Le festival a été créé il y a 17 ans par Henri de Latour, réalisateur de documentaires. Il souhaitait organiser un festival dans son village d’origine à Lasalle.

L’idée était d’utiliser ce lieu isolé et sympathique pour un festival avec 100% de documentaires et pas de palmarès, ce qui permet de mettre en avant les échanges avec le public, sans stress et en toute liberté. Cela a tout de suite fonctionné et crée un engouement.

Aujourd’hui c’est le principal festival de documentaires de la Région Occitanie. C’est un festival apprécié des réalisateurs pour sa convivialité, renforcée par la qualité de l’accueil des habitants et le sérieux des organisateurs. Les sujets du festival sont « engagés ». Mais comme le précise Guilhem BROUILLET, coordinateur du réseau Doc-Cévennes : « Ce n’est pas un catalogue de films militants, mais des films qui permettent un questionnement sur la société ».

La programmation se fait via un comité de présélection qui reçoit plus de 300 films par an et qui choisit ceux qui seront projetés, mais aussi en s’appuyant sur des partenariats :

  • Avec l’IRIS EHESS (institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux) qui réunit une soixantaine de chercheurs et plus de cent doctorants : pour cette édition, six chercheurs du CNRS ont eu carte blanche pour sélectionner des films en lien avec leurs travaux de recherche.
  • Écrans de Chine qui propose cette année un focus Chine avec des documentaires chinois.
  • Une co-programmation avec le RIDM (Rencontres internationales du documentaire de Montréal) qui propose cette année un focus Québec

Cette année plus de 60 films et autant d’invités participent à ce festival qui a généré en 2017 plus de 7.000 entrées. Mais le festival international du documentaire de Lasalle propose aussi des soirées musicales pour sortir du sérieux des documentaires et décompresser avec des moments festifs.

Guilhem BROUILLET nous a dit : « dans le documentaire personne n’est connu ! »

Peut-être, mais le festival de Lasalle propose beaucoup de films inédits, de premières mondiales et de premières françaises, il est aussi le rendez-vous de personnalités déjà reconnues. Bruno Dequen (Directeur de la programmation du RIDM), Sangoma Everett (Jazzman qui est le personnage du documentaire « A Great  Day in Paris »), Antuanetta Mishchenko (Pianiste qui vient présenter le film « Piano » et qui est la pianiste qui jouait jour et nuit sur la Place Maïden à Kiev lors de la Révolution), Pierre Carles (ses films « Enfin pris ? » et « Volem Rien foutre al païs » y sont projetés) sont ainsi présentes cette année.

La programmation propose des films suscitant beaucoup d’émotion, tant à partir de sujets légers (par ex : « La rivière cachée » de Jean-François Lesage, qui s’intéresse aux personnes qui fréquentent les bords d’une rivière perdue à 10h de route de Montréal, au Québec) que de sujets graves (par ex : « Manic » de Kalina Bertin sur son histoire familiale difficile en lien avec des problèmes de santé mentale).

Mais le festival de Lasalle, c’est aussi un public divers de passionnés de documentaires, d’habitants du village, d’amoureux de la culture de la région qui se regroupent dans ce village de 1.100 habitants pour un long week-end de cinéma documentaire et de musique.

C’est un témoignage de cette bonne ambiance que le fondateur du festival, Henri de Latour ait été élu en 2008 (et réélu en 2014) maire du village. Un documentaire a d’ailleurs cette année été réalisé avec les écoles du village.

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Pour cette édition, il y a même eu une manifestation d’opposants au compteur Linky du village en marge du festival. Un festival « engagé » jusqu’au bout donc !

ITW de Guilhem BROUILLET, Coordinateur du réseau Doc-Cévennes et responsable du focus Québec du festival international du documentaire de Lasalle :