pour le climat, veille de la mobilisation pour les mobilités actives, et de la grande marche pour le climat.

Un timing qui démontre une volonté d’harmoniser le réel avec un espace démocratique, et de se donner toutes les chances d’organiser un avenir apaisé pour la cité.

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Sécurité, rétablir le lien

C’était l’invité du 14 février dernier : Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, et auteur du livre « Vous êtes filmés ! » une enquête sur le bluff de la vidéosurveillance. Très attentif à la compréhension de la délinquance, de la criminalité, et du banditisme, il expliquera qu’en France nous ne faisons que croiser notre police. Le contact n’existe pas ou peu. Et il précise : « nous n’avons pas de police de proximité. Une police qui doit prendre en compte un territoire limité, pour gérer les problèmes du quotidien. Durablement, avec une recherche systématique du dialogue, de l’interactivité, et du renseignement. » Pour Laurent Mucchielli, une police efficace est une police proche de la population.

Concernant la vidéo surveillance, il confirme : « même si elle peut sécuriser un lieu, elle ne fait que déplacer le problème ». Quant à l’évaluation de son efficacité d’anticipation, Laurent Mucchielli est assez pessimiste : « c’est censé nous protéger […] est-ce que nous sommes mieux protégés du terrorisme ? Non ! C’est une blague, une escroquerie […] on a juste des images à regarder, une fois que tout le monde est mort. » Et il donnera comme exemple l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, une ville aux 2300 caméras de surveillance.

De la vidéo surveillance, à la vidéo de verbalisation

Selon Laurent Mucchielli, côté délinquance aussi, il n’y a pas d’anticipation réellement possible avec cet outil. C’est après coup que la vidéo peut s’avérer éventuellement utile, dans la coordination de l’intervention des différentes forces de l’ordre. Mais pour ce directeur de recherche au CNRS : « dans toutes les grandes villes et villes moyennes, on observe un détournement progressif du système pour une utilisation de la verbalisation des usagers. » Il parlera alors, chiffres pour faire comprendre l’orientation prise vers la vidéo de verbalisation. L’exemple de Marseille et de ses commissariats qui gèrent 60 000 affaires dans l’année. La vidéo surveillance a permis de résoudre à peine une centaine d’affaires, mais en revanche la vidéo de verbalisation a opéré 36 000 PV.

Montpellier, à écouter certains personnels de sécurité, selon Michaël Delafosse : « ils n’ont pas le sentiment d’être là, où ils devraient être. » Témoignage que lui avait confié l’un d’entre eux, alors qu’il contrôlait l’élu après son passage d’un portique de sécurité. Les questions du « vivre ensemble », sont au centre de l’équilibre d’une cité. Et dans un esprit plus philosophique, le président du groupe d’opposition « la Gauche pour Montpellier » précisera en faisant allusion à la majorité encore en place jusqu’en 2020 : « si un élu devient vulgaire, tout le monde devient vulgaire […] je pense que la démocratie est la plus belle ambition de l’humanité, elle permet de domestiquer les formes de violences. » Quand aux résultats sur la sécurité de la ville aujourd’hui, il s’exprimera ainsi : « ceux qui font du bruit de bottes et de l’autoritarisme, est-ce qu’ils règlent les problèmes, assurément non ! »

« Le tout automobile est en train de craquer »

Repenser la mobilité pour tous. L’idée centrale : c’est que chacun doit pouvoir trouver sa place. Vélo, transports en commun, et automobile : « il ne s’agit pas de bannir la voiture, » affirme Frédéric Héran, économiste et urbaniste, maître de conférences à l’Université de Lille 1, auteur du livre : « Le retour de la bicyclette », une histoire des déplacements urbains en Europe, de 1817 à 2050.

Étalement urbain, pollution, et santé qui se dégrade, l’environnement s’abîme. L’ensemble des effets de la voiture provoque des nuisances importantes. « Et si, on réfléchissait à une cohérence de la politique du déplacement ? » propose Frédéric Héran. L’économiste aime à bousculer les idées reçues : « la gratuité des transports publics est une mauvaise idée. » Certes, il précisera qu’ils peuvent être gratuits pour les personnes à mobilité réduite et les personnes les plus démunies. Mais pour les autres, cela aura pour résultat de « saturer des réseaux de transports publics autrement plus coûteux que des aménagements cyclables. » Autre risque : démotiver un grand nombre d’habitants à ne plus pratiquer la marche ou utiliser le vélo pour leur déplacement, une habitude bénéfique pour la santé, comme pour l’environnement. Il y a une réalité pour Frédéric Héran : « vous avez en France des élus vélophobes… »

La marche, le vélo, toutes les mobilités douces et actives, le transport public, le covoiturage et l’automobile individuelle, une hiérarchisation qui est en débat dans les cités du monde entier. Et à Montpellier ? Y aurait-il une densification qui n’aurait pas étudié en amont, la qualité et la justesse des déplacements ? Pour Michaël Delafosse : « il faut construire la ville des proximités. Il faut non pas une transition, mais une rupture. Il faut rompre avec les modèles d’extensions commerciales en périphérie. »

Rassembler au-delà de sa famille politique

L’objectif de Michaël Delafosse : rassembler au-delà de sa famille politique. Projet ambitieux, et possible avec sa plateforme : Destins Montpelliérains. L’idée, ouvrir à tous les habitants de la ville, l’opportunité de s’impliquer et de relever les défis de demain.

Interview :

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