Mis à jour le 19 février 2019 à 13h30

Une recette toute prête pour tomber amoureux ? Un moyen pour dominer ses émotions ? Que peut bien vous apporter « Comment tomber amoureux d’un parfait inconnu, en 36 questions (et 4 minutes de silence) » de Mandy Len Catron aux éditions Massot ?

Un miracle en 36 questions ? Voilà qui peut sembler quelque peu curieux au premier abord, mais si Mandy Len Catron, l’autrice de ce « guide » y est arrivée pourquoi pas nous, me direz vous ?

Surtout qu’elle partage encore aujourd’hui sa vie avec ce quasi-inconnu, croisé à la salle de sport. Elle en a même tiré un essai à la fois sérieux et grand public à découvrir pour la Saint-Valentin.

« Comment le cours d’une histoire peut-il changer aussi brutalement ? »

À mi-chemin entre le récit initiatique et le journal intime, cet essai cherche a remettre en question ces chemins tout tracés que l’on présente à tort comme du bon sens et les mythologies qu’ils drainent.

« Peut-être que s’ils en avaient eu l’occasion, Roméo et Juliette ou Didon et Énée auraient eux aussi dîné dans un silence de plomb. »

L’essai qui s’ouvre sur la rupture amoureuse de l’autrice, à la veille de la trentaine, invoque tour à tour : la rencontre de ses parents et leur divorce après vingt-huit ans de vie commune et deux enfants, la relation amoureuse de sa grand-mère, mère de huit enfants, mariée à 15 ans à un ancien soldat de deux fois son âge, et sa rencontre avec son premier véritable compagnon avant le « miracle en 36 questions ».

« Il ne s’agissait pas de choisir la bonne personne, mais plutôt d’être bonne avec la personne que j’avais choisie. »

Des moments familiaux et personnels que Mandy Len Carton utilise pour dresser un portrait sans concessions d’elle-même, de ses aspirations et de son rapport à l’ascension progressive par sa famille de la pyramide des besoins. En somme, se décrire, se déconstruire, pour nous aider à mieux nous construire.

« Je voulais raconter une jolie petite histoire bien ficelée. Me convaincre que j’avais trouvé la bonne personne et que l’amour avait été une évidence. »

À mesure que l’essai se déploie, l’autrice présente une vision dépassionnée et rationalisée de l’amour, trop souvent fantasmé au goût de l’auteur par des humains « accro à la fiction », qui oublie « les plaisirs du célibat », et que « les ruptures n’ont parfois aucune explication satisfaisante ».

« Voilà ce que j’ai appris à la place : la plupart d’entre nous méritent d’être aimés et le seront, si l’on en croit les statistiques. Et cet amour nous rendra heureux – au moins pour quelque temps. »

« En accordant autant d’importance à la rencontre et au destin, on oubliait qu’il fallait faire des efforts pour que la magie opère entre deux inconnus. »

Il faut attendre la fin de l’essai, pour que l’autrice revienne réellement sur son expérience de la méthodologie du Dr Arthur Aron.

« le principe était grosso modo le suivant : un homme et une femme hétérosexuels sont invités à pénétrer dans un laboratoire pas deux portes distinctes. Il est dit à chacun que l’autre personne est très enthousiaste à l’idée de faire cette rencontre. Une fois à l’intérieur, ils s’installent face à face et passent 90 minutes à se poser des questions de plus en plus personnelles. Il leur est ensuite demandé de se regarder dans les yeux, en silence, pendant quatre minutes. »

Mais, comme pour beaucoup de belles histoires, ce n’est pas tant la destination qui compte, mais le chemin qui y amène, et Mandy Len Carton, en excellente conteuse, nous fait partager son expérience avec intelligence et subtilité.

Un essai à conseiller et/ou faire découvrir à toutes celles et ceux qui s’interrogent sur l’amour à quelques jours de la Saint-Valentin, et peut-être, et tout est dans le peut-être, qu’ils y découvriront le guide de leurs prochaines grandes histoires d’amour…

Mandy Len Catron, Comment tomber amoureux d’un parfait inconnu, en 36 questions (et 4 minutes de silence), 304 pages, Massot Éditions , disponible depuis le 7 février.