Des témoignages d'étudiants affichés sur l'allée centrale menant à la bibliothèque de l'Université Paul Valéry (© SCUM)
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La rentrée universitaire de septembre est toujours source d’angoisse pour les étudiantes et étudiants, et en particulier pour les étudiantes et étudiants qui se retrouvent chaque année sans inscription à l’université. Dans plusieurs universités, comme à Nanterre ou à Lyon, des mobilisations exigent l’inscription de chacun dans la filière de son choix.

 A Montpellier, comme chaque année le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) s’est mobilisé aux côtés des étudiantes et des étudiants qui se sont retrouvés littéralement éjectés de l’université en début d’année, en étant sans aucune affectation en Master. A la suite d’une première réunion publique le 10 septembre, la mobilisation s’est lancée, par et pour les principaux concernés : celles et ceux qui luttaient pour leur inscription.
Aux côtés de cette quarantaine d’étudiantes et d’étudiants, nous avons organisé un rassemblement devant le Rectorat de Montpellier, qui s’est ensuite mué en blocage et qui a abouti a une réunion avec le secrétaire général adjoint de la région académique. Ensuite, nous nous sommes adressés aux directions des universités, ainsi qu’aux responsables directs de la sélection : les enseignantes et enseignants dirigeant les Masters.

Nous avons eu l’occasion, au cours de plusieurs entretiens, de constater de visu l’insupportable mépris des plus hauts fonctionnaires de l’université face aux étudiantes et étudiants précaires. Ces gens là sont , de toute évidence, complètement hors des réalités concrètes qu’engendrent la sélection féroce mise en place par l’université. De plus, ils refusent de reconnaître leur part de responsabilité dans ce système profondément discriminatoire et humiliant pour les étudiantes et étudiants, obligés de quémander littéralement le droit de s’inscrire en Master. Situation d’autant plus inacceptable qu’étudier en France est un droit acquis. Ils ne devraient donc pas avoir à le réclamer.
Encore une fois, nous rappelons que les étudiantes et étudiants sans Masters ne sont pas juste des numéros de dossiers, que l’on peut effacer d’un clic de souris d’ordinateur. Ces étudiantes et étudiants, titulaires d’une Licence, aspirent à un avenir et à un diplôme dans une société ou le travail ultra-précaire tend à devenir la règle sur le marché du travail. Nous constatons que la plupart de ces étudiantes et étudiants refusés par des enseignants de l’université Paul Valéry sont précaires, et que beaucoup sont étrangers. Leur refuser l’accès à l’université, c’est non seulement les condamner à la précarité à vie, mais pour certains c’est aussi les exposer à un non-renouvellement de leur titre de séjour.

Les trois quarts des étudiants inscrits grâce à la lutte.

La mobilisation s’est soldée par un véritable succès quantitatif : au total, à l’Université de Montpellier ce sont 9 étudiantes et étudiants sur 12 qui ont finalement été inscrits (soit 75%) et à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, ce sont 20 étudiantes et étudiants sur 26 (soit 76,9%) qui ont été inscrits.
Ces chiffres largement positifs démontrent la pertinence de l’action collective, et nous encouragent à poursuivre notre mobilisation afin que chaque étudiante et étudiant soit inscrit dans le Master de son choix.

Certains enseignants à l’écoute, malgré le cynisme froid de leurs collègues.

Une des démarches employée par les étudiantes et étudiants sans Master a été de contacter directement les directeurs de masters concernés et de leur expliquer la situation des étudiants et de leur faire prendre leurs responsabilités concernant les inscriptions de ces étudiantes et étudiants. Au vu du nombre d’étudiantes et d’étudiants finalement inscrits suite à la mobilisation, cette méthode s’est révélée fructueuse.

Cependant, nous ne pouvons pas ici passer sous silence l’incroyable cynisme élitiste d’une poignée d’enseignants dirigeant des Masters, à l’instar de Chloé Delaporte. La tentative de dialogue initiée avec la co-directrice du Master cinéma de l’Université Paul Valéry, pourtant connue pour s’afficher publiquement comme une enseignante « progressiste », s’est transformée en chemin en véritable chemin de croix pour les étudiantes et étudiants concernés. Après avoir été à la limite de l’insulte envers ces étudiantes et étudiants, en assumant de façon décomplexée sa volonté de tri social, elle a eu l’outrecuidance de se livrer à une série d’allégations mensongères, aussitôt reprises par la corporation d’enseignants « SNESUP » ainsi que par la présidence de l’université. Ce mensonge éhonté accusant des étudiantes et étudiants précaires de « harcèlement » voire même « d’agression » ne repose évidement sur aucun fait. Une plainte pour diffamation publique a été déposée par le SCUM suite à cette grossière tentative de discréditer le combat légitime des étudiantes et étudiants pour leur inscription en Master, et les inscriptions dans le Master ont été finalement acceptées.

Face à une sélection sociale de plus en plus violente, et de plus en plus assumée par les enseignantes et enseignants dirigeant les Masters, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) continuera à se mobiliser. Nous réaffirmons ici notre soutien sans failles envers toutes celles et ceux, à Montpellier comme ailleurs, qui se retrouvent victimes du tri social effectué par leurs propres enseignants. Nous refusons de subir ces traitements violents et discriminatoires, et nous comptons bien faire entendre notre voix, pour défendre notre droit à un avenir.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM

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