Perdu, le sens des pratiques et des fêtes religieuses. Liberté de croyance certes ; mais s’agit-il encore de liberté lorsque tout discernement fait défaut ? Plus qu’elles n’alimentent une foi aveugle, les périodes spirituelles importantes favorisent la réflexion et l’entendement.

Le jeûne de Ramadan correspond au neuvième mois du calendrier hégirien. Le chiffre neuf symbolise l’ermite, être spirituel réalisé, seul en son monde intérieur. Durant ce mois lunaire, les adeptes s’abstiennent de boire, de manger, de fumer ou d’avoir des relations sexuelles de l’aube au coucher du soleil. Dans la sphère de l’esprit, le soleil symbolise le connu et la lune le caché. Boire et manger durant la journée signifie réfléchir à ce qui est déjà su. Jeûner le jour et se nourrir la nuit évoque la nécessité de méditer sur des sujets peu notoires.

La fumée indique l’origine de ce qui brûle, de ce qui nous dérange intérieurement. La sexualité est une allégorie du pouvoir créateur de chacun(e), celui de créer son existence propre à partir d’une pensée libre et autonome, exempte d’influences. Ces symboliques prennent corps durant un cycle lunaire. Le cycle, comme l’année (anneau) représente le temps, vecteur d’oubli. La lune, astre qui éclaire nos nuits, rassemble les pensées éparpillées et met en lumière le savoir inconscient.

La période de Ramadan invite à méditer sur le savoir caché. Cette lecture mystique ou exégétique du sacré se vérifie par l’étude comparée des différentes voies spirituelles qui, convenablement lues, constituent une religion unique et universelle. D’ailleurs les connaisseurs de l’Inde remarqueront une forte similitude entre Ramadan et le Ramayana, mythe de Ram, le dieu archétypal. Et dans l’Islam, haràm (a-ram) désigne à la fois l’interdit et la terre sainte.