Ils étaient des dizaines ce mardi 26 mai, réunis devant le monument aux morts du CHU de Montpellier, pour rendre hommage à tous ceux en première ligne de cette crise sanitaire qui ont été contaminés, ou sont décédés.

« Nos conditions de travail sont vos conditions de vie »

Rassemblés de 14h00 à 14h30 devant le monument aux morts du CHU Saint-Éloi de Montpellier, pour un hommage, oui ! Mais soignants, et personnels hospitaliers étaient aussi là, pour alerter sur leurs conditions de travail. « Nos conditions de travail sont vos conditions de vie, » a déclaré Rémy Ruiz, infirmier anesthésiste. 

Image forte, comme un miroir sans déformation possible pour expliquer que « mourir sans avoir eu toutes les chances que l’on est en droit d’attendre des progrès de la science et des techniques, sans avoir pu bénéficier du meilleur … C’est encore une fois injuste. »

Interview de Rémy Ruiz, infirmier anesthésiste CGT CHU Montpellier :

Rémy Ruiz précisera aussi : « ne pas s’en sortir parce que les tests et les lits manquent. Parce que cela oblige à prendre des décisions difficiles, et à faire des choix moralement ambigus : est-ce que ça vaut le coup, de transférer Mme X en réanimation ? La question est pour qui ? Pour lui éviter des souffrances, si l’épilogue est connu, ou pour l’occupation du lit et peut-être le laisser à quelqu’un avec plus de chances. Ces soignants comme le reste des patients sont devenus des statistiques, des dossiers à classer et ordonner, mais leur a-t-on donné à tous l’intégralité de leur possibilité de guérir ? »

Cet infirmier anesthésiste de Montpellier a été atteint par ce coronavirus. Aujourd’hui, il est très touché, de ne pas pouvoir citer ses collègues pour leur rendre hommage. Rémy Ruiz l’explique ainsi : « pourtant, le COVID19 est une maladie à déclaration obligatoire. L’état sait exactement combien d’hospitaliers ont été touchés. Je ne peux pas, à mon grand désespoir, leur rendre hommage nominativement, j’ai su la perte de collègues dans mon propre métier, ou d’autres, médicaux, paramédicaux, administratifs et agents techniques des hôpitaux, un peu partout sur le territoire. Je vous demande donc de considérer ces destins anonymes, mais profondément hospitaliers partis bien tôt, en observant tous ensemble une minute de recueillement. »

Après cet hommage, les applaudissements se sont fait entendre, en « silence, » sans cris, respectueux. Puis en rythme, comme un rappel, intense, émouvant, mais certains acteurs de cette première ligne ne pouvaient y répondre, ils sont décédés du COVID19.

#MardisDeLaColère, les usagers sont invités à se joindre au mouvement qui doit se poursuivre tous les mardis, jusqu’au 16 juin. Pour cette première, on pouvait noter la présence des syndicats, de la députée de l’Hérault Muriel Ressiguier, et de certains Gilets Jaunes.