Littéralement le mot solstice signifie « s’établir dans la lumière ». Cette atmosphère de fin de cycle ressentie lors des derniers jours de décembre provient de l’influence des astres, et d’un alignement stellaire unique dans l’année.

Le solstice d’hiver, séparé de trois jours d’une célébration ancestrale devenue fête de Noël, a été nommé pour être compris. Il invite à méditer sur le sens de notre existence. Étendre la lumière dans notre esprit, à l’égal du soleil allongeant les journées.

Reconnaître le grossier, et le transformer en subtil

Si les dieux sont des géants ; si l’éléphant Ganesh est affublé d’obésité, à l’égal du Bouddha réjoui. Si les récits initiatiques de Rabelais imaginent un héros obèse, et des épopées grotesques… C’est que telle est la teneur de l’illusion. Nous devrions reconnaître le grossier, et le transformer en subtil. Dans notre monde, tout est réalité. Rien n’est caché. Mais nous sommes enfermé(e)s dans notre propre connaissance. Notre esprit normé ne sait plus mesurer l’importance d’une réflexion fondamentale sur la nature et la condition humaines, essence de la réalisation spirituelle à laquelle peut aspirer tout être humain.

Qui ose encore affirmer que les clés du savoir résident dans les textes sacrés ? Nous avons été découragés par le sens perverti conféré aux livres saints, œuvre des religions d’État. Si nous nous intéressions à l’épisode de la genèse, nous saisirions l’intérêt du solstice, et du phénomène de réflexion qui devrait accompagner notre ressenti lors d’une telle période. L’arbre de la connaissance représente en réalité la croyance au bien et au mal. Incompris, ces concepts suffisent à fausser l’ensemble de nos raisonnements.

Les chapelets des moines bouddhistes ou des swamis hindous expriment le mal. Appelés « mala » en sanskrit, ils symbolisent la connaissance cachée devant être éclairée par le soleil de l’esprit, représenté par les cent huit perles. Mala devint « mélas » en grec, qui signifie « noir ». Le mal est en réalité ce que notre esprit ne parvient pas à admettre. Le savoir refoulé devient inconscient, figuré dans les traditions spirituelles par le démon ou les ténèbres.

L’authentique méditation

Les trois rois mages, la trinité chrétienne ou la trimurti indienne ont une origine céleste. Après le solstice, la stabilité particulière du soleil et des constellations durant trois jours donna naissance à cette omniprésente symbolique du trois, considéré comme le chiffre de Dieu. Toutes les réponses que nous cherchons résident dans ces représentations millénaires. Leur sens caché constitue l’authentique méditation. Elle nous emmène dans les sphères célestes, nous fait réfléchir sur la nature, puis par la symbolique, nous ramène à notre nature.