J’invite les avocats montpelliérains à discerner ce qui relève de la politique nationale et les enjeux locaux d’une campagne municipale. 

Cette intrusion de la politique nationale dans une campagne municipale est une grande première venant d’une corporation qui rappelle – à juste titre – son histoire dans la construction de notre démocratie et son rôle dans le débat public.

Je connais les raisons de leur colère. Les avocats s’opposent à la réforme des retraites au motif que l’intégration de leur régime autonome dans le régime universel leur est défavorable.

Résolutions, motions, grève, manifestations, les moyens à leur disposition pour faire valoir leur refus de cette réforme ne manquent pas. Les avocats le savent bien, ce sont des acteurs essentiels de notre démocratie. Et quoi de plus normal en démocratie que d’utiliser les moyens qu’elle met à la disposition de ses citoyens, de ses corporations, de ses corps intermédiaires pour se faire entendre.

Rien ne me choque dans l’opposition des avocats à la réforme de leur régime de retraite. J’ai fait connaître ma position sur ce sujet auprès du Barreau de Montpellier, auprès du Bâtonnier Remy Levy, je me suis rendu au Palais de Justice le 22 janvier dernier sans me dérober et j’ai porté leur demande auprès du Premier Ministre, Edouard Philippe et de la Garde des sceaux, Ministre de la Justice Nicole Beloubet.

Ce qui me choque, c’est le mélange des genres.

Ce qui me choque c’est de voir des avocats se transformer en procureurs pour requérir contre un candidat aux élections locales au nom d’intérêts corporatistes. Je les cite « LREM ne passera pas à Montpellier, suivi du #LREM ».

Cette confusion entre national et local n’est utile, ni à la démocratie ni aux électeurs montpelliérains déjà privés d’un débat avec le premier magistrat de la ville. Et il me semble que les avocats pourraient s’emparer du sujet de notre démocratie locale bâillonnée. Voilà de quoi exercer les droits de la défense.

Patrick Vignal