Suite à l’émission Cash investigation, Ce mercredi la conférence de presse avec Sébastien Berthaut-Clarac, et les avocats de l’association Eau Bien Commun Gard, maitre Pierre-Henry Blanc et maitre Zéhor Durand, pose les enjeux. Ils aimeraient que le président de Nîmes Métropole exige des comptes auprès de la Saur. En l’absence de réactions et de décisions, ils iront devant la justice.

Retour sur le programme télé

Question Com’, il ne s’en est pas trop mal tiré, Yvan Lachaud. Élise Lucet c’est du poids lourd et elle ne l’a pas mis KO. Même s’il est resté coi et un peu perdu. Alors, oui ! Il a pris des coups, mais il a su encaisser. Sa stratégie : faire comme s’il venait tout juste de prendre les commandes de Nîmes métropole et remercier la journaliste des informations qu’elle venait de lui apporter, en promettant d’agir très bientôt. Enfin ! si tout cela s’avérait exact. Face à Cash investigation, c’est un bon choix que ce rôle de l’élève qui n’a pas bien fait ses devoirs, mais qui promet de s’appliquer pour son prochain examen. Repentance et promesse, c’est plus efficace que la fuite pour garder une bonne image.

Comme l’affirmait Laurent Solly, directeur adjoint de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 : « La réalité n’a aucune importance, il n’y a que la perception qui compte »

Et la perception peut ici rester positive pour le téléspectateur. De plus, la tonalité divertissante de l’émission, avec une Élise Lucet au fond de la piscine, des petits messages postés dans une bouteille et une voix off qui ressemble à celle Jamy Gourmaud en jeune, on se serait cru dans « C’est pas sorcier » sur France 3.  Alors, même si le sujet est grave et que l’incompétence ou/et la connivence sembleraient assez évidentes pour un oeil d’expert, le packaging c’est du divertissement. Et le divertissement a pour but de laisser son consommateur dans une légère euphorie et un sentiment de quiétude.

La détermination de l’association « Eau Bien Commun Gard »

Seule compte la perception, c’est vrai. Mais c’était sans compter sur la détermination de l’association « Eau Bien Commun Gard » pour cristalliser l’évènement dans sa réalité. Quand Yvan Lachaud lâche, « je le découvre. C’est inadmissible… Mais on ne peut pas tout gérer en tant qu’élu, ça ne fait que deux ans que je suis président », Sébastien Berthaud-Clarac, en conférence de presse tient à rappeler que cet élu est depuis une bonne vingtaine d’années, dans le paysage politique. Et que de 2008 à 2014, il était vice-président de Nîmes métropole, d’où son interrogation : « On se questionne sur son niveau de connaissance du dossier».

Pour le coup, question crédibilité : c’est une autre histoire. Quand arrive la question des bénéfices de la Saur, Yvan Lachaud scotché exprimera un : « ben ! ils se gavent grave ». Un commentaire qui manque cruellement de panache et de réflexion. Dans l’urgence et grâce à la télé, le bon élève Lachaud a mis en place une commission de contrôle financier. Commission obligatoire dont s’était bizarrement passée, Nîmes métropole. Dysfonctionnement. Maitre Zéhor Durand en conclut « … on a des élus qui ne maîtrisent plus rien ».

Dénonçant le contrat de la Saur en qualité de DSP (délégation de service public), Eau Bien Commun Gard confirme sa volonté de passer en régie publique dès 2020.

Pour maître Pierre-Henry Blanc, il est possible d’envisager un remboursement pour les usagers, vu la qualité des services. Une demande que fera l’association, à Yvan Lachaud pour qu’il fasse cette démarche auprès de la Saur. Ensuite l’avocat de convenir : « Et s’il ne le fait pas, nous envisagerons les possibilités de procédures pour agir nous-mêmes ». Eau Bien Commun Gard pourrait début avril déposer un recours au tribunal administratif pour enrichissement sans cause.

Agenda juridique, interview maître Pierre-Henry Blanc :

Le président de Nîmes Métropole, Yvan Lachaud, a prévu de s’exprimer vendredi 16 mars dans l’après-midi, au cours d’une conférence de presse.

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