Illustration (© Muriel Ressiguier)
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Madame Muriel Ressiguier interroge Monsieur Olivier Véran, Ministre de la santé et  de la solidarité sur le surcoût occasionné par l’embauche de vigiles pour contrôler  le pass sanitaire dans les hôpitaux alors que ces derniers manquent cruellement  de moyens et sur la vision de la politique de santé du gouvernement.

Depuis le 9 août, l’extension du pass sanitaire aux patients “non urgents” ainsi  qu’aux visiteurs dans les établissements de santé et maisons de retraite oblige les  hôpitaux à embaucher de nouveaux personnels afin d’en faire le contrôle. Au-delà  de la logistique plus que complexe que ces contrôles vont entraîner, le budget  alloué à ces recrutements impacte fortement les établissements de santé.

En effet, selon la Fédération Hospitalière de France (FHF), ces nouveaux contrats  vont nécessiter un budget de 60 millions d’euros par mois. Cette somme  rapidement débloquée, confirme les priorités du gouvernement, qui semble plus  enclin à contrôler plutôt que mener une politique de santé efficace.

Alors que depuis de nombreuses années, les professionnels de santé alertent sur  le manque criant de moyens des hôpitaux, tant sur le plan humain avec une  pénurie de médecins et d’infirmiers, que sur le plan matériel avec notamment un  manque de lits.

Pour rappel, entre 1993 et 2018, ce n’est pas moins de 100 000 fermetures de lits  qui ont été actées. En 2017, la Direction de la Recherche, des Etudes, de  l’Evaluation et des Statistiques (Drees) du ministère de la Santé constate la  fermeture de 60 000 lits en 12 ans, quels que soient le secteur et la discipline. Et  dans un rapport paru en 2020, la Drees du ministère de la Santé fait état de la  fermeture de 17 500 lits d’hospitalisation entre 2013 et 2018.

Toujours selon ce rapport, le gouvernement actuel a fermé 4 172 lits en seulement  une année. Au total, en 16 ans, entre 2003 et 2019, 34 000 lits de court séjour  ont été fermés et 49 000 en soins de longue durée. La psychiatrie n’est pas mieux  lotie avec 2 300 lits en moins en 3 ans.

La politique de santé menée par le gouvernement met encore une fois à mal la  conception du service public en privilégiant le développement à outrance de la  médecine ambulatoire. En effet, parmi ces fermetures de lits, beaucoup concernent  les lits destinés aux patients ayant subi de lourdes interventions ou âgés et ces  patients, particulièrement les derniers, se voient contraints de se tourner vers des  établissements privés, dont on sait qu’ils ne sont pas accessibles à toutes les  bourses.

En 2019, l’AP-HP a annoncé vouloir supprimer 1 200 lits en soins longue durée en  Île-de-France, d’ici 2023 et les compenser par la création du même nombre en  Ehpad.

Les médecins, qui estiment que la santé des patients pourrait être mise en danger,  s’opposent à ce projet, les Ehpad n’ayant pas à disposition le même nombre de  personnels soignants que les hôpitaux, ni le même équipement.

Le Ségur de la santé n’a pas apporté les réponses souhaitées aux demandes des  personnels soignants, notamment au niveau de la rémunération. Selon l’OCDE, la  France est le pays qui rémunère le plus faiblement les médecins et infirmiers.  Ainsi les infirmiers hospitaliers sont positionnés 23ème sur un total de 29. Quant  aux médecins hospitaliers, leur rémunération est inférieure de 37 % à celle des  médecins allemands.

La rémunération et la dégradation des conditions de travail dues au manque de  personnel, ainsi que le matériel et les locaux vieillissants découragent bon nombre  d’éventuels candidats. Et ce n’est pas le budget alloué aux établissements de santé  qui va les motiver.

C’est pourquoi Madame Muriel Ressiguier interroge Monsieur Olivier Véran sur la  volonté réelle du gouvernement d’appliquer une politique de santé publique  accessible à tous et de qualité, permettant aux patients de continuer à profiter d’un  vrai service public. Envisagez-vous de tirer les leçons de la crise sanitaire et de  changer de braquet, en allouant enfin les budgets nécessaires au bon  fonctionnement des hôpitaux, en remettant des lits et en recrutant le personnel  soignant manquant ?

Muriel Ressiguier,
Députée de la 2
ème circonscription de l’Hérault.

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