Un manifeste progressiste écrit par deux anciens conseillers d’Emmanuel Macron, Ismaël Emelien et David Amiel. Un livre étonnant pour des hommes sur lesquels d’une certaine façon : le ciel est tombé sur la tête. 176 pages et 15 euros, pour comprendre ou pas que « le progrès ne tombe pas du ciel. » (Fayard)

Dans une communication de crise, la gestion de l’image, c’est comme la gestion de l’e-réputation. Soit, on est en capacité de la nettoyer, de l’effacer et de la renouveler, soit on tente de la noyer en faisant de la surproduction de contenu, en espérant que les publications numériques indésirables ne referont pas surface.

Les stratèges de Macron s’expliquent, un couac de COM ?

Sur le bandeau qui ceint le corps du livre, on peut lire : « les stratèges de Macron s’expliquent. » Justifier sa démission de l’Élysée par la sortie d’un livre ou pire d’un manifeste qui par définition est une déclaration écrite et solennelle, qui expose les objectifs, et les idées d’une personnalité ou d’un groupe ressemble plutôt à un couac de COM.

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Les deux fantômes de l’Élysée

Le mercredi 27 mars 2019 paraît en librairie « Le progrès ne tombe pas du ciel », de David Amiel et Ismaël Emelien, livre dit-on : relu par Emmanuel Macron. Pour rappel, Ismaël Emelien, mis en cause dans l’affaire Benalla, a été entendu par l’Inspection générale de la police, et a précisé sur France Inter : ne pas penser être mis en examen.

6 chapitres à lire ou à zapper, au choix. 1, les fantômes de l’Ancien Monde. 2, la société de la frustration. 3, la maximisation des possibles. 4, il y a davantage de possibles quand on agit ensemble. 5, commencer par le bas. Note : les chapitres 3,4 et 5 sont définis comme les trois principes du progressisme. Et enfin le chapitre 6, le suicide du populisme, puis autres conclusions, annexes et remerciements.

Il y avait « Révolution » écrit par Emmanuel Macron, mais il manquait à construire la « véritable » idéologie En Marche. Ismael Emelien et David Amiel tentent de définir par la notion de progrès, la doctrine d’un mouvement né sur le dos de partis politiques à l’image ruinée. Ils laissent le sentiment de ne modifier que le packaging d’idées déjà en ruines. Une quête de sens compliquée à deux mois des élections européennes pour donner de la profondeur à un élément de langage passe partout : le progressisme.

Chez Bourdin

Les deux auteurs ont tous les deux quitté l’Élysée lundi 25 mars. Le 27, l’un d’eux était l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC qui lui demande : « votre départ n’a aucun rapport avec l’affaire Benalla, les yeux dans les yeux ? » « J’aurais pas fait un livre pour venir en parler avec Jean-Jacques Bourdin, » répondra Ismaël Emilien.

« La vie ne reprendra pas son cours comme avant »

Bourdin demandera si Macron et Benalla communiquent encore. Emelien répondra, en s’en disant certain : « qu’ils n’échangent plus, et qu’ils n’ont plus de liens entre eux. » Il réussira à s’égarer sur quelques confidences concernant Alexandre Benalla : « il est assez extraverti […] il y a des éléments sur lesquels on a découvert apparemment, qu’il avait menti. »

Puis à propos de l’après-Grand-Débat : « il (Emmanuel Macron) l‘a dit devant des millions des Français, la vie ne reprendra pas son cours comme avant. »

Et à la question, si Emmanuel Macron se représente en 2022, Ismaël Émelien prend une posture à la François Hollande : « Si on ne réussit pas, on n’y pensera même pas »

« Le progrès ne tombe pas du ciel. » Ed. Fayard. David Amiel et Ismaël Emelien 176 pages. 15 euros.

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