Polanski, ou l’éternelle mascarade

Et si l’actualité avait pour seul objet de nous distraire et de nous abêtir ? Votre opinion, mesdames et messieurs, les élites s’en contrefichent. Vous et moi n’avons aucun pouvoir, sinon d’observer, et d’obéir. Ces sujets de réflexion qu’on jette en pâture à nos esprits assoupis ne valent rien. Ils constituent des mécanismes absurdes, menant la pensée dans un labyrinthe sans issue.

Quelle(s) affaire(s) Polanski ? En 1968 déjà, son film Rosemary’s baby mettait en scène un acteur devant se livrer à des pratiques sataniques pour accéder au succès. Plus récemment, Tarantino – dont les œuvres suintent le subliminal – rend hommage au réalisateur maudit dans Once upon a time in Hollywood. Sous-jacent dans l’ensemble du film, la figure de Polanski y apparaît au début et à la fin, affublée d’un costume sixties clownesque. Le personnage joué par Brad Pitt présente la singularité d’avoir tué sa femme en toute impunité. Il se fait draguer par une adolescente, qui lui fait une proposition sexuelle on ne peut plus directe. Cynisme, croyez-vous ? Oui. On nous prend pour des chiens. 

Les César font partie du cinéma. Polanski prétendant à douze récompenses, en pleine période post Weinstein et Epstein,… Ne s’agit-il pas d’une fiction ? D’un mauvais Vaudeville ? Comme aux Oscars états-uniens, l’humoriste de service y fait mine de dénoncer, tout en contribuant allègrement au système. Au-delà des César, que penser du positionnement de Jean Dujardin, et de l’ensemble des comédiens participant aux réalisations de Polanski ? En vérité, il n’est rien à en penser. Ces maelströms médiatiques n’ont d’autre dessein que de nous inférioriser intellectuellement. Et de renforcer notre (légitime) sentiment d’impuissance. 

Ce procédé, de tout temps exercé par les régnants, est exprimé par le légendaire bouffon du roi. Diversion, divertissement, et autres moqueries imposées en tant que sujets sérieux et faits d’actualité. Dans d’autres mythologies (comme le Mahabharata indien), le roi représente l’aveuglement et l’esclavage mental. César lui-même, n’est-il pas associé au cirque ? Polanski est effectivement un roman. Une œuvre psychologique imposée à nos esprits désœuvrés. Qui n’en a pas conscience, se prenant au jeu politico-médiatique sans plus de discernement, confond réalité et fiction.